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Jacques Cœur

Jacques Cœur
Jacques Cœur

Financier, marchand et homme d'État français (Bourges vers 1395-Chio 1456).

1. Une ascension fulgurante

1.1. Entrepreneur insatiable et investisseur avisé

Fils d'un riche pelletier de Bourges, il épouse en 1420 la fille du prévôt de la ville, petite-fille et nièce de deux maîtres des monnaies. Grâce à cette alliance, il réussit à obtenir la ferme de la monnaie de Bourges, devenue capitale de Charles VII.

Ayant compris le jeu des métaux précieux entre l'Europe avide d'or et l'Orient avide d'argent, il entreprend de commercer avec le Levant (1432). La spéculation lui vaut une fortune considérable, qu'il investit dans le commerce méditerranéen, surtout levantin. Trafiquant épices, sel, blé, laines, draps, toiles, fourrures en Orient, en Italie, en Espagne, en Angleterre, en Flandre et dans les pays baltiques, il réalise des bénéfices énormes, qui lui permettent d'acheter une quarantaine de seigneuries et d'édifier un somptueux hôtel à Bourges.

Sa principale base est alors Aigues-Mortes, mais l'ensablement du port l'amène à transférer ses activités à Marseille, située hors du royaume et, par là même, échappant à l'impôt sur les importations. Il se trouve bientôt à la tête d'un véritable empire commercial, qui, depuis la vallée de la Loire, aux confins de la Saône et du Rhône, et les bords de la Méditerranée, étend ses ramifications jusque dans les plus importants centres d'affaires de l'Occident français (Bruges, Toulouse, Bordeaux) ou étranger (Londres, Genève, Barcelone, Marseille, Gênes, Florence et Naples). Ayant l'appui intéressé de la Cour, il reçoit des privilèges qui accroissent sa puissance commerciale.

1.2. Argentier du roi

Maître des monnaies à Bourges (1435), puis à Paris (1436), argentier du roi (ministre des Finances) en 1439, il contribue à l'assainissement monétaire (frappe du « gros de Jacques Cœur », en 1447). Anobli en 1441, entré au Conseil du roi en 1442, il cumule diverses fonctions officielles (il est commissaire auprès des états du Languedoc en 1441), et est chargé de missions diplomatiques (négociation du traité conclu en 1445 entre les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem et le sultan d'Égypte à Rhodes, mission auprès du pape Nicolas V, en 1448, pour mettre une fin honorable au schisme de Félix V [→ Amédée]). Il met sa richesse au service du roi en 1450 et 1451, pour lui permettre d'achever la reconquête de la Normandie.

Toutes ces missions politiques profitent à ses activités économiques, accrues par la concession de mines de plomb argentifère dans le Lyonnais, par l'achat de grands domaines en Berry, en Bourbonnais et en Beaujolais, et par un contrôle étendu sur le commerce du sel languedocien. Il consent des prêts considérables au roi pour reconquérir la Normandie sur les Anglais.

2. La chute du créancier de la cour

Créancier non seulement du roi mais de maints grands seigneurs, il suscite, par sa puissance, son luxe et ses abus, crainte et jalousie. Accusé d'avoir empoisonné la favorite Agnès Sorel, dont il avait la confiance, il est arrêté en 1451.

Lavé de cette accusation, il n'en est pas moins convaincu de malversations et condamné à une amende de 400 000 écus (1453) et à la prison préalable jusqu'au paiement complet de ses dettes. Ses biens sont confisqués. Évadé du château de Poitiers en 1454, il se réfugie à Rome, où il est bien accueilli. Le pape Nicolas V proclame son innocence (1455). Le pape Calixte III lui confie le commandement d'une flotte pour soutenir Rhodes contre les Turcs. Il mourra au cours de l'expédition.

Pour en savoir plus, voir les articles Charles VII, Valois.