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François de Carrigny, seigneur de Colomby ou François de Carrigny, seigneur de Coulomby ou François de Carrigny, seigneur de Collomby

Poète, traducteur et écrivain politique français (Caen vers 1589- ? 1649).

Il était le neveu de Malherbe, qui disait de lui : « Il a l'esprit bon, mais nul génie pour la poésie ». Il eut une charge à la cour, créée pour lui, qu'il exerça toute sa vie et dans laquelle il n'eut pas de successeur : Orateur du roi pour les discours d'État. Il fréquenta l'hôtel de Rambouillet ; il a laissé des poésies (Plainte de la belle Callisto à l'invincible Aristarque, sur sa captivité), des traductions de Justin – qui firent l'objet des sarcasmes de Chapelain et de Balzac –, et fut, avec Baudoin, un de ceux qui, sous la régence puis sous Richelieu, contribuèrent, en propageant la connaissance de Tacite, à élaborer la doctrine politique de la raison d'État et de la monarchie absolue (Observations politiques, topographiques et historiques sur Tacite. Ensemble, la traduction de quelque partie du premier livre des Annales du même Autheur, 1613 ; Réfutation de l'astrologie judiciaire, 1614 ; De l'Autorité des rois, 1631).

Partisan de la liberté de l'écrivain en matière de langue, et réticent envers toute institution académique qui prétendrait substituer sa censure à celle de l'opinion publique, il fut pourtant un des premiers membres de l'Académie française, où il fut admis avant le 13 mars 1634. Mais, dès l'année suivante, il y souleva l'indignation et les railleries de ses confrères en prononçant un discours d'orientation paradoxale sur l'« inutilité » de l'Académie, dans lequel il s'élevait contre les prétentions de la Compagnie à censurer les écrivains et faisait le panégyrique des maîtres de la prose du xvie siècle qui, tels Amyot et Seyssel, « défrichèrent la langue française, et l'enrichirent des dépouilles de la grecque et de la latine ». L'accueil horrifié réservé à ces hérésies par les chefs du goût littéraire poussèrent Colomby à ne plus siéger à l'Académie et à s'« envoler » (Chapelain) pour toujours loin de Paris.