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Édouard Claparède

Zoologiste suisse (Genève 1832-Sienne 1871).

Issu d'une famille protestante d'origine française, il passe d'abord son baccalauréat ès sciences dans sa ville natale, puis va faire sa médecine à Berlin. Quand il est reçu docteur, en 1857, il souffre déjà depuis trois ans de la maladie du cœur qui l'emportera. Après avoir passé quelques mois à Paris, puis en Angleterre et en Écosse, il retourne à Genève où il devient professeur d'anatomie comparée. Il éprouve souvent bien des difficultés à assurer ses cours, car il est sujet à des crises de suffocation très pénibles et à des crachements de sang fréquents. Pourtant, il effectue plusieurs voyages qu'il estime nécessaires à ses recherches. Dans l'espoir d'améliorer sa santé, il passe l'hiver 1866-1867 à Naples et connaît une courte période de rémission. De nouveau très malade, il revient dans cette ville deux ans plus tard mais, cette fois, aucun mieux ne se produit. À l'automne 1870, il retourne une troisième fois en Italie. Il meurt sur le chemin du retour, à Sienne, à l'âge de trente-neuf ans.

À l'époque où il étudie la médecine à l'université de Berlin, Claparède fait la connaissance du célèbre anatomiste et physiologiste Johannes Müller (1801–1858), qui l'associe à ses travaux sur les échinodermes, animaux exclusivement marins parmi lesquels figurent l'oursin et l'étoile de mer. Dans les années 1854-1855, les premières études qu'il publie sur les animaux inférieurs témoignent de la maturité du jeune homme et des qualités dont il fera preuve toute sa vie : rigueur de l'observation, méthode dans le classement des faits, souci du détail et, en même temps, esprit de synthèse.

Études sur les infusoires

Dès 1854, Claparède commence à se livrer, avec l'un de ses amis, Lachman, à des investigations sur les infusoires, ces êtres unicellulaires qui ne vivent que dans l'élément liquide, et ainsi nommés parce qu'ils ont été observés pour la première fois dans des infusions. Les conclusions de ces recherches sont publiées après la mort de Lachman et l'ouvrage, Études sur les infusoires et les rhizopodes (1856-1861), obtient le grand prix de l'Académie des sciences de Paris. Claparède et Lachman sont les premiers à proposer une classification satisfaisante des infusoires, qu'ils répartissent en dix familles et dont ils décrivent plusieurs espèces.

Ils font ressortir les affinités de ces animalcules avec les vers et les cnidaires (dont font partie les coraux et les méduses), mais aussi avec les rhizopodes, ces autres protozoaires qui se déplacent et saisissent leurs proies à l'aide de leurs pseudopodes.

Dans cet ouvrage, Claparède et Lachman mettent également en lumière une organisation bien définie des rhizopodes, que l'on croyait à l'époque inexistante.

Recherches sur les vers, les araignées et les crustacés

L'étude des vers, qu'ils soient terrestres ou vivant dans les eaux douces et stagnantes ou sur la vase des fonds, comme les limicoles, passionne Claparède. Chercheur précis, il ne laisse absolument rien au hasard. Ainsi, dans un travail sur la fécondation chez les nématodes, des vers souvent parasitaires parmi lesquels figure l'ascaris, il décrit les différentes parties de l'œuf. Ses investigations se portent aussi sur les oligochètes, des vers aquatiques ou terrestres à anneaux, comme le lombric, et font apparaître leurs différences anatomiques et physiologiques.

L'important travail sur le lombric (ou ver de terre) qu'il communique en 1867 à la Société helvétique des sciences décrit avec précision le système nerveux et le développement de ce petit animal.

Dès 1860, Claparède s'intéresse aussi aux araignées ; ses recherches sur leur embryologie lui valent, en 1862, la médaille d'or de la Société des sciences d'Utrecht. Le zoologiste n'a que trente ans lorsqu'il entreprend l'étude de la circulation du sang chez ces arthropodes. Il réussit à observer par transparence de jeunes lycoses (araignées errantes très répandues) et constate que leur cœur n'offre pas de cloisonnement mais est muni d'orifices latéraux permettant l'entrée du sang dans l'organe central.

Des araignées, il passe à d'autres arthropodes et, lors d'un séjour sur la côte normande, il recueille les matériaux d'une étude sur l'embryologie de divers types de crustacés, qui sera publiée en 1863. Rien de ce qui touche aux animaux inférieurs ne lui est étranger, et Claparède travaille également sur les problèmes de la vision. Ainsi, il fait paraître en 1858 une théorie de la vision binoculaire et, l'année suivante, une monographie sur le développement des yeux composés des arthropodes, dans laquelle il montre que chaque élément correspondant à une facette constitue un œil distinct.