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Dominique Blanc

Actrice française (Lyon 1956).

Entre théâtre et cinéma

Née à Lyon, Dominique Blanc vient à Paris pour devenir comédienne et suivre une formation au cours Florent. En 1981, Patrick Chéreau la remarque et la fait débuter au théâtre dans Peer Gynt, de Henrik Ibsen. Une première collaboration qui sera suivie de nombreuses autres : dès lors, Dominique Blanc fait partie de l’univers Chéreau, au théâtre (les Paravents de Jean Genet, en 1983 ; Phèdre de Racine, en 2003, rôle pour lequel elle sera nominée aux Molières) comme au cinéma où elle sera Henriette de Nevers dans la Reine Margot en 1993, Catherine dans Ceux qui m’aiment prendront le train en 1998 (rôle pour lequel elle obtient le césar de la meilleure actrice dans un second rôle). En 2008-2009, seule sur scène, elle lit la Douleur de Marguerite Duras sous sa direction.

Comme beaucoup de ses confrères, Dominique Blanc se partage entre cinéma et théâtre. Au cinéma, elle incarne le plus souvent des seconds rôles comme dans Milou en mai (de Louis Malle), pour lequel elle reçoit en 1991 le césar de la meilleure actrice dans un second rôle – césar qu’elle recevra de nouveau deux ans plus tard, en 1993, pour Indochine de Régis Wargnier avec qui elle avait déjà travaillé pour la Femme de ma vie en 1986. En 2001, c’est enfin le césar de la meilleure actrice qui lui est remis pour son rôle d’Hélène, une femme paumée qui se prostitue dans l’aéroport d’Orly, dans Stand-by de Roch Stéphanik. En 2002, elle est déchirante dans la trilogie (Un couple épatant, Cavale, Après la vie) de Lucas Belvaux, où elle interprète, avec passion, Agnès, toxicomane, épouse d’un flic joué par Gilbert Melki.

Au théâtre, elle travaille sous la direction des plus grands metteurs en scène, Chéreau, on l’a dit, mais aussi Pierre Romans (Tonio Krüger, de Thomas Mann, 1983), Luc Bondy (Terre étrangère, d’Arthur Schnitzler, 1984), Jean-Pierre Vincent (le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, 1986 ; Woyzeck, de Georg Büchner, 1993), Antoine Vitez (le Misanthrope, de Molière, 1987 ; Anacona, de Jean Métellus, 1988). Elle reçoit le Molière de la meilleure comédienne pour Une maison de poupée (de Henrik Ibsen) en 1998 mise en scène par Deborah Warner au théâtre de l’Odéon.

Une Bette Davis fragile et française

« Le projet d’adapter le livre d’Annie Ernaux était étroitement lié au fait que nous cherchions depuis plusieurs années une occasion de travailler avec Dominique Blanc. Nous avions un intérêt passionné pour cette comédienne, pour son intelligence, sa puissance, sa profondeur... Nous avons écrit l’Autre pour elle. Ça veut dire que nous sommes allés la voir avant de nous mettre au travail. Nous ne nous serions pas lancés dans ce chantier si elle n’avait pas accepté de nous y accompagner. » Les deux réalisateurs, Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic, ont eu un heureux pressentiment. En 2008, la comédienne s’est en effet vue récompenser par la coupe Volpi au festival de Venise pour son inoubliable interprétation dans leur film, l’Autre, adapté du livre d’Annie Ernaux, l’Occupation. Elle y campe Annie Ernaux elle-même, minée par la jalousie, s’abandonnant aux affres de cette passion morbide, y perdant la raison. Douleur lancinante, perception déformée du réel, rites absurdes : le spectateur se laisse emporter dans le rouge et le noir des sentiments d’une femme hors d’elle-même.

Actrice secrète, exigeante, se livrant corps et âme à des rôles souvent paroxystiques, avec son visage pâle, sa transparence proche de l’os, ses transes froides, Dominique Blanc est une comédienne rare qui aime à mettre bas toute barrière protectrice et à se risquer dans l’éperdu, le tout dans la plus grande sobriété.