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Jean-Paul Belmondo

Acteur français (Neuilly-sur-Seine 1933).

Né avec la nouvelle vague

Fils du sculpteur Paul Belmondo et d'une mère artiste peintre, Jean-Paul Belmondo connaît une scolarité turbulente (école de la rue Henri-Barbusse, École alsacienne, lycée Louis-le-Grand), marquée par la découverte de la boxe, qu'il pratiquera longtemps en amateur. Tenté par la carrière d'acteur, il passe une audition peu concluante devant André Brunot. Après avoir débuté sur scène dès 1950 avec une tournée dans les hôpitaux de Paris (rôle du Prince de la Belle au bois dormant), il prépare le Conservatoire chez Raymond Girard et passe le concours d'entrée en 1951. Il en sortira le 1er juillet 1956, plébiscité par ses camarades de promotion contre le jury, qui ne lui décernera qu'un premier accessit pour Amour et piano de Feydeau et un second accessit pour les Fourberies de Scapin.

Son ascension sera rapide, puisqu'en 1960 il devient du jour au lendemain une star grâce à son interprétation de Michel Poicard dans À bout de souffle, qui révèle en même temps au public le critique et cinéaste Jean-Luc Godard. Parmi ses apparitions à l'écran avant cette date charnière, deux titres sont à retenir : À double tour (C. Chabrol, 1959) où, par sa présence, il vole la vedette aux têtes d'affiche, et Classe tous risques (C. Sautet, 1960).

Né avec la nouvelle vague, dont il est l'une des mascottes, Belmondo modifie l'image traditionnelle du jeune premier. Par son physique et par sa technique de jeu, il permet le mélange des genres. Il aborde la tragédie comme la comédie avec une désinvolture où se mêlent indissociablement le cynisme et la sincérité, composantes d'un certain nouveau romantisme, rose ou noir, qu'annonçait un Laurent Terzieff, dans les Tricheurs (M. Carné, 1958), où figurait déjà Belmondo.

Il semble d'ailleurs pouvoir tout jouer et il est sollicité pour collaborer, en France, mais aussi en Italie, avec des cinéastes alors aussi prestigieux qu'Alberto Lattuada (la Novice, 1960), Peter Brook (Moderato cantabile, id.), Mauro Bolognini (La viaccia, id.), Vittorio De Sica (La ciociara, id.), Philippe de Broca (Cartouche, 1961), Jean-Pierre Melville (Léon Morin, prêtre, id. ; le Doulos, 1963 ; l'Aîné des Ferchaux, id.), Louis Malle (le Voleur, 1967), François Truffaut (la Sirène du Mississippi, 1969). L'étendue de son registre est telle qu'on le compare alors à Humphrey Bogart, James Dean, James Cagney, Jean Gabin, Michel Simon ! Un physique unique qui met en cause les canons du charme et de la beauté, des rôles qui soulignent une fragilité existentielle contrastant avec une vitalité anarchique font de Belmondo une étoile unique, un acteur charismatique.

Une vedette populaire

Mais, peu à peu, cette spontanéité créatrice sera cultivée trop systématiquement par l'acteur, qui paraît de plus en plus soucieux de n'en conserver que l'extériorité et de la figer en image de marque. Sa cote lui permet d'intervenir de plus en plus aux divers niveaux de la production des films, dont les artisans (scénaristes, dialoguistes, réalisateurs) sont choisis par affinités, et plus pour pérenniser des modèles ayant fait leurs preuves sur le public que pour explorer des voies nouvelles ou élargir son registre. Pierrot le Fou (J.-L. Godard, 1965) constitue, de ce point de vue, la dernière audace de l'acteur. Dix ans plus tard, l'échec de Stavisky (A. Resnais, 1974) semblera le conforter dans sa volonté de se tenir à l'écart de toute nouvelle entreprise expérimentale.

Son attitude sera parfois critiquée à cet égard et ses activités de producteur (Cerito films) comparées négativement à celles de son rival Alain Delon. Belmondo se veut vedette populaire et travaille régulièrement depuis 1964 avec des cinéastes (Philippe de Broca, Henri Verneuil, Georges Lautner) et des comédiens (la « bande à Bébel ») qui l'aident à broder les variantes d'un stéréotype, résultante souriante mais aseptisée des quelques rôles majeurs qui auront fait son personnage dans les premières années de sa carrière (Classe tous risques, Cartouche, le Voleur) : alternativement policier ou gangster, simultanément voyou, séducteur, anarchiste, redresseur de torts. Faux marginal, il incarne en réalité certaines valeurs simplistes et conservatrices d'ordre, de virilité agressive, voire de muflerie bon enfant, dont l'efficacité cathartique sur son public paraît peu contestable si l'on en juge par le succès de Docteur Popaul (C. Chabrol, 1970), le Magnifique (de Broca, 1973), l'Héritier (P. Labro, id.), Peur sur la ville (H. Verneuil, 1975), l'Animal (C. Zidi, 1977), Flic ou Voyou (G. Lautner, 1979), le Guignolo (id., 1980), le Professionnel (id., 1981), l'As des as (G. Oury, 1982), le Marginal (J. Deray, 1983), les Morfalous (H. Verneuil, 1984), Itinéraire d'un enfant gâté (C. Lelouch, 1988) ou les Misérables (id., 1995).

Auteur d'une autobiographie, Trente Ans et vingt-cinq films, Belmondo a été de 1963 à 1966 président du Syndicat des acteurs français. Renouant avec sa vocation première, il remonte sur les planches dans Kean (1987), Cyrano de Bergerac (1990), la Puce à l'oreille (1996). Il n’abandonne pas pour autant le cinéma et tourne notamment dans Une chance sur deux (P. Leconte, 1998), Peut-être (C. Klapisch, 1999), Amazone (de Broca, 2000), les Acteurs (B. Blier, 2000). Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2001, il revient sur le grand écran huit ans plus tard dans le film de Francis Huster Un homme et son chien.