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Henry Walter Bates

Entomologiste britannique, explorateur de la forêt amazonienne (Leicester 1825-Londres 1892).

Issu d'un milieu modeste, il s'intéresse très jeune aux insectes. À dix-huit ans, il publie déjà une courte étude sur les coléoptères. En 1844, il rencontre Alfred Russel Wallace, jeune maître d'école passionné, lui aussi, par les sciences naturelles, et avec lequel il entreprend bientôt la grande aventure de sa vie, l'exploration du bassin de l'Amazone, le plus grand fleuve d'Amérique du Sud.

À l'époque, ce bassin, encore très peu connu, apparaît comme un paradis pour les naturalistes. Von Spix et von Martius, qui ont remonté le cours du fleuve à partir de Pará (aujourd'hui Belém), en 1819, ont révélé l'extraordinaire richesse zoologique et botanique de la vallée de l'Amazone. Mais c'est en lisant le récit du voyage effectué dans la région par l'Américain Edwards, en 1847, que Bates et Wallace décident de s'y rendre à leur tour pour y collecter des insectes et pour « recueillir des données permettant de résoudre le problème de l'origine des espèces », une question qui passionne Wallace.

Les deux jeunes gens arrivent à Pará (Brésil) en mai 1848. Leur premier contact avec la forêt amazonienne, aux arbres gigantesques et d'une infinie variété, les impressionne. Bates a évoqué le sentiment de « poignante mélancolie » qu'éprouve le voyageur égaré dans cette forêt : « Les rares bruits provenant des oiseaux ont un caractère furtif qui renforce la sensation de solitude… Parfois, du sein de ces profondeurs immobiles jaillit un hurlement ou un cri perçant. Il émane d'un animal mangeur de fruits et sans défense sur lequel vient de fondre un chat-tigre ou un boa constricteur. » Au début, les deux amis s'étonnent du peu d'animaux rencontrés. « Nous ne vîmes ni n'entendîmes de singes, aucun tapir ni jaguar ne traversa notre route. Les oiseaux semblaient également très rares. » Mais ce n'était qu'une apparence. « Il existe en fait une grande variété de mammifères, d'oiseaux et de reptiles, mais leur aire de répartition est très vaste, et ils sont par ailleurs extrêmement méfiants à l'égard de l'homme. » Ils s'aperçoivent en revanche tout de suite que les insectes, objets principaux de leurs investigations, abondent. Chaque jour, ils en découvrent de nouveaux. Pour la seule région de Pará, Bates n'en recense pas moins de sept cents espèces.

Après avoir voyagé ensemble quelque temps, Bates et Wallace poursuivent chacun de leur côté leurs explorations en Amazonie. Tandis que Wallace se concentre sur la région du río Negro (il devait revenir en Angleterre trois ans plus tard), Bates se fixe comme objectif la prospection des bassins du río Tapajos et du Solimoes – ou haute Amazone.

Durant les douze années qu'il passe en Amazonie, Bates parcourt en tous sens la zone qu'il s'était réservée, faisant une ample moisson d'observations et de spécimens d'espèces animales. Quand, éprouvé par la malaria, il revient en Europe, en 1859, sa collection comprend 14 712 espèces dont plus de 8 000 – surtout des insectes – jusque-là inconnues.

Dès son retour, Bates commence à travailler sur les données fournies par cette prodigieuse collection.

Dans un essai lu en 1861 devant la Société linéenne de Londres et intitulé Contribution à l'étude de la faune des insectes de la vallée de l'Amazone, Bates, le premier, donne une explication scientifique du mimétisme animal. Cet essai, qui en faisait l'un des grands entomologistes de son temps, fut pourtant éclipsé par l'énorme succès en Angleterre de son livre The Naturalist on the River Amazone (« le naturaliste sur l'Amazone »), écrit sur la suggestion de Darwin et paru en 1863. Premier Européen à avoir vécu plusieurs années seul parmi les autochtones de l'Amazonie, l'auteur y mêle, à la mode du temps, récits de voyages et observations sur les animaux et les plantes rencontrés.

Bates ne retourna jamais au Brésil. Il mourut à Londres en 1892 après avoir occupé pendant vingt-huit ans le poste de secrétaire adjoint de la Société royale de géographie.