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Avicébron

Salomon ibn Gabirol, en arabe Sulaymān ibn Gabīrūl

Poète et philosophe juif (Málaga vers 1021-Valence vers 1058).

Ce fut l'historien juif Salomon Munk qui le premier, en 1846, identifia ibn Gabirol comme cette figure, parmi les plus fécondes de la littérature hébraïque médiévale, que les Arabes connurent sous le nom de Sebirul, et que les scholastiques latins transformèrent en Avencebrol ou Avicébron. Arrivé très jeune à Saragosse, Avicébron y jouit de la protection du mécène Yekutiel ben Isaac ibn Hassan, ministre juif du roi de la taifa de Saragosse, Ahmad ben Soulayman al-Mouqtadir (mort vers 1081). Son œuvre philosophique – rédigée en arabe comme la plupart des textes judéo-espagnols, mais qui ne nous a été transmise que par sa traduction latine, inachevée, du xiie s. (Fons Vitae, « la Source de vie ») – n'a guère circulé dans les milieux juifs andalous, mais elle a surtout exercé son influence dans le monde chrétien où elle jouit jusqu'au xve siècle d'une très grande renommée (en partie due aux attaques dont elle fut l'objet de la part des scholastiques, en particulier d'Albert le Grand et de Thomas d'Aquin) et où elle constitua une des sources principales du néoplatonisme médiéval. Comme intermédiaire entre Dieu et le monde créé, la cosmologie d'Avicébron, d'inspiration fondamentalement néoplatonicienne, fait appel à la volonté divine, qui procède de Dieu et crée, conserve et anime le monde. Un de ses thèmes philosophiques qui trouva le plus d'écho dans la pensée chrétienne médiévale, particulièrement chez les théologiens franciscains, est celle de la pluralité des matières, dont une « matière spirituelle » d'où procéderaient les « substances séparées » (ou « intelligences angéliques »).

« Le poète des philosophes et le philosophe des poètes » (H. Heine) est également l'auteur inspiré d'une importante œuvre poétique, comportant plus de cent piyoutim (poèmes liturgiques) et selihot (poèmes de pénitence), mais dont le couronnement est sans conteste le Keter Malkhout (« la Couronne royale »), chant à la gloire de Dieu et de sa création, encore récité par beaucoup de juifs pieux pendant l'office du soir de Yom Kippour (Jour d'expiation), comme une dévotion personnelle.