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Anastase le Bibliothécaire

antipape sous le nom d'Anastase III

Écrivain religieux (Rome vers 815- ? après 879).

Bibliothécaire de l'Église romaine, historien et helléniste, il fut un des plus grands érudits de son siècle.

Neveu d'Arsène, évêque d'Orte, il fut éduqué dans un monastère grec et fut nommé prêtre-cardinal au titre de Saint-Marcel en 847. Sous le pontificat de Léon IV, il quitta Rome et s'installa auprès de Lothaire Ier en Italie du Nord. Le pape lui ayant commandé de revenir à Rome, il refusa et fut excommunié par un synode romain (décembre 850). À la mort de Léon IV, tandis que le clergé romain désignait au trône pontifical le prêtre-cardinal Benoît (Benoît III), Anastase, sous la pression des légats impériaux, fut élu comme antipape sous le nom d'Anastase III. Mais, ayant échoué à s'imposer, il abdiqua après quelques jours (août–septembre 855) et fut réduit par Benoît III à la communion laïque.

Lorsque, après la mort de Benoît III (7 avril 858), Nicolas Ier devint pape, ce dernier, sachant les qualités diplomatiques d'Anastase et sa parfaite connaissance du grec, le choisit comme conseiller et lui confia l'abbaye Sainte-Marie du Trastévère (862). Anastase aida Nicolas Ier dans sa lutte contre le théologien byzantin Photios et dans l'affaire du divorce de l'empereur Lothaire. Nommé bibliothécaire du Latran par le pape Adrien II (867), Anastase fut impliqué l'année suivante dans une sombre affaire : son frère Éleuthère aurait voulu épouser la fille du pape mais, éconduit, non seulement il enleva l'épouse du pape et sa fille, mais encore il les assassina. Anastase, accusé de complicité, fut excommunié le 12 octobre 868. Pendant un an il se terra, jusqu'à ce que son innocence ayant été démontrée, il put réapparaître à Rome, à la fin de 869. Sous Jean VIII, il dirigea la chancellerie pontificale jusqu'en 879, date après laquelle on ne conserve aucune trace de son activité.

Sa parfaite connaissance du grec conduisit Anastase à traduire en latin un grand nombre de documents hagiographiques et doctrinaires : Vie de saint Jean l'Aumônier d'Alexandrie, Vies de saint Cyr et saint Jean, Translation des reliques de saint Étienne, Passion du pape Martin Ier, Sermons de saint Théodore le Studite, Mystagogia de saint Maxime le Confesseur…, ainsi que les actes des conciles de Nicée II (787) et Constantinople IV (869-870). Il prêta également sa plume à l'empereur Louis II pour la fameuse lettre que ce dernier adressa à l'empereur Basile après la reprise de Bari et dans laquelle Louis II exaltait la dignité impériale d'Occident aux dépens de celle d'Orient. Enfin, à la demande de Charles le Chauve, venu se faire couronner à Rome en 875, Anastase traduisit la Vie de saint Denis et, persuadé que l'évêque de Paris était le même que l'auteur de la Hiérarchie céleste, il révisa la traduction que Jean Scot avait faite du pseudo-Denys l'Aréopagite.