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Pedro Almodóvar

Cinéaste espagnol (Calzada de Calatrava 1949).

Alors qu'il a huit ans, Pedro Almodóvar quitte la Manche avec sa famille, qui s’installe en Estrémadure. Inscrit chez les Franciscains (la Mauvaise Éducation, en 2004, s’inspire de cette expérience de jeunesse), il perd la foi lors de ses études secondaires. Il se met à fréquenter les salles obscures et le cinéma va peu à peu prendre dans sa vie la première place. À seize ans, il part à Madrid pour apprendre le cinéma et… y apprend la vie en occupant de multiples petits emplois, puis en travaillant pendant douze ans à la Compagnie nationale de téléphone, ce qui lui permet de rencontrer des gens et d’écouter leur histoire. La nuit il fait la fête, écrit, fait du théâtre, du punk. Son premier long-métrage, Pepi, Luci Bom, sort en 1980 et coïncide avec la naissance de la démocratie espagnole.

Il ne fera plus que filmer, passant peu à peu, avec les années et la maturation de son talent, d’une hystérie iconoclaste, des excentricités et des provocations artificielles (qui le confinaient à une relative marginalité) à un foisonnement lyrique intensifié, unifié, resserré, presque dépouillé (toutes proportions gardées), sans pour autant jamais renoncer à son anticonformisme originel.

Oser l’émotion, c’est la manière Almodóvar. Le feu ibérique, soit, mais un feu maîtrisé qui ne sacrifie jamais à l’honnêteté, à la rigueur et à la vérité. Filmer des sentiments, des visages et des corps qui les éprouvent et les vivent, non des idées. Des mélos flamboyants peut-être, mais pas de manichéisme ni de raccourcis faciles et médiocres : toujours l’exigence, l’élégance et le style veillent et transcendent le propos, le passant au feu de la vérité. Ce n’est pas pour rien que Penélope Cruz est devenue sa muse. Quoi de plus normal d’ailleurs pour un cinéaste qui filme les femmes comme personne. Tous ses films en témoignent et au premier plan, ses actrices : Carmen Maura, Rossy de Palma, Angela Molina, Marisa Paredes, Victoria Abril, Penélope Cruz sont inoubliables. Alors, effectivement, des films qui bouleversent, une énergie et une audace jamais gratuites, mais au service de la vie, de la mémoire, de l’art.

Le public ne s’y trompe pas, qui depuis Femmes au bord de la crise de nerfs (1988) et Talons aiguilles (1991), fait un triomphe à ses films : Tout sur ma mère (1999), Parle avec elle (2002), la Mauvaise Éducation (2004), Volver (2006), Étreintes brisées (2009), La Piel que habito (2011).