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Luther Allison

Guitariste et chanteur de blues américain (Widener, Arkansas, 1939-Madison, Wisconsin, 1997).

Le plus français des bluesmen américains est né au milieu de nulle part, pas loin de ces champs de coton dans lesquels ses parents s'usaient à la tâche. Quinzième rejeton à naître dans la famille Allison, Luther grandit parmi ces descendants d'esclaves, ou anciens esclaves eux-mêmes, qui, le soir venu, sortaient guitare et/ou harmonica et embrasaient la nuit de leurs notes bleues. Un environnement musical qu'il retrouvera, plus tard, vers ses dix ans, lorsque ses parents déménagent à Chicago. Mais là, dans ce quartier, les voisins qu'ils fréquentent sont d'une autre trempe. Ils s'appellent Freddie King, Otis Rush… Le gamin, qui a quelques rudiments musicaux appris lorsqu'il jouait de l'orgue le dimanche à l'église, se met à la guitare et commence assez rapidement à maîtriser son sujet. Si ses parents restent encore à Chicago, ils quittent leur quartier South Side pour aller s'installer dans le West Side et, par chance, Muddy Waters habite juste à côté de la nouvelle maison parentale. Luther va devenir copain avec le fils de Muddy, Charles.

Luther, qui a depuis longtemps décidé de devenir un musicien de blues professionnel, passe le plus clair de ses journées chez Muddy Waters. Au contact de Muddy et de ses amis (Elmore James, Howlin' Wolf…), qui lui rendent visite souvent, il va engranger toutes les bases de son travail à venir. Il commence à se produire dans le circuit des clubs blues de la ville et c'est en 1969 qu'il enregistre son premier disque, Love Me Mama, sur un petit label (Delmark). La même année (ainsi que les deux suivantes), il va jouer au célèbre Ann Arbor Blues Festival. Bien que les ventes de son disque restent très faibles, les shows de Luther Allison amènent de plus en plus de monde, ce qui ne laisse pas indifférent le label Motown et ce dernier signe donc le guitariste (à noter que Luther Allison sera le premier et l'unique artiste de blues à avoir été signé chez Motown !). Deux disques plus tard (Bad News Is Coming, 1973, et Luther's Blues, 1974), Luther est remercié par le label. Il faut dire qu'à cette époque les concerts de Luther Allison sont de véritables marathons. Le bluesman fasciné par Hendrix joue 3 à 4 heures d'affilée et sa musique est résolument plus rock, ce qui est aux antipodes de la musique produite par Motown.

Blues métissé. Après cette « expérience » Allison reviendra vers une forme de blues plus traditionnelle, quoique toujours métissée d'apports musicaux venant du rock, mais également du reggae, de la soul, du funk ou du jazz. Continuant d'enregistrer sur de petits labels, il se singularisera surtout par le nombre impressionnant de ses concerts. S'étant installé en France dans les années 1980, le bluesman écumera tout ce que l'Europe comporte de festivals blues, s'attachant ainsi la quasi-dévotion d'un public européen conquis par ce musicien aussi généreux que sympathique. De retour aux États-Unis, Luther se consacrera à ce qu'il a toujours su faire : enregistrement d'albums et tournées jusqu'à ce qu'un cancer des poumons l'emporte un beau jour d'été. Musicien exceptionnel, Luther Allison est aujourd'hui considéré, à juste titre, comme l'un des plus brillants représentants d'un Chicago blues qu'il aura été l'un des premiers à moderniser.