En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Abd al-Rahman III

(vers 890-Cordoue 961), huitième émir omeyyade d'Espagne (912-961), premier calife de Cordoue.

Le 16 octobre 912, un jeune homme de vingt-trois ans succède, comme émir de Cordoue, à son grand-père Abd Allah. C'est un Andalou au sang mêlé ; son père est un Arabe, mais sa mère, une esclave, est probablement originaire de Navarre. Le pays sur lequel il est appelé à régner est déchiré par les dissensions intérieures et menacé par ses voisins.

1. Le pacificateur de l'Andalousie

Le jeune émir va rétablir l'unité de son domaine en soumettant les féodaux arabes. Son principal adversaire, Umar ibn Hafsun, conduit la dissidence dans le Sud. Abd al-Rahman III dirige une série de campagnes et soumet nombre de chefs inféodés à son ennemi. En 917, Umar ibn Hafsun meurt ; dix années seront encore nécessaires pour mettre fin à la révolte et pour que le centre de la dissidence, Bobastro, tombe entre les mains des troupes de l'émir (janvier 928).

Abd al-Rahman III complètera son œuvre d'unification et de pacification en occupant Badajoz (930) et Tolède (932).

2. En lutte contre les royaumes chrétiens

Il lui faut aussi assurer l'existence de son domaine vis-à-vis des royaumes chrétiens du nord de l'Espagne. Bien que leur situation soit précaire, ceux-ci n'en constituent pas moins une menace pour l'Andalousie musulmane, contre laquelle ils lancent d'audacieux coups de main. Abd al-Rahman prend l'offensive, mais celle-ci se solde par un désastre : le roi de León, Ordoño II, remporte en effet une écrasante victoire sur les troupes arabes à San Esteban de Gormaz (917).

Dans l'été 920, au val de Junquera, Abd al-Rahman prend une éclatante revanche sur le roi de León, cette fois allié au roi de Navarre. En 924, il s'empare de Pampelune et met fin pour un temps aux agressions chrétiennes.

Le danger réapparaît avec la montée sur le trône de León, en 931, de Ramire II, qui mène une lutte sans merci contre les Omeyyades d'Espagne. Avec l'aide du comte de Castille Fernán González et de la régente de Navarre Toda, Ramire II remporte sur Abd al-Rahman une grande victoire au fossé de Simancas (1er août 930). Une victoire toutefois sans lendemain puisque les généraux d'Abd al-Rahman multiplient les incursions sur son territoire. Ramire obtient une ultime victoire à Talavera, vers 949, mais il meurt peu après.

Profitant des dissensions qui opposent ensuite les prétendants au trône de León, Abd al-Rahman remporte dès lors de nombreux succès.

3. En lutte contre les Fatimides

Abd al-Rahman III se sent également menacé par les Fatimides, cette dynastie arabe qui, en quelques années, a étendu sa domination sur une grande partie de l'Afrique du Nord et a atteint les frontières du royaume idriside du Maroc. Le risque est grand, si les Fatimides se rendent maîtres du Maroc, de les voir s'attaquer ensuite à l'Espagne. Aussi, Omeyyades d'Espagne et Fatimides vont-ils se disputer le contrôle de ce territoire.

En 927, Abd al-Rahman occupe Melilla et, en 931, Ceuta. Il fait reconnaître son autorité par les princes locaux du nord du Maroc et du Maghreb central et, en 951, il annexe Tanger. Mais, en 958-959, les Fatimides passent à la contre-offensive : leur général, Djawhar al-Siqilli (?-992), mène une campagne victorieuse qui fait perdre au calife le contrôle des régions placées sous protectorat. Cependant, Abd al-Rahman réussit à conserver Ceuta et Tanger, places essentielles pour la surveillance du détroit de Gibraltar

Pour en savoir plus, voir les articles Fatimides, Maghreb.

4. De l'émir au calife

Au lendemain de sa victoire de Bobastro (janvier 928), Abd al-Rahman montre par un acte solennel qu'il est désormais le seul maître de l'Andalousie. Il marque son indépendance complète à l'égard des califes abbassides de Bagdad (→ Abbassides) en se proclamant lui-même calife (titre suprême des musulmans) et prince des croyants (amir al-muminin) et en s'attribuant le surnom d'al-Nasir li-din-illah (« Celui qui combat victorieusement pour la religion d'Allah »).

5. Le rayonnement de Cordoue

Abd al-Rahman est la figure dominante de l'histoire de l'Espagne musulmane : d'un royaume déchiré par la guerre civile, les rivalités des clans arabes et les dissensions des groupes ethniques, il fit un État uni, pacifié et prospère. Sous son règne, Cordoue devient une métroplole musulmane rivalisant avec les cités de l'Orient et jouissant d'un immense prestige dans le monde méditerranéen. Aux portes de cette ville, Abd al-Rahman fit construire pour sa favorite un immense palais, Medina Azara, véritable foyer d'art et de pensée, qui témoigne du raffinement de la civilisation omeyyade d'Espagne.

Pour en savoir plus, voir les articles Andalousie, Cordoue, histoire de l'Espagne, Omeyyades.