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miniature

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

L'origine du mot miniature est discutée : vient-il de minium, couleur rouge employée par les peintres d'enluminures, ou de minus (" plus petit ") ? Il importe de ne pas confondre la miniature, œuvre d'art en soi, encadrée ou décor de boîte ou de bijou, et l'enluminure, décor d'un livre ; de ne pas confondre, non plus, les miniatures et les peintures à l'huile sur bois ou sur métal, qui peuvent également être de format minuscule et présenter une exécution minutieuse analogue. Depuis son origine (début du xvie s.) jusqu'à sa décadence (milieu du xixe s.), la miniature a surtout illustré le domaine du portrait, mais les paysages et les scènes diverses sont également fréquents.

Technique

Au xvie s., les peintres de miniatures travaillent à la gouache sur parchemin ; celui-ci est tendu sur un carton. Au xviie s. se développe la technique de l'émail sur métal, illustrée notamment par Petitot au xviie s. et d'autres artistes suisses jusqu'au début du xixe s.

Le xviiie s. voit le triomphe de la miniature à la gouache sur ivoire ; ce dernier peut être employé en plaques très minces qui permettent au peintre de jouer sur sa translucidité, de peindre au verso pour intensifier certains tons ou d'y placer une feuille d'argent, appelée " paillon ", qui accentue la luminosité de la surface. À la fin du siècle et au xixe s. se généralise l'emploi du vélin, plus souple que le parchemin, qui est tendu sur un carton ou sur une plaque de tôle ; en même temps se répand la technique de l'aquarelle, appréciée pour ses effets de transparence et ses tons clairs.

Le xvie et le xviie siècle

C'est à l'Angleterre que semble se rapporter l'origine du portrait en miniature. Lucas Horenbout, peintre de cour d'Henri VIII, et sa fille Susanna ont exécuté de tels portraits ; Dürer acquit en 1521 à Gand une miniature de cette dernière. Hans Holbein exécuta, pendant ses deux séjours en Angleterre (1526-1528, 1532-1543), des petits portraits qui déterminèrent un véritable engouement à la Cour. Nicholas Hilliard et son élève Isaac Oliver furent, à la fin du siècle et dans les premières années du xviie s., les plus brillants et raffinés parmi les nombreux portraitistes que compta la cour d'Élisabeth Ire. Au xviie s. doit être noté le nom de John Hoskins, puis celui de son élève Samuel Cooper, dont l'art remarquable de vigueur et de finesse psychologique doit beaucoup à l'influence de Van Dyck. Les premiers portraits en miniature français sont généralement donnés à Jean Clouet et à son fils François. La technique de la miniature sur émail, perfectionnée par les Toutin (Jean Ier et ses fils Henri et Jean II), trouva son apogée au xviie s. avec les œuvres de Jean Petitot, de Genève, Louis du Guernier, Louis de Châtillon et avec celles de Jean-Philippe Ferrand, auteur d'un traité technique, l'Art du feu ou de peindre en émail (1721). Dans un autre domaine, Nicolas Robert, puis Jean Joubert s'illustrèrent notamment dans les planches de sciences naturelles (vélins du Museum d'histoire naturelle). Nombreux sont les peintres sur émail d'origine suisse : outre Jean Ier Petitot, le plus grand, qui travailla pour Charles Ier en Angleterre, puis pour la cour de France et regagna la Suisse après la révocation de l'édit de Nantes, citons Jean II Petitot, Paul Prieur, actif à Copenhague, et les Huaud, actifs à Berlin.

Dans les Pays-Bas, au xvie s., fréquentes sont, outre celles qui représentent des portraits, les miniatures qui figurent des scènes religieuses et mythologiques ou des paysages (Hans Bol, son élève Joris Hoefnagel et Jacob Hoefnagel, le fils de ce dernier). Cette tradition se maintiendra au xviie s. (Richard Van Orley).

Il faut mentionner le centre de miniature que constitue Strasbourg au xviie s. (F. Brentel, puis son élève J. W. Baur) et le foyer suédois (Pierre Signac).

Les xviiie et xixe siècles

Le séjour parisien (1720-21) de Rosalba Carriera, aussi célèbre pour ses miniatures sur ivoire que pour ses pastels, est à l'origine de la nouvelle vogue du portrait en miniature en France (H. Drouais, J. B. Massé). L'établissement à Paris, en 1769, du Suédois Pierre-Adolphe Hall, qui inaugure une technique plus libre, confirme cette mode. Les thèmes se diversifient : à côté des portraits, les scènes galantes (Baudoin, Lavreince), les paysages (Louis Moreau, L. N. Blarenberghe), les fleurs (Anne Vallayer-Coster) se multiplient. Parmi les portraitistes actifs du règne de Louis XVI jusqu'à la monarchie de Juillet, il faut citer F. Dumont, J.-B. Augustin, J.U. Guérin et surtout J.-B. Isabey, qui connut une gloire sans pareille. La miniature eut un grand succès, à la même époque, en Angleterre (R. Cosway, J. Smart), en Allemagne (H. F. Füger, fixé à Vienne), en Suisse (J.E. Liotard) et dans toute l'Europe de l'Est et du Nord. Avec le milieu du xixe s. et l'expansion du portrait photographique, l'art de la miniature connaît un rapide déclin.