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laque

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

On entend généralement par laque un colorant déposé, par absorption ou précipité, sur un support minéral (alumine, silice, sulfate de calcium, baryum). On obtient ainsi des laques insolubles. Les plus remarquables sont azoïques et anthraquinoniques. Les laques les plus solides sont d'origine minérale, du type laque de fer fixée à l'alumine ; les moins résistantes sont les laques de garance (extraites de la purpurine), les laques d'alizarine (tirées de l'alizarine), les laques carminées (tirées de la cochenille) et les laques de gaude. Avant la création de la chimie organique, le mot se rapporte à une matière comprenant des pigments qui lui ont été associés par fixation, grâce à un précipité, car la laque n'est pas une couleur par elle-même, mais une base insoluble, relativement transparente, qui permet seulement de fixer une couleur, généralement responsable de la fragilité attribuée à la laque. Au Moyen Âge, les laques étaient obtenues à partir de végétaux — du type bois du Brésil, qui eut un énorme succès grâce à l'emploi d'une lessive légère (carbonate de sodium) — ou à partir d'une solution d'alun. Le précipité d'alumine permettait de fixer la couleur. Bien souvent, on utilisait la couleur de teintures récupérées à partir d'étoffes usagées. Au xixe s., on fixa les couleurs grâce à de l'aniline, dont la stabilité ne garantissait pas celle du pigment.

La laque, qui permet de revêtir des surfaces déterminées d'un type de vernis coloré, est issue du latex d'une famille d'arbres du genre Rhus vernicifera. C'est la diastase oxydante de la laque, la laccase, qui, par oxygénation, donne le laccol, responsable de l'aspect brillant et vernissé de la laque.

Ici encore la technique est essentielle. Elle nécessite un travail en atmosphère humide et tiède (entre 20 et 30 °C). On étend chaque couche (une vingtaine au total) l'une après l'autre, après un ponçage méticuleux entre chaque.

La laque tend naturellement à devenir d'un noir brillant, mais on peut en modifier la couleur en cours de séchage, en lui mélangeant des colorants minéraux, des poudres d'or ou d'argent. Le dessin est généralement gravé dans les toutes dernières couches. Les laques dites " de Coromandel " (à cause des lieux d'expédition vers l'Europe au xviiie s.) comportent même des couleurs à la gouache déposées avant les derniers vernissages.

À cause de la cherté des œuvres ainsi réalisées et de leur succès, au xviiie s. encore, les frères Martin inventaient un procédé d'imitation avec un vernis à base de copal, dit " vernis Martin " (v. Wattin, l'Art de faire et d'employer le vernis ou l'Art du vernisseur, Paris, 1772).