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expertise

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Opération qui a pour but de rechercher et de démontrer le degré d'authenticité d'une œuvre d'art, ainsi que d'en évaluer, dans certains cas, le prix marchand. Le but de l'expertise est de déterminer dans quelle mesure l'œuvre attribuée à un artiste, pour être mise en vente, doit être considérée comme authentique.

Une peinture, une aquarelle, un pastel, un dessin ou une gravure peuvent avoir été l'objet soit d'une falsification, soit d'une contrefaçon. La falsification ne porte que sur des détails ; elle consiste en additions, soustractions ou substitutions. La contrefaçon porte sur l'ensemble. Les certificats d'authenticité peuvent, eux aussi, être falsifiés ou contrefaits.

Copier n'a jamais été un délit. Ce qui l'est, c'est de commettre un faux, autrement dit une falsification ou une contrefaçon exécutées dans l'intention d'obtenir un profit d'argent en essayant de faire passer pour vrai ce qui ne l'est pas. L'exposition publique d'un faux, à des fins commerciales, est une escroquerie, de même que, à plus forte raison, sa vente. Falsifié ou contrefait, le faux certificat répond à la définition du faux en écritures. Le faussaire et ses complices (en particulier le marchand qui, sciemment, l'a aidé à écouler le produit de son activité frauduleuse) sont passibles de poursuites judiciaires.

L'expertise judiciaire

Une plainte étant déposée, le juge fera appel à un ou à plusieurs experts, qui établiront, sous la foi du serment, un rapport. Celui-ci ne sera pas sans appel, le ou les prévenus ayant le droit de réclamer une contre-expertise. Dans de nombreux pays, il existe des services de police chargés de dépister les faussaires, afin de les signaler à l'attention de la justice. L'escroc avéré est passible d'emprisonnement, d'amende, d'interdiction de droits civiques, civils et de famille.

En France, lorsqu'il s'agit d'affaires importantes, le juge d'instruction désigne 3 experts, qui mettront en commun, dans leur rapport, le résultat de leurs investigations personnelles. Le premier aura utilisé, pour établir sa conviction, des instruments de laboratoire. Le deuxième, lui-même peintre, dessinateur ou graveur, aura examiné en maître du métier la pièce litigieuse ; il formulera des avis fondés sur son intelligence de la technique, ancienne ou moderne. Le troisième, historien d'art, esthéticien, aura consulté les documents d'archives, les imprimés, les photographies, aura fait la comparaison entre les œuvres suspectées et celles qui sont conservées dans les musées ou les grandes collections privées. Si ces trois ordres de recherches, nécessitant des compétences et des moyens d'étude divers, conduisent à des conclusions concordantes, le tribunal aura le sentiment de rendre son verdict en connaissance de cause.

L'expertise scientifique

Les méthodes scientifiques, de laboratoire, sont successivement photographiques, microscopiques, spectrométriques. Elles portent non seulement sur la matière picturale, mais aussi sur les supports.

Les faux certificats

Les faux certificats d'authenticité peuvent être manuscrits, dactylographiés, imprimés ou tout à la fois manuscrits et dactylographiés, imprimés et photographiques. Les procédés ordinaires de falsification par soustraction sont le lavage, le gommage et le grattage.

Effectué à l'aide de réactifs qui attaquent le papier en surface en transformant la cellulose, le lavage apparaît sous l'action de radiations ultraviolettes ou infrarouges, celles-ci ayant la propriété d'accuser par des différences de fluorescence les modifications physiques et chimiques subies ; on peut aussi mesurer la conductibilité électrique du papier, matière homogène et partout conductrice à un degré égal, sauf aux endroits où le faussaire est intervenu.

Le gommage laisse apparaître des fibrilles de cellulose qui, éclairées sous lumière diffuse et rasante, constituent, sur le fond resté brillant de la feuille, des régions mates.

Le grattage, qui laisse des traces plus profondes que le gommage, est décelable par les mêmes moyens optiques, mais on a également recours à la chimie, les sels de fer des vieilles encres qui subsistent dans les fibres du papier, ce qui permet de retrouver, sous un texte récent, un texte antérieur.

Les falsifications par addition sont la surcharge, le rajout et le transfert. Des moyens optiques et des moyens chimiques, appliqués surtout à l'examen de la composition des encres, concourent à leur dépistage. Quant à l'identification de l'auteur du document incriminé, il appartient au juge d'en charger, à titre complémentaire, un expert en écritures.

L'expertise directe

Les méthodes des deux derniers experts s'appliquent à ce que l'on voit à l'œil nu.

Expertise du technicien

L'expert appuie son jugement sur des constatations techniques ; il examine la toile, le panneau de bois, le papier sur lequel l'œuvre suspecte a été exécutée ; il relève soit des analogies avec les supports familiers à l'artiste concerné, soit des divergences insolites. Il agit de la même façon à l'égard de la préparation qui précède la pose de la pâte, le mélange des couleurs, l'addition des ingrédients. Il observe la composition, l'accord des tons, l'écriture des formes et il y reconnaît ou n'y reconnaît pas la manière individuelle que chaque artiste doit à l'habileté de sa main aussi bien qu'à sa sensibilité ainsi qu'à sa croyance en des règles ou en des dogmes. Enfin, une exécution hésitante et fautive caractérise presque toujours, dans son ensemble ou ses détails, la contrefaçon. Les peintures anciennes sont de préférence soumises à l'étude d'experts ayant exercé le métier de restaurateur de tableaux et qui, par conséquent, ont eu à effectuer des remises en état exigeant une connaissance approfondie des techniques employées par les maîtres d'autrefois.

Expertise de l'historien d'art

Le rôle de l'expert historien d'art n'est pas moins important. Certains de ces experts se sont spécialisés dans l'analyse de la production d'un seul maître, d'une seule école, d'une seule époque et leurs avis font autorité sur le plan international, mais ce sont souvent des chercheurs plus éclectiques, jouissant d'une réputation justifiée par une expérience acquise dans les musées, les bibliothèques et aussi dans la fréquentation des ateliers. Il leur appartient de préciser des repères chronologiques, des points de comparaison, de fournir des bases de raisonnement indubitablement solides et de conclure conformément aux avertissements de l'instinct esthétique conjugués avec les données de la science exacte.

Autres experts

Les experts en douane contrôlent la véracité des prix déclarés par les exportateurs d'œuvres d'art et signalent à l'administration des musées celles qu'ils recommandent à l'exercice de son droit de préemption.

Les experts auprès des commissaires-priseurs vérifient, sous le rapport de l'authenticité, les œuvres d'art destinées à être vendues aux enchères publiques et, d'accord avec le vendeur, en fixent la mise à prix.

Les notaires ayant à liquider une succession font eux aussi appel, s'ils le jugent utile, à des experts, qu'ils chargent d'effectuer l'inventaire des œuvres d'art et de les répartir par lots égaux entre les cohéritiers. Les particuliers eux-mêmes ont recours à des experts, lorsqu'ils ressentent la nécessité d'obtenir, moyennant rétribution, des certificats d'authenticité. Choisis, d'une façon générale, en raison de leur savoir et de leur honorabilité, les experts ne sont pas financièrement responsables des erreurs qu'ils pourraient, de bonne foi. (Voir ATTRIBUTION et LABORATOIRE DE MUSÉE.)