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design

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Si le terme design est mal accepté en France parce que incompris, il est aujourd'hui adopté dans le monde entier parce que irremplaçable dans la mesure où il signifie à la fois " dessein et dessin ". Selon Henri Van Lier, professeur à l'Institut des arts de diffusion à Bruxelles, " dessein indique le propre de l'objet industriel, qui est que tout s'y décide au départ, au moment du projet, tandis que dans l'objet ancien, fait à la main, le projet se différenciait en cours d'exécution " et " dessin précise que, dans le projet, le designer n'a pas à s'occuper des fonctionnements purs, affaire de l'ingénieur, mais seulement de la disposition et de la forme des organes dans l'espace et dans le temps, c'est-à-dire dans la configuration ". (V. catalogue Qu'est-ce que le design ? )

Le design est né à la fin du xixe s. lorsque les créateurs comprirent le rôle primordial que l'industrie était appelée à jouer dans l'aménagement du cadre de vie. Dans le contexte spirituel de l'époque, les objets produits par l'industrie ne pouvaient se contenter de fonctions utilitaires : un élément supplémentaire, d'ordre esthétique, était indispensable. D'où l'appellation d'esthétique industrielle qui s'est imposée en France plus profondément qu'ailleurs dans la mesure où l'on est resté indifférent, sinon hostile, à l'influence du Bauhaus, qui, dès les années 20, réfutait l'ambiguïté d'une telle notion. Pour Gropius, directeur du Bauhaus, l'industrie est un ordre nouveau qui " engendre un univers composé d'éléments selon des combinatoires, et cela quant à la ligne, la couleur, la construction, la fonction, le maniement ". Par fonction, le Bauhaus entendait " non pas la simple adaptation à des fins utilitaires, mais la capacité pour un système d'éléments (un objet) de renvoyer à d'autres, de s'y articuler, de leur faire signe, de les signifier " (H. Van Lier).

Ainsi, le design ne se limite pas à la création d'objets isolés. Il sous-entend une idée de coordination entre les éléments d'un environnement : son champ d'action va de l'objet à l'urbanisme. Il tend aussi à définir, à établir un système de communication entre les objets. Activité liée essentiellement à la création industrielle, où l'idée de la fonction de l'objet est primordiale, opposée à l'esthétique industrielle, qui supposait un préalable formel, le design est en quelque sorte l'" anti-kitsch " en ce qu'il condamne l'entassement, l'inutile, la décoration qui caractérisent le kitsch au début du siècle. Idéalement, le design comprend trois branches : l'architectural design, c'est-à-dire la construction industrialisée ; l'industrial design, qui s'attache aux objets produits par l'industrie ; le graphic design, qui englobe les signes, l'alphabet urbain : typographie, signalisation, logotypes.

Le design n'est pas isolé du monde de l'art dans la mesure où il subit les répercussions des événements plastiques. Il n'est que de rappeler l'influence des cubistes, des néo-plasticiens et des constructivistes sur l'architecture et l'environnement à travers le Bauhaus, de Stijl et l'Esprit nouveau. Mais, ainsi que le fait très justement remarquer Gérard Gassiot-Talabot, " aucun artiste aujourd'hui ne peut jouer ce rôle quasi démiurgique pour les générations futures de designers, car l'écart séparant une idée conceptrice (un tableau néo-plasticien de Mondrian) de sa génération décorative (l'ordonnance d'une cuisine moderne) s'est raccourci au point que, loin d'être unilatéral, le jeu d'influences qui s'instaure entre l'artiste et le designer est devenu réciproque ". Par exemple, le pop art, inspiré des images de la civilisation urbaine, influence à son tour, deux ou trois ans plus tard, les techniques du graphisme publicitaire, du maquettisme et du cinéma. Aujourd'hui les artistes s'intéressent de plus en plus au design en tant que mode d'expression. Certains, surtout des sculpteurs, trouvent leur voie dans les bijoux : Alicia Penalba, Pol Bury, Philolaos, Del Pezzo. Et tandis que les céramistes sont les créateurs tout désignés des services de table et des vases — Robert Deblander, Yves Mohy —, les peintres sont plus naturellement disposés à créer les affiches des grandes firmes : Folon pour Olivetti. Signalons une expérience unique à Paris, celle de l'Atelier A, animé par François Arnal, Olivier Boissière et Serge Benboubauche, qui édite les objets inventés par des artistes selon " une demande libre et poétique ". C'est, dans le monde du design d'aujourd'hui, la réponse des artistes qui veulent réintroduire une fantaisie, utilisant néanmoins les méthodes de diffusion de la création industrielle.

Le design est-il un art ? À cette question, l'architecte américain Charles Eames répond : " C'est une expression du but. S'il est de qualité suffisante, peut-être l'appellera-t-on plus tard de l'art. "