En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

art conceptuel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Depuis 1967 environ, l'Art conceptuel n'a cessé de susciter interprétations et justifications théoriques. Apparu à New York, il se manifestait déjà, en dehors des États-Unis, dans les travaux de quelques artistes : On Kawara au Mexique, ou les membres de l'Art-Language (Atkinson, Hurrel, Bainbridge et Baldwin) en Angleterre. À la fin de 1967, Robert Barry, Lawrence Weiner, Douglas Huebler et Joseph Kosuth constituent le premier foyer conceptuel new-yorkais et font circuler leurs travaux dans le milieu de l'avant-garde artistique. L'Europe découvre ces artistes en même temps que les États-Unis et leur accorde même un plus grand intérêt en participant à leur promotion bien avant les galeries américaines (exception faite de l'action de leur défenseur, le théoricien Sieth Sieglaub). À l'origine, il s'agit pour les conceptuels de réagir contre la vague esthétisante du Minimal Art et contre la toute-puissance de l'objet, cautionnée par le pop art. Se référant à la leçon de Duchamp, ces artistes estiment que l'important n'est pas l'aspect formel et subjectif de l'art, mais ce qu'il signifie. Il convient donc d'analyser la nature, la fonction et l'usage de l'entité " art ". Le discours réflexif se substitue à la création d'un objet ; l'instrument le plus approprié à cette recherche s'avère être le langage : en général, les artistes présentent leurs travaux sous forme de petits livres ou de textes complétés parfois par des photos ; pour " Art-Language " et Kosuth, les disciplines les plus adaptées à l'analyse du code que constitue l'œuvre d'art sont la philosophie et la linguistique. Moins théoriciens, Weiner, Huebler et Barry utilisent le langage pour exprimer des situations virtuelles : l'idée peut être réalisée ou demeurer sous forme d'exposé. D'autres artistes travaillent isolément : Victor Burgin, Hanne Darboven, Bernar Venet, Hans Haacke (qui centre sa démarche sur la réalité politique et sociologique de l'art) et Ian Wilson, dont le travail se réduit à des conversations avec ses interlocuteurs. S'il n'a pu échapper à certaine mystification, le mouvement conceptuel a permis à l'art de sortir de son carcan formaliste et de réintégrer le champ plus large de l'investigation sur le réel.