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Gaspar Van Wittel ou Gaspare Vanvitelli

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Amersfoort 1652/53  – Rome 1736).

Avant de s'établir définitivement en Italie en 1674, il fut l'élève, à Amersfoort, de Matthias Withoos. Mais plus qu'à l'enseignement de la peinture de genre, il fut sans doute sensible à cette nouvelle forme de " réalisme " que de nombreux peintres néerlandais, et notamment utrechtois, commençaient à divulguer dans la représentation des villes et des paysages de leur patrie en dépassant ainsi, sur les traces lointaines du naturalisme caravagesque, la vision classicisante et idéalisante des paysagistes italianisants. L'amour de l'observation analytique, la transcription exacte du détail, qu'il avait donc pu acquérir en Hollande, se développèrent certainement à Rome, où il débuta au service de l'ingénieur en hydraulique Cornelys Meyer, d'Amsterdam. À Rome, il découvrit l'art du védutiste Codazzi qui avait peint de nombreuses vues de la ville éternelle. Son premier travail romain fut la réalisation de 50 dessins illustrant le cours du Tibre entre Pérouse et Rome, devant servir à l'ingénieur pour des travaux d'aménagement sur cette tranche du fleuve (Codex Meyer, Rome, Bibl. Corsiniana, ms. n° 1227). La fréquentation, en même temps, des ateliers d'imprimerie spécialisés dans l'édition de guides illustrés de Rome, dont la mode connaissait à l'époque une large diffusion, contribua à orienter son intérêt vers la représentation de vues urbaines, genre dans lequel il se spécialisa à partir de 1680. Ses connaissances de la perspective, la patience infinie dont il s'enorgueillissait, une sensibilité particulière pour les aspects actuels de la ville, interprétée non pas comme un symbole de l'Antiquité classique mais comme une entité moderne et vivante, firent rapidement de lui le maître incontesté du " védutisme " romain de son temps.

Son activité la plus heureuse se concentre en une période relativement courte : entre 1680 et 1685, il avait pratiquement réalisé tous les dessins d'après nature dont il devait se servir par la suite pour l'exécution de ses peintures et qui sont caractérisés par la liberté totale de la mise en page, la fraîcheur de l'observation, la minutie du détail. Cette vitalité fondamentale lui permettra de ne jamais tomber dans le travail " de série ", même lorsque, d'après une seule étude, il réalisera de nombreuses répliques. À partir de 1690, son style est définitivement établi, et ses vues de Rome sont répertoriées. De nombreux voyages, à Florence, à Venise (1695), à Vérone et à Naples (1700-1701 ; dessins à Naples, Museo di S. Martino) notamment, lui permettent de se renouveler et de laisser sur place des œuvres (Vues de Venise, au Prado) dont le rôle ne sera pas négligeable dans la formation des peintres locaux, comme Carlevarijs et Canaletto à Venise, et des " vedutisti " napolitains de la seconde moitié du xviiie s. Le caractère particulier de son parcours artistique ainsi que le nombre considérable de ses tableaux rendent difficile un répertoire chronologique et iconographique de son œuvre, qui se trouve actuellement dispersée dans les coll. part. de Rome (Gal. Colonna ; Gal. Doria Pamphili) et du monde entier ainsi que dans les musées de Rome (G. N. ; Gal. Capitoline) et de Florence (Pitti).