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Christian Winck

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et graveur allemand (Eichstätt  1738  – Munich  1797).

Il fit son apprentissage à Eggenfelden chez Anton Scheidler durant cinq ans, puis à Eichstätt chez Feichtmayr avant un séjour à Augsbourg et Freising en 1758. Puis il entre dans l'atelier du peintre de cour Michael Kaufmann à Munich, où il exécute de nombreuses copies, complétant ainsi sa formation. Ses portraits (Georg De Marées, Munich, Bayerisches Nationalmuseum) le font connaître des milieux aristocratiques, qui lui procurent des commandes. Il exécute des esquisses dans ce style rococo bavarois, dont la vision fraîche, rapide et superficielle refuse de s'arrêter à la précision et au contour des formes). Winck devient peintre du théâtre de la Cour, fait des cartons de tapisserie (les Saisons, 1767, Munich, Résidence) pour la manufacture de la maison princière de Wittelsbach et devient peintre de la cour du prince électeur de Bavière en 1769. En 1770, il fonde une école de dessin (la future Académie de Munich) avec Roman Anton Roos et F. X. Feichtmayr. Les costumes, les éléments folkloriques et les détails qui cherchent à produire un effet de vraisemblance confèrent à ses nombreuses fresques dans des églises de village un accent populaire qu'il partage avec beaucoup d'artistes bavarois contemporains (églises de Starnberg [1766], Raisting [1766], Inning [1767], Egling [1773]). Le type de composition le plus courant comporte des figures qui garnissent les bords et des groupes qui s'étirent en zigzaguant vers le centre, le tout animé par des effets de lumière. Le chef-d'œuvre du peintre, le Cycle de la Sainte Croix, à l'église de Lohe (1768), se distingue par le coloris doux et clair, le traitement léger du détail et l'allégement de la composition vers le centre. L'Arrivée d'Ulysse sur l'île de Calypso, que Winck peint au plafond de la salle à manger du château de Schleissheim de 1770 à 1775, trahit sa formation de peintre de chevalet par la précision et la finition du détail, malgré une atmosphère légère et tourbillonnante. La condamnation du mouvement et de la surcharge du style rococo au nom de la simplicité classique amène ensuite l'artiste à clarifier ses compositions (églises de Bettbrunn [1777], Schwindkirchen [1784] et Königsdorf [1785]), alors que les fresques de la fin de sa vie restent fidèles au Rococo (églises d'Albaching [1791-92] et de Siegertsbrunn [1794]). L'artiste a laissé peu de chose de sa grande production de tableaux de chevalet, où certains effets de clair-obscur dans une gamme brune révèlent sa connaissance des Néerlandais (Chemin de croix, 1770-71, église de Geltosing) alors que la conception rappelle les Français du xviie siècle (deux tableaux sur l'histoire de Moïse, v. 1767, Augsbourg, Staatsgalerie). Cette même influence apparaît dans les 7 gravures de ses débuts. Les dessins de Winck sont en général exécutés à la plume et rehaussés d'un léger lavis (Munich, cabinet des Dessins). Il demeure le meilleur représentant de la fresque en Bavière dans la seconde moitié du xviiie siècle.