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Antoni Tàpies

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (Barcelone 1923  – Barcelone 2012).

Il découvre l’art contemporain pendant ses études et commence, dès 1934, à s’intéresser au dessin et à la peinture. Fortement marqué par la guerre civile et ses atrocités, il tombe malade et se remet à peindre pendant sa convalescence. En 1946, il réalise quelques œuvres peintes en pâtes épaisses ainsi que des collages, faits de fils, de papiers, de cartons, qui évoquent certaines œuvres de Miró. En 1948, il fonde avec un groupe d’écrivains et de peintres de Barcelone la revue Dau al Set, expose pour la première fois au Salon d’octobre de Barcelone et fait la connaissance de Miró. C’est alors que se situe sa féconde période « surréaliste », qui voit naître un grand nombre de tableaux dans lesquels se révèlent les influences de Klee, d’Ernst et de Miró : peinture très lisse, aux couleurs chaudes, dont les formes – empruntées au répertoire plastique et poétique de ces peintres : soleils, lunes, croissants, damiers, figures géométriques, paysages et personnages irréels – se détachent sur des fonds très nuancés où jouent des contrastes d’ombres et de clartés (Desconsuelo Lunar, 1949 ; Parafaragamus). En 1949, Tàpies commence à graver à l’eau-forte, technique dans laquelle il se distinguera (prix de la Biennale de Ljubljana, 1967). Sa première exposition personnelle a lieu à Barcelone en 1950 (Galerias Laietanes), préfacée par J. E. Cirlot, puis au musée municipal de Mataro. Il obtient une bourse du gouvernement français pour venir travailler à Paris, où il fera par la suite de nombreux séjours. C’est ainsi qu’il découvre l’art informel, dont Dubuffet, Fautrier, Michaux, Wols ont ouvert les voies. Après la dissolution du groupe Dau Al Set en 1951 et une courte période plus géométrique, il revient à ses premières recherches de matière, aux empâtements et aux « grattages » de ses débuts. Il mêle alors aux couleurs à l’huile du marbre pulvérisé, du sable, du latex, des couleurs en poudre pour obtenir cette facture qui caractérise dès lors sa peinture, évocation de murs immémoriaux (Rojo, 1955 ; Negro y ocre, 1955). La matière est parfois plissée, ridée, lourde et comme prête à couler, ou rayée de tracés incertains, très apparentée à celle de Dubuffet. Par la suite apparaissent de grands espaces presque vides, marqués seulement de quelques signes ou empreintes, d’incisions précises, de sortes de « coutures » laissant voir un fond de couleur différente. La première exposition personnelle de l’artiste à New York a lieu en 1953 (gal. Martha Jackson) et à Paris en 1956 (gal. Stadler). La tentation de l’objet s’insinue de bonne heure dans l’œuvre de Tàpies, où des formes de plus en plus directement exploitées apparaîtront jusqu’à devenir le thème central de certains « tableaux » (Rideau de fer et violon, 1956, Bois et chevalets, 1970, Paris ; Caisse à la chemise rouge, 1972). Parallèlement, des allusions figuratives, détails monumentaux emplissant presque tout l’espace, revêtent une ambiguïté fascinante (Matière en forme de pied, 1965 ; Matière en forme d’aisselle, 1968). Installé à Saint-Gall, en Suisse, en 1962, il travaille pour divers édifices de la ville (peinture murale pour le théâtre, 1972). À partir de 1970, il pratique la sculpture et réalise en 1983, à Barcelone, un Monument à Picasso. En 1982-1983, il peint une série de toiles directement avec le vernis qui ne lui servait jusqu’alors que de base et de liant à ses mélanges de poudres et de matériaux. Il publie la Pratique de l’art (1970), l’Art contre l’Esthétique (1974) et une autobiographie, Mémoire (1981). La Fondation Tàpies est créée en 1984 à Barcelone. L’année suivante, la ville consacre à l’artiste une importante exposition alors qu’une rétrospective de son œuvre graphique est organisée dans différentes universités des États-Unis. Il est représenté dans la plupart des grands musées d’art moderne du monde. Une importante exposition Tàpies a été présentée à Paris (G. N. du Jeu de Paume) en 1994.