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Cy Twombly

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (Lexington, Virginie, 1928-Rome 2011).

L’aspect tout à fait exceptionnel de l’œuvre de Twombly – qui se définit essentiellement par une expérience personnelle de la ligne – rend vaine toute tentative d’intégration à une avant-garde précise. Il faut pourtant dire toute l’importance du séjour à Black Mountain College (Caroline du Nord) que fit, sur la suggestion de Rauschenberg, Twombly en 1951-1952. C’est là en effet qu’à cette date l’avant-garde new-yorkaise des années cinquante (De Kooning, Barnett Newman, Jackson Pollock, Robert Motherwell, Franz Kline, Charles Olson, Merce Cunningham, John Cage) se regroupe dans un climat d’échanges et d’émulation unique. Twombly se lie particulièrement avec Ben Shahn, Robert Motherwell et Franz Kline. C’est dire à quel point il pouvait être averti des expériences récentes de l’Action Painting et des possibilités nouvelles du geste pictural et de l’automatisme ; averti, également, du rapport écriture-peinture-collage, établi par Motherwell. Cependant, la notion d’écriture automatique, qui était leur point de départ à tous, trouvera, semble-t-il, en Twombly, son application la plus extrême, celle-là même où la peinture et la ligne se font « sens », à savoir écriture. Si sa première peinture, Lara, de 1951, montre une graphie serrée qui relève encore de la démarche connue d’une démonstration de « non-savoir », ses dessins de 1953-1954 laissent déjà la ligne évoluer dans un surgissement passionnel de rythmes par champ et saisir, dans une mise en scène pour ainsi dire ludique, l’immédiateté de sa situation. « La ligne n’illustre pas, dira Twombly, mais elle est perception de sa propre réalisation. » En 1955, le geste pictural semble en effet ne rien signifier d’autre que ce qu’il a vécu ou plutôt ce qu’il vit dans le désir présent : non pas « minimal », mais autobiographique, laissant jaillir librement les graphies des lettres, des chiffres et des mots qui peuplent sa pensée et sa sensibilité. Après s'être fixé à Rome en 1957, les fréquentes références qu’il fait à la culture occidentale gréco-latine (Homère, Virgile, Pan, Orphée, Vinci) apparaissent comme des échos personnels et émotionnels, éléments épars et allusifs de sa mémoire, qui s’étend aussi à certaines œuvres poétiques (Keats, Valéry, Mallarmé). Une progression semble apparaître dans son œuvre, groupée le plus souvent en « séries » successives : aux graffiti serrés des débuts, à la marche fougueuse et brouillonne (Poems to the Sea, 1959) ou aux rythmes plus contrôlés (Letter to Resignation, 1959-1964) succèdent les tracés-éclairs, fugitifs, de la série des Beyond a System for Passing, 1971, et des 24 Short Pieces, 1973, où la ligne, sillonnant à toute vitesse un champ de pure sensibilité, semble se faire signe pur, devient écriture rythmique, musicale (Summer Madness, 1990). Travaillant souvent sur papier, Twombly mêle diverses techniques : craies grasses, peinture à l’huile, crayon. Il a réalisé le rideau de scène de l’Opéra-Bastille (Paris) en 1989. Des rétrospectives de son œuvre eurent lieu en 1976 au musée d’Art moderne de la Ville de Paris (A. R. C.), en 1979 au Whitney Museum of American Art, New York, en 1984 au C. A. P. C. de Bordeaux et une importante rétrospective itinérante a été présentée (New York, Houston, Los Angeles, Berlin) en 1995.