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Théodoric

dit Maître Théodoric

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre tchèque (actif à Prague v. le troisième quart du xive s.).

Théodoric travaillait à la cour de l’empereur Charles IV ; dans un acte de 1359, il est qualifié de malerius imperatoris ; une mention du registre de la confrérie des peintres constate, v. 1365, que Maître Théodoric s’était acquitté de la cotisation annuelle, et une charte de Charles IV (datée du 28 avril 1367) fait l’éloge de la chapelle Sainte-Croix du château de Karlstejn, décorée par Théodoric, pictor noster et familiaris, et exempte celui-ci de l’impôt foncier frappant sa propriété de Morina. La décoration de la chapelle fut probablement entreprise pour la seconde consécration (9 février 1365) par l’archevêque Jan Ocko de Vlasím et elle était sans doute terminée en 1367. Elle rassemble l’œuvre entier de Théodoric, responsable également de l’aménagement de l’ensemble. Les parties hautes des murs sont recouvertes de 129 panneaux peints, disposés sur plusieurs rangs. Toute l’armée céleste y est représentée : saints et saintes, Pères de l’Église, évangélistes, évêques, abbés, ermites, dont les bustes, vigoureux et statiques, sont souvent de type populaire ; une spiritualité intense imprègne les physionomies, que la lumière et l’ombre modèlent avec délicatesse ; ces figures se détachent sur des fonds d’or ou sur un arrière-plan décoré. Les sources de l’art de Théodoric sont mal connues : cet art tire son origine de la peinture tchèque des environs de 1350 et est en contact direct avec l’atelier du Maître de la Généalogie des Luxembourg, qui introduit en Bohême le réalisme occidental ; l’influence italienne n’est pas niable, émanant de Tommaso da Modena, de Venise, de l’Italie du Nord.

Parmi les œuvres qui s’apparentent à l’art de Théodoric, citons le Tableau votif de l’archevêque Jan Ocko de Vlasím (Prague, Národní Gal.) et la Dormition (Brno, Gal. morave). Maître Théodoric, figure centrale de la peinture tchèque des années 1360, assure le lien entre les peintres des générations précédentes et le Maître de Trebon.