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Vladimir Ievgrafovitch Tatline

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et sculpteur russe (Moscou 1885 – id. 1953).

Vladimir Tatline quitte l’école et s’engage comme mousse ; il voyage à travers le monde. À son retour, il fréquente les écoles d’art à Penza, puis à Moscou. Il devient très rapidement un des représentants majeurs de l’avant-garde moscovite, et expose à l’Union de la jeunesse, comme au Valet de Carreau ou à la Queue de l’Âne ; il y présente des œuvres essentiellement néo-primitivistes (Marchand de poissons, 1911, Moscou, Gal. Tretiakov), présentant un aspect sculptural (Nu, 1913, id.). Lors d’un voyage à Paris, en mars 1914, il visite l’atelier de Picasso et à son retour il expose dans son atelier ses « reliefs picturaux », puis en 1915 aux expositions « Tramway V » et « Année 1915 » (Contre-relief bleu, 1914) ses « reliefs angulaires » à 0.10 (1915-1916). Comme la plupart des grands plasticiens russes, il adhère avec enthousiasme à la révolution d’Octobre, qui lui inspire son chef-d’œuvre et sans doute aussi celui du constructivisme : le Projet du monument à la IIIe Internationale, dont la maquette de 25 m de haut, exposée en 1920 à Moscou et à Petrograd, sera un des atouts, en 1925, à Paris, de l’Exposition des arts décoratifs. Gigantesque tour penchée, de fer et de verre, dont les diverses parties auraient été animées de mouvements giratoires autonomes, le Monument aurait dû, sur 400 m de haut, abriter des salles d’exposition, de réunion, de concert, des restaurants. Tatline a alors d’importantes fonctions officielles, entre autres d’enseignement à l’Inkhouk de Petrograd. Quoique exposant à la célèbre Erste russische Ausstellung de Berlin en 1922, Tatline, tout comme Malevitch, n’émigre pas. Il enseigne jusqu’en 1930 aux Vhutemas de Moscou. Mais, il passe les vingt dernières années de sa vie dans l’obscurité. La rétrospective « Vladimir Tatline » (Düsseldorf, Baden-Baden, Moscou, Saint-Pétersbourg) en 1993-1994 a permis de reconstituer l’œuvre de cet artiste majeur, dont une grande partie a été perdue. Son activité s’est aussi beaucoup dirigée vers les arts appliqués et de la décoration théâtrale : il monte par exemple Zanguezi de Khlebnikov en 1923.