En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Francisco Ribalta

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (Solsona, prov. de Lérida, 1565  – Valence 1628).

Ce grand peintre, fondateur de l'école ténébriste de Valence, est un Catalan (la découverte de son acte de baptême à Solsona ne laisse aucun doute à cet égard) qui s'est formé en Castille, dans le milieu artistique de l'Escorial. Ses premières œuvres connues (les Préparatifs pour la Crucifixion, 1582, Ermitage) montrent sa filiation directe avec les Italiens Zuccari et Tibaldi, ses relations avec Cambiaso et Navarrete el Mudo (dont il copiera littéralement par la suite le Martyre de saint Jacques de l'Escorial à l'église d'Algemesí). Il se marie en 1596 à Madrid, où naît l'année suivante son fils Juan. Mais on le trouve en 1599 à Valence, d'où, désormais, il ne s'éloignera plus, sauf pour un problématique voyage en Italie, qu'il faudrait situer entre 1613 et 1615, seule période de sa vie sur laquelle nous n'ayons aucun document (ou plus simplement un séjour à Madrid pendant lequel il put connaître certaines œuvres italiennes). Ce voyage tardif aurait pu permettre à l'artiste de connaître l'œuvre de Caravage (copie de la Crucifixion de saint Pierre, signée de F. Ribalta, Rome). Ribalta a peint d'importants ensembles à Valence et dans les environs, notamment les retables de l'église d'Algemesí (1603-1604, partiellement détruits en 1936) et les grands tâbleaux du collège du Patriarche, fondation de l'archevêque Juan de Ribera (Vision de saint Vincent Ferrier, 1604 ; la Cène, 1606, au maître-autel). Il fit également plusieurs excellents portraits de l'archevêque (collège du Patriarche). Mais ses œuvres maîtresses seront les tableaux du couvent des Capucins, pour lesquels il passe contrat en 1620 (Saint François malade réconforté par un ange, Prado ; Saint François aux pieds du Christ en croix, musée de Valence), le Christ embrassant saint Bernard (Prado) et le retable de la chartreuse de Porta-Coeli (1625), dont les peintures ont passé au musée de Valence. Dans toutes ces dernières œuvres, le réalisme encore hésitant de ses débuts sous le signe de l'Escorial débouche sur un large naturalisme franchement baroque, où l'empreinte de Caravage se fond avec les souvenirs de Venise et une libre interprétation du modèle vivant. Ribalta a créé quelques-unes des œuvres les plus fortes et les plus nobles de toute la peinture espagnole (Saint Pierre, Saint Paul, Saint Bruno du retable de Porta-Coeli au musée de Valence). Il eut un important atelier, de nombreux élèves (au premier rang desquels son fils Juan), et son influence fut décisive dans l'histoire de la peinture valencienne.

Son fils Juan (Madrid 1596 ou 1597 – Valence 1628) est un représentant important de l'école valencienne. Une mort prématurée l'empêcha de donner tout ce que l'on pouvait attendre d'un talent brillant et très précoce. Juan signe dès 1615 les Préparatifs pour la Crucifixion à multiples personnages (musée de Valence), où la composition, encore inspirée par le style de l'Escorial — suivant l'exemple paternel —, se nuance dans les détails d'un réalisme plus moderne. On conserve de lui très peu d'œuvres signées (Saint Jean l'Évangéliste, Prado ; Saint Jérôme, 1618, Barcelone, M. A. C.). Elles témoignent toutes d'une technique très sûre, d'un vigoureux naturalisme au chaud coloris. La collaboration de Juan avec son père fut certainement très large : on la reconnaît aisément dans certaines peintures des retables de Porta-Coeli (1625) et d'Andilla (1622-1626).