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les Pynas

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintres néerlandais.

Jan (Haarlem 1583/84  – Amsterdam 1631). Vers 1605, il se rendit avec son frère Jacob en Italie, où il rencontra Lastman et surtout Elsheimer, qui influença de façon décisive les deux frères. Il était à Leyde en 1610, à Amsterdam en 1613 et fit sans doute un second voyage à Rome en 1615. En 1616, il reçut une importante commande, des peintures bibliques pour décorer la chambre à coucher du roi Christian de Danemark. Les quelques tableaux sûrs qu'on conserve de lui (Résurrection de Lazare, 1605, musée d'Aschaffenburg ; Mise au tombeau, 1607, Louvre ; Résurrection de Lazare, 1615, Philadelphie, Museum of Art, coll. Johnson ; la Tunique de Joseph, 1618, Ermitage) révèlent un peintre d'histoire biblique dans la lignée d'Elsheimer et de Lastman ; Pynas est en fait assez indépendant, voire plus original que ce dernier par sa verdeur narrative un peu naïve et maladroite comme par son sens des effets de lumière et de coloris pittoresques, qui viennent probablement de Venise. Aussi, moins académique que Lastman, a-t-il certainement constitué à côté de ce dernier un exemple capital pour la formation du jeune Rembrandt dans son approfondissement du message d'Elsheimer et sa recherche d'une peinture d'histoire plus humaine et éloquente, qui sera la marque de son génie (selon Houbraken, Rembrandt, après son séjour chez Lastman, aurait passé quelques mois chez le frère de Jan, Jacob ; mais il est possible que l'historiographe ait confondu Jan et Jacob). Mentionnons aussi que, selon Oehler, on pourrait attribuer à Jan un petit groupe de paysages elsheimériens plus menus et moins secs que ceux de son frère — et fortement marqués, eux aussi, par Saraceni —, ce qui constitue une heureuse adjonction à l'œuvre traditionnellement connue de Jan (Rencontre d'Esaü et Jacob, Rijksmuseum ; Prédiction de saint Jean-Baptiste, Vienne, K. M. ; Portement de croix, Rome, Gal. Doria-Pamphili). Fort célèbre en son temps, loué par Vondel, Jan eut de nombreux élèves, tels que Gerrit Pietersz, Steven Van Goor, Rombout Van Troyen, et ses tableaux se payaient à l'époque très cher, ce que ne saurait ratifier le jugement actuel sur ce peintre modeste, mais dont l'importance historique est, certes, plus grande que son talent réel.

Jacob (Haarlem v. 1585 – Delft apr. 1650). Frère du précédent, il est mentionné à Amsterdam en 1608, en 1641 et en 1643, à La Haye et surtout à Delft, son principal lieu de résidence (en 1632, il s'inscrit à la gilde de cette ville).

Ses œuvres — des paysages à la manière d'Elsheimer, agrémentés de scènes bibliques ou mythologiques — ont été souvent attribuées à ce dernier ou à son frère Jan, et ce n'est que depuis peu qu'on a regroupé (Oehler notamment) sous son nom un certain nombre d'œuvres caractérisées par des formes aux contours plus tranchés (le peintre affectionne le motif de falaises rocheuses latérales, qu'il transmettra à Breenbergh, qui lui doit beaucoup), par une séparation plus nette des plans et des zones ombrées ou éclairées, par une utilisation plus mécanique de l'art d'Elsheimer, où il manque finalement ce parfum de poésie et de rêve qui en fait tout le charme. À l'influence d'Elsheimer se joint d'ailleurs au début (son premier tableau daté est de 1617) celle, non moins nette, de Saraceni, notamment dans le motif des arbres isolés et s'élevant haut dans le ciel, l'assombrissement de l'avant-plan, les moutonnements des masses de feuillage, le profil rigoureux des figures (cf. la Salmacis et Hermaphrodite de Saraceni au Museo di Capodimonte de Naples, reprise en sens inverse avec quelques modifications de détail dans la gravure de Magdalena Van den Passe d'après Jacob Pynas). Le Mercure et Argus du musée de Kassel, récemment rendu à Jacob Pynas, comme la Madeleine des musées de Berlin sont de bons exemples de cette influence, qui s'affaiblira par la suite.

Parmi les œuvres caractéristiques de Jacob Pynas citons la Rencontre de Moïse et d'Aaron (coll. du marquis de Bute à Rottesay), la version presque identique du musée de Kassel, le Mercure et Argus (coll. Leatham à Finchampstead) signé J. C. P. et daté 1618, le Bon Samaritain (musée de Nancy, autre version au musée de La Fère), qui est analogue, lui, au pseudo-Elsheimer de la coll. du duc de Buccleuch, qui doit être rendu également à Jacob Pynas, le Joseph et ses frères (Dresde, Gg), le Paysage à la tombe de Virgile (Londres, coll. Schapiro), le Mercure et Hersé (Offices) et le Hagar dans le désert (1626, Amsterdam, coll. de Boer), toutes œuvres si utiles à la compréhension de Breenbergh.