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Maurice Prendergast

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et aquarelliste américain (Saint-Jean, Terre-Neuve, 1859  – New York 1924).

Il travailla d'abord en Nouvelle-Angleterre comme peintre de cartes-souvenirs. Plus qu'aucun autre membre du groupe des Huit, Prendergast fut attiré par l'Europe. Il y fit 6 voyages (le premier en Angleterre, 1886) et y résida suffisamment longtemps pour comprendre et adopter les canons du Néo-Impressionnisme. Lors de son deuxième séjour, de 1891 à 1894, non seulement il fréquenta l'Académie Julian et l'école Colarossi, où il reçut l'enseignement académique dispensé par Laurens, Blanc, Constant et Courtois, mais encore il peignit en plein air, comme le préconisaient les impressionnistes, à Paris (Seven Sketches of Paris, 1893, Andover, Phillips Academy), ainsi qu'en Bretagne et en Normandie (Dieppe, 1892, New York, Whitney Museum). Whistler et Manet comptaient alors parmi les artistes qui l'influençaient le plus profondément, mais, au cours de sa carrière, ces influences allaient disparaître au profit de celles des Nabis, de Toulouse-Lautrec puis de Seurat. De retour aux États-Unis, Prendergast s'installa à Winchester (Mass.) et obtint en 1896 un certain succès pour ses illustrations de My Lady Nicotine. En même temps, il peignit des scènes de plage de la Nouvelle-Angleterre (Low Tide, Beachmont, 1897, Worcester Art Museum). En 1898, il retourna pour la troisième fois en Europe, où il resta jusqu'en 1900. Il travailla à Saint-Malo, à Paris et surtout à Venise, où, inspiré par Carpaccio, il exécuta des compositions animées, parfois ponctuées par le flottement de bannières colorées (Piazza di San Marco, Metropolitan Museum ; A Bridge in Venice, musée de Cleveland ; The Lagoon, Venice, New York, M. O. M. A.). Dans ses monotypes de 1899 (Orange Market, id.), Prendergast adopta l'espace artificiel de Gauguin et des Nabis et, vers le début du siècle, brisa la surface de ses aquarelles en petites touches parallèles, à la manière des néo-impressionnistes. À la même époque, à New York, il fréquenta Sloan, Glackens, Shinn, Davies (il exposera avec eux lors de l'exposition des Huit en 1908). East River (1901, New York, M. O. M. A.) atteste un intérêt, rare dans son œuvre, pour un sujet similaire à ceux que les peintres de l'Ash-can School traitaient volontiers.

En 1913, Prendergast participa à l'Armory Show. Lors des séjours qu'il avait accomplis auparavant en Europe (en 1909 à Paris et à Saint-Malo, en 1911-12 en Italie), il avait expérimenté de nouvelles techniques comme le pastel et avait abordé de nouveaux sujets, nus et natures mortes. À partir de 1913, une certaine tendance au Symbolisme apparut dans ses compositions. Des figures nues côtoient des personnages quotidiens dans The Promenade (1914-15, Detroit, Inst. of Arts) ou The Picnic (Ottawa, N. G.). Vers la fin de sa vie, l'artiste adopta dans ses aquarelles une touche plus large et plus libre, souvent proche de celle de Matisse (In the Park, 1918-19, Chicago, Art Inst.). Une rétrospective a été consacrée à l'artiste (Los Angeles, County Museum of Art) en 1991.