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Cornelis Van Poelenburgh

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Utrecht v.  1594/1595  – id. 1667).

Il fut l'élève d'Abraham Bloemaert à Utrecht. Après un séjour en Italie (1617-1625), où, aux dires de Sandrart, il rencontra Callot à Florence, soit avant 1621, il revint à Utrecht et ne quitta plus cette ville, sinon pour deux courts séjours en Angleterre (1637 et peut-être 1641). Pendant sa période italienne, il travailla à Florence (où un certain nombre de petits tableaux de sa main sont conservés au palais Pitti) et à Rome, où il fut l'un des fondateurs de la Société des peintres néerlandais, les " Bentvoghels ".

La première des peintures datées de Cornelis Van Poelenburgh remonte à 1620 (Paysage aux ruines et marchands de bétail, Louvre). Comme la plupart des tableaux peints au cours de cette période, il s'agit d'un paysage peuplé de petits personnages : bergers ou paysans avec leurs bêtes, disposés au milieu d'un ensemble imaginaire de ruines antiques.

Cornelis Van Poelenburgh emprunta ce thème à l'Anversois Paul Bril, qui travailla à Rome v. 1580 ; mais il sut le traiter avec une véritable originalité. Les œuvres exécutées par Bril et son école avant 1620 sont caractérisées par une certaine horreur du vide et par une construction reposant sur des diagonales ; elles appartiennent encore au style maniériste, dont Poelenburgh réussira à se libérer complètement après 1620.

La composition des peintures de l'artiste est relativement simple et claire. Il fut le premier à savoir rendre avec vérité ce qui impressionnait le plus en Italie les paysagistes hollandais : l'effet du soleil méridional sur les couleurs. Il procédait à une distribution subtile des lumières et des ombres en indiquant les transitions de la pleine lumière à l'ombre dense par de nombreuses nuances extrêmement délicates. En dépit de cette technique minutieuse, ses premières œuvres gardent beaucoup de fraîcheur et de spontanéité. L'usage subtil qu'il fait de la lumière reflète l'influence d'Elsheimer (et cela est surtout sensible dans ses dessins), bien qu'il existe en général une différence profonde entre la conception de Poelenburgh et celle du peintre allemand. Les tableaux peints par Poelenburgh au cours de sa période italienne annoncent les grands paysagistes italianisants des Pays-Bas (Bartholomeus Breenbergh, Jan Both, Jan Asselijn, Nicolaes Pietersz Berchem) tant par leurs motifs que par leur technique.

Après son retour à Utrecht, les sujets mythologiques (Diane et Actéon, Prado) et religieux (l'Annonce aux bergers, musée de Gray ; l'Adoration des mages, musée de Genève ; l'Ange guidant les bergers, Londres, Wellington Museum) l'emportèrent de plus en plus dans son œuvre, et sa touche gagna en aisance et en souplesse. Ses paysages animés de nymphes au bain, poursuivies ou non par des satyres (Rijksmuseum), lui conférèrent une très grande popularité, confirmée par les nombreux imitateurs qu'il eut dans ce genre (Daniel Vertangen, Johannes Van Haensbergen, Dirck Van Der Lisse et un très rare suiveur anglais, I. Palmer). Plus tard, de médiocres peintures portèrent son monogramme : " C. P. ", ce qui nuisit beaucoup à sa réputation. Les tableaux datant de la fin de sa vie possèdent un charme particulier par le fini de leur technique et par leurs coloris brillants comme de l'émail (la Glorification de sainte Catherine d'Alexandrie, musée d'Utrecht). Le Louvre, le palais Pitti de Florence et les collections des princes allemands sont particulièrement riches en œuvres de cet artiste.