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Charles Natoire

Charles Natoire, Entrée solennelle de Monseigneur de Pâris à Orléans en 1733
Charles Natoire, Entrée solennelle de Monseigneur de Pâris à Orléans en 1733

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Nîmes 1700  – Castel Gandolfo 1777).

Élève de Galloche et de Lemoyne, il remporta le premier prix en 1721 avec Manué offrant un sacrifice (Paris, E. N. B. A.), qui lui ouvrit les portes du voyage de Rome (1724-1727), où il peignit les Marchands chassés du Temple (Paris, église Saint-Médard). Rentré à Paris, il fut reçu académicien en 1734 avec Vénus commandant des armes à Vulcain (musée de Montpellier) et se consacra à la grande décoration, travaillant soit pour des églises (Saint Étienne parmi les docteurs, 1745, musée de Rennes), soit pour le roi (la Jeunesse et la Vertu présentant les Filles de France, 1734, Versailles, chambre de la reine ; Allégories aux Muses, 1745, Paris, B. N. F., cabinet des Médailles), soit enfin pour des particuliers ; ses grands cycles mythologiques et historiques — 8 sujets de l'Histoire de Psyché (1737-1739, Paris, hôtel Soubise, auj. aux Archives nationales), 10 sujets de l'Histoire des dieux, 6 sujets de l'Histoire de Clovis, 4 sujets de l'Histoire de Télémaque peints entre 1731 et 1740 pour le château de la Chapelle Godefroy en Champagne (Ermitage ; Moscou, musée Pouchkine ; et surtout musée de Troyes) — révèlent une compréhension des principes de la grande décoration, qui l'a justement rendu célèbre. Ce sens décoratif se manifesta aussi dans les cartons de tapisserie qu'il exécuta soit pour la manufacture des Gobelins : Repas d'Antoine et Cléopâtre (musée de Nîmes), Entrevue d'Antoine et Cléopâtre à Tarse (musée de Marseille ; esquisse au musée de Rouen), soit pour Beauvais (Histoire de Don Quichotte en 13 cartons [1735-1745], dont 10 subsistent actuellement [1 au Louvre et 9 à Compiègne], qui est connue dans son intégralité par les tapisseries de l'archevêché d'Aix-en-Provence [Aix, musée des Tapisseries]) : vision héroïque, plus " moderne " que la suite contemporaine de C. A. Coypel. Peu avant son départ pour Rome, Natoire exécuta la décoration de la chapelle de l'hospice des Enfants-Trouvés à Paris, détruite à la fin du xixe s., mais connue grâce aux gravures de Fessard, décoration illusionniste d'une virtuosité étourdissante, qui prouve que la grande tradition baroque du plafond en trompe-l'œil ne se limitait pas en France au xviiie s. à l'Apothéose d'Hercule de Lemoyne (Versailles). Nommé en 1751 directeur de l'Académie de France à Rome, à la suite de J. F. de Troy, Natoire se consacra alors principalement à son rôle de pédagogue et cessa assez rapidement son activité de peintre : Apothéose de Saint Louis (1756, Rome, Saint-Louis-des-Français ; esquisse au musée de Brest). Il dessina alors de nombreuses vues de Rome et de ses environs (Louvre ; Oxford, Ashmolean Museum ; Albertina ; British Museum ; musée de Darmstadt ; Montpellier, musée Atger ; Offices ; Metropolitan Museum ; Édimbourg, N. G.), qui comptent, par leur spontanéité, parmi les meilleurs exemples du paysage au xviiie s. et qui sont une des sources, trop souvent négligées, de l'art d'Hubert Robert. Remplacé en 1775 par Vien, il se retira à Castel Gandolfo, où il mourut deux ans plus tard. L'exposition de 1977 a montré l'importance de la production de l'ami et rival de Boucher.