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Adolphe Monticelli

Adolphe Monticelli, Nature morte aux grenades
Adolphe Monticelli, Nature morte aux grenades

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Marseille 1824  – id.  1886).

Il appartenait à une famille d'origine italienne fixée à Marseille. En 1843, il remporta le prix de dessin à l'école des beaux-arts de sa ville. Mais le musée l'attirait plus qu'un enseignement scolaire et, quand il vint à Paris, en 1847, pour deux années, c'est au Louvre qu'il trouva ses maîtres en Rembrandt, en Véronèse et en Watteau, plus qu'en Paul Delaroche, dans l'atelier de qui il étudia. Sa formation fut lente et ce n'est qu'en 1856, à l'occasion d'un retour à Paris, que son génie s'éveilla. Il fut apprécié de Delacroix et reçut la commande d'une décoration pour les Tuileries. Sa rencontre avec Diaz décida du choc qui le révéla à lui-même. Mais, s'il découvrit auprès du peintre des Fêtes galantes, successeur de Watteau, une affinité et une émulation, il dépassa son modèle aussi bien par l'ardeur d'une expression visionnaire que par l'audace de sa technique. Il superposa des touches d'une pâte généreuse, dissolvant la forme dans un jaillissement de couleurs pures, créant ainsi un monde enchanté (Don Quichotte, v. 1865, Paris, musée d'Orsay). Cette période — dénommée " parisienne " ou " écossaise " à cause de la nationalité de ses amateurs, ou encore " période de l'impératrice " en raison de l'adulation que, selon la légende, l'artiste portait à la souveraine — annonce sa maturité. Elle commença en 1870 quand Monticelli retourna définitivement à Marseille. Celui-ci donna alors la part la plus prestigieuse d'un œuvre fécond et varié. Tout en continuant de produire d'imaginaires féeries, il retrouva un œil réaliste pour peindre des portraits dont les visages sont maçonnés dans un lumineux empâtement (Madame René, musée de Lyon ; Madame Teissier, Paris, musée d'Orsay ; Portrait de femme, Chicago, Art Inst.), des natures mortes (Paris, musée d'Orsay ; musée de Lyon ; Londres, N. G.) et des bouquets aux couleurs éblouissantes, des paysages saturés de soleil. Ses œuvres figurent dans la plupart des grands musées du monde ; mais celui de Marseille et surtout celui de Lyon montrent chacun un ensemble particulièrement important de peintures. En dépit de tant de plagiaires et de faussaires, Monticelli n'eut pas de successeur direct. Artiste d'exception, il joua un rôle complexe, préfigurant à la fois l'Impressionnisme par l'analyse du coloris et la vibration de la touche, le Symbolisme par la rareté ésotérique de l'émotion, Van Gogh et le Fauvisme par la hardiesse des tons et le goût des empâtements, en prolongeant le Romantisme par des thèmes inspirés de la fable et du passé.