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Georges Mathieu

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Boulogne-sur-Mer 1921).

Il étudie le droit et la philosophie, obtient une licence d'anglais et commence à peindre en 1942. La lecture d'un ouvrage d'Edward Crankshaw, Conrad's Craftmanship, le détermine en 1944, dit-il, à " entrer en non-figuration, non par des chemins formels, mais par la voie spirituelle ". Lorsqu'il s'installe à Paris en 1947, Mathieu a déjà réalisé des peintures abstraites d'expression lyrique informelle (Évanescence, 1945) qui lui permettent aussitôt de prendre position (aux côtés notamment d'Atlan, de Hartung, de Wols, de Bryen) contre l'Abstraction géométrique, qui proliférait au même moment, et il prend l'initiative des premières manifestations de la nouvelle tendance de l'Abstraction lyrique. Dès 1949, il participe à plusieurs expositions de groupes à Paris, à la gal. René Drouin, qui présente sa première exposition particulière en 1950. L'année suivante, il organise avec le critique Michel Tapié un premier rassemblement international des principaux abstraits lyriques sous le titre de " Véhémences confrontées " à la gal. Nina Dausset, qui sera suivi par deux expositions des " Signifiants de l'informel ", présentées par Tapié au studio Paul Facchetti, où Mathieu expose en 1952 ses premières peintures historiques (Hommage au maréchal de Turenne, 1952). À partir de 1954, c'est surtout à la gal. Rive droite, dont Michel Tapié est le conseiller, que Mathieu fera ses principales expositions à Paris (en 1954, les Capétiens partout [Paris, M. N. A. M.] ; en 1956, présentation du Couronnement de Charlemagne ; gouaches et dessins en 1958). Il exposera aussi à la gal. Kléber en 1957 (Cérémonies commémoratives de la deuxième condamnation de Siger de Brabant) et à la gal. internationale d'Art contemporain, où il présentera 8 toiles monumentales en 1959 ainsi que des œuvres sur le thème De quelques pompes et supplices sous l'ancienne France en 1960. Il est, de bonne heure, introduit à New York (gal. Kootz, 1954) et poursuit une carrière internationale. Le M. A. M. de la Ville de Paris lui consacre une rétrospective en 1963, et, en 1965, la gal. Charpentier réunit 140 peintures, toutes exécutées au cours de l'année précédente. Déjà, v. 1948-49, Mathieu avait su dégager de ses débuts impulsifs la démarche gestuelle d'une expression calligraphique explosive. Les caractères de sa peinture sont, pour lui-même, en même temps que " l'absence de préméditation ni des formes ni des gestes, la nécessité d'un état second de concentration et la primauté accordée à la vitesse d'exécution ". Ces conditions permettent à l'artiste de réaliser en public des œuvres de très grandes dimensions dans un temps record (par exemple une peinture de douze mètres sur quatre réalisée en vingt minutes sur la scène du théâtre Sarah-Bernhardt en 1956). Il a publié en 1963, sous le titre d'Au-delà du Tachisme, une étude historique de l'évolution de la peinture occidentale entre 1944 et 1962, dans laquelle il fait preuve d'une rare probité intellectuelle en dépit d'une certaine virulence polémique. À partir de 1966, il se consacra plus particulièrement aux arts décoratifs : affiches d'Air France (1967), cartons de tapisserie pour les Gobelins (1968-69), assiettes de Sèvres (1968), médailles (1971), sigle de la chaîne de télévision Antenne 2 (1974), pièce de 10 francs (id.). En 1976, il fut élu membre de l'Académie des beaux-arts. Des expositions ont réuni au Grand Palais (Paris, 1978) et au Palais des Papes (Avignon, 1985) de nombreuses œuvres.