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Maître de San Martino

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (actif à Pise dans la seconde moitié du xiiie s. ).

Il tire son nom de la dédicace de l'église d'où provient son œuvre principale, une Vierge à l'Enfant avec douze scènes de la vie de sainte Anne et de Joachim (Pise, M. N.). Son identification avec le peintre Rainieri di Ugolino, proposée par quelques critiques, est controversée. Se fondant sur des comparaisons stylistiques, la critique est au contraire unanime à attribuer à ce maître un autre panneau avec Sainte Anne et la Vierge enfant (id.). D'autre part, la chronologie de ses œuvres est encore matière à divergences : les dates proposées pour la Vierge de Pise, son œuvre la plus ancienne certainement, oscillent, par exemple, entre 1260 et 1270-1275. En conséquence, les hypothèses concernant la formation du style du Maître, et surtout ses rapports avec Cimabue, sont également très variées. Selon certains historiens, l'autonomie du peintre serait absolue ; il n'aurait aucun lien avec le grand Florentin, dont, stylistiquement, il serait plutôt le précurseur ; pour d'autres, sa personnalité est inexplicable si l'on récuse l'influence exercée sur lui par Cimabue, influence qui, cependant, fait finalement ressortir l'originalité poétique du maître pisan. Il semble en tout cas difficile d'admettre que la Vierge de Pise ne dérive pas, par certains aspects, de la Vierge aux anges que Cimabue avait peinte pour l'église San Francesco, à Pise justement (Louvre) ; mais une différence profonde sépare la majestueuse mythologie chrétienne imprégnée de fermeté plastique du Florentin et le récit du Pisan, si humain et émouvant dans l'éclat incomparable de son coloris. La critique récente suppose que la connaissance de la sculpture provençale tardive pourrait être à l'origine de ces aspects particuliers de son art, que l'on peut certainement relier à la diffusion du goût gothique dans la peinture italienne de cette époque. Suivant certains jugements, une Madone de la fin du xiiie s. (Florence, coll. Acton), attribuée parfois à un artiste florentin, serait une œuvre tardive du Maître de San Martino.