En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Alfred Kubin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre, dessinateur et graveur autrichien (Leitmeritz, Bohême, 1877  – Zwickledt, Haute-Autriche, 1959).

Après une jeunesse difficile (tentative de suicide en 1896) à Salzbourg, il part pour Munich et se forme à l'Académie (1898). Il s'installe en 1906 dans un manoir à Zwickledt, où il demeurera jusqu'à sa mort, ne le quittant que pour accomplir quelques voyages, qui le conduisent notamment à Prague, à Paris (1905 et 1914) et dans les Balkans. À Munich, il découvre les œuvres de Klinger, Goya, Munch, Ensor et Redon, qui l'enthousiasment, ainsi que les trésors du cabinet des Estampes de Munich et les tableaux de Bruegel l'Ancien, qu'il admire lors d'un séjour à Vienne en 1904, et, en 1913, il participe au Salon d'automne organisé par Der Sturm.

Le style très personnel de Kubin a influencé Klee, George Grosz ainsi que De Chirico, et il se situe au confluent du Symbolisme, de l'Expressionnisme et du Surréalisme. Il fait surgir dans ses dessins un univers peuplé de visions crépusculaires ou nocturnes hallucinatoires : la Guerre (1903, Vienne H. M. der Stadt ; La nuit tombe, le jour s'enfuit (v. 1907-1910), mais le grotesque, l'humour, la raillerie, le sarcasme trouvent aussi place dans son art, souvent satirique et moralisateur. Les animaux sont représentés sous les traits d'êtres fabuleux, inquiétants ou espiègles (Sumpfpflanzen, 1903-1906, Vienne, Oberösterreichisches Landesmuseum).

Ses premières œuvres, encore sous l'influence du Symbolisme, sont des lavis légèrement repris d'aquarelle dont les teintes savamment dégradées dégagent une froideur sinistre. Les 20 compositions abstraites qu'il exécute en 1906 ne connaîtront pas de prolongement. À partir de 1907, Kubin n'a plus fait appel qu'à des moyens graphiques pour représenter son univers de crépuscules, d'étrangeté mais aussi de merveilleux. Plus tard, il aura recours de nouveau à l'aquarelle pour rehausser certaines parties de ses dessins. Auteur d'un roman fantastique, Die andere Seite (" l'Autre Côté "), paru en 1908, il illustre également de nombreux ouvrages, notamment ceux de Poe (le Scarabée d'or, 1910 ; le Cœur qui bat, 1923), de Hoffmann, de Flaubert, de Balzac, de Strindberg, de Dostoïevski, de Kleist, de Wedekind et de Tourgueniev. Les ondulations reptiliennes (qui apparaissent pour la première fois en 1907), les grilles et les réseaux qui se resserrent autour des objets sont spécifiques du style de Kubin. Son mépris pour la forme, son écriture désordonnée font qu'il demeure avant tout un dessinateur.