En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Ellsworth Kelly

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et sculpteur américain (Newburg, New York, 1923 – Spencertown, État de New York, 2015).

Après de brèves études à l'École du M. F. A. de Boston (1946-1948) où il pratique une figuration de type expressionniste, il s'inscrit en 1948 à l'E. N. B. A. de Paris. Dès cette période, son refus de toute subjectivité le conduit à chercher des méthodes de création impersonnelle. Il recourt au strict décalque de la réalité.

Il utilise également le hasard : Meschers (1951) est fait d'un dessin découpé puis assemblé aléatoirement : avec Fenêtre (1949, Paris, M. N. A. M.), le bois utilisé pour la représentation d'une fenêtre se confond avec celui de la fenêtre représentée. C'est durant cette même période que Kelly découvre la " puissance de la couleur pure ". Sa technique consiste alors à assembler des panneaux de mêmes dimensions, peints chacun d'une seule couleur et sans modulation tonale. Kelly élabore ainsi plusieurs séries de tableaux où la couleur devient l'objet même de la représentation (Couleurs pour un grand mur, 1951, New York, M. O. M. A. ; Peintures pour un mur blanc, 1952). À son retour à New York en 1954, il participe au grand mouvement de réaction contre la peinture " lyrique ". Ses toiles " hard edge " introduisent des formes nettes, aux contours tranchants qui reprennent la silhouette d'objets réels (Atlantic, 1956, Whitney Museum), où le traditionnel rapport entre les figures et le fond se trouve aboli par la disposition des surfaces de couleurs pures qui limite l'espace pictural à deux dimensions (Charter, 1959, Yale University Art Gal. ; Green, Blue, Red, 1964, New York, Whitney Museum). Après une grande exposition à la Washington Gal. of Modern Art (1964), Kelly s'attache à partir de 1966 à la création de compositions qui lient indissolublement les formes colorées à leur support. Il utilise une couleur par panneau qu'il assemble à 90° dans la série des Pièces d'angle ou tout à fait frontalement, comme dans le White Angle (1966, Guggenheim). En 1972-73, il revient à l'affrontement de deux couleurs sur une toile triangulaire dans la série des Curves, avant de se consacrer essentiellement à des œuvres monochromes où il s'attache à explorer les tensions entre vision et littéralité, entre subjectivité et objectivité. Des expositions rétrospectives furent présentées au M. O. M. A. de New York en 1973 et au M. N. A. M. de Paris en 1980. Ses formes simples peuvent être transposées dans l'acier corten et ainsi donner lieu à des sculptures, peintes ou non. C'est le cas des formes de la série Curve, dont, par exemple, celle qui porte le numéro XXII et qui fut installée au Lincoln Park de Chicago en 1981. Une rétrospective de ses sculptures a été présentée à New York (Whitney Museum) en 1983. Une exposition consacrée aux années parisiennes de Kelly (1948-54) a circulé en 1993-94 à Paris, Münster et Washington.