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Angelika Kauffmann

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et dessinatrice suisse (Coire, Grisons, 1741 – Rome 1807).

Fille d'un décorateur d'églises ambulant, elle passa sa première enfance à Morbegno, en Valteline, où elle apprit le dessin. Son père, pour tirer profit de son extraordinaire précocité, l'emmena à l'âge de dix ans en Italie, où l'exécution du portrait de l'évêque Nevroni, de Côme, assura sa réputation d'enfant prodige. Néanmoins, elle compléta sa formation à Milan en copiant les maîtres anciens.

En 1762, elle travailla avec son père à une fresque pour l'église de Schwarzenberg, les Douze Apôtres, d'après les gravures de Piazzetta, et elle gagna ensuite Florence. Les Offices lui commandèrent son Auto-portrait, où l'on peut apprécier la grâce de son art : simplicité de la composition, plasticité du sujet, accentuées par la robe antiquisante. La mollesse générale, qui est ici élégance, sera perçue comme un défaut dans ses portraits d'hommes. Elle devint membre de l'Académie florentine.

À Rome, l'année suivante, elle fit la connaissance de Winckelmann, dont elle exécuta le Portrait (Zurich, Kunsthaus), de Benjamin West, dont elle fit également le Portrait (1763, Londres, N. P. G.), et de lady Wentworth, qu'elle suivit en 1766 à Londres, où elle épousera en 1781 le peintre italien Antonio Zucchi et où elle passera quinze années, devenant l'amie d'artistes tels que Reynolds ou Gavin Hamilton et jouissant dans les Salons d'un succès prodigieux auprès des amateurs.

Membre, en 1768, de la Royal Academy, elle en décora la Lecture Room en 1779-80 (l'Invention, la Composition la Peinture et le Dessin ; esquisses à Londres, V. A. M.). Elle entretient une correspondance suivie avec S. Gessner et Klopstock, dont elle illustra la Messiade. Elle commença à graver vers 1772. En 1781, elle quitta Londres, gagna Venise, où le grand-duc Paul de Russie acheta Léonard de Vinci expirant dans les bras de François Ier, ce qui assura la célébrité immédiate de l'artiste.

À Naples, la reine Caroline essaya en vain de la garder à sa cour et lui commanda un portrait de famille. Elle s'installa définitivement à Rome, où son atelier devint l'un des pôles d'attraction de la ville et où elle exécuta de nombreux portraits : le Docteur Auguste Tissot (1783, musée de Lausanne), la Baronne de Krüdener et son fils (1786, Louvre), l'Architecte Michael Novosielski (1791, Édimbourg, N. G.), Cornelia Knight (1793, Manchester, City Art Gal.). Comme Mme Vigée-Lebrun alors exilée à l'étranger, elle devint une portraitiste prisée de toutes les cours européennes ; c'est ainsi qu'elle peignit les portraits de Paul Ier, de Joseph II, de Louis de Bavière, de Sophie de Suède et de Christian VII de Danemark.

Liée avec Herder, Tischbein, Philip Hackert et Goethe, dont elle fit le Portrait (Weimar, Goethe Nationalmuseum), elle exécuta à Rome, outre ses nombreux portraits, quelques peintures d'histoire : la Musique et la peinture (1782, Hampstead, Kenwood House), Praxitèle donnant à Phriné la statue de Cupidon (1794, Rhode Island School of Design), qui sont un exemple du Classicisme pathétique et sentimental du xviiie s. ; en 1802, elle peignit un Couronnement de la Vierge pour l'église de Schwarzenberg ; elle devait mourir de phtisie sept ans plus tard. Son héritage alla au Vorarlberger Landesmuseum de Bregenz (Autriche), et un grand nombre de musées européens et de coll. part. possèdent de ses œuvres. Remise à l'honneur grâce aux expositions de Bregenz et de Vienne en 1968-69, Angelica Kauffmann apparaît comme une artiste internationale ; son style, tributaire du portrait anglais, élégant et mondain, introduisit cette influence dans le milieu romain de la fin du xviiie s. Sa peinture d'histoire, à la facture lisse, avec ses personnages gracieux proches de ceux de Lagrenée, est typique du Néo-Classicisme international.

Elle exposa jusqu'en 1797, fut membre de l'Académie de Saint-Luc à Rome, de l'Académie Saint-Clément à Bologne, des Académies de Florence et de Venise.