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Matthäus Günther

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre allemand (Hohenpeissenberg 1705  – Haid, Bavière, 1788).

Son renom et sa grande activité de fresquiste l'amenèrent à exécuter des commandes en Souabe, en Franconie, en Bavière et au Tyrol. Après être passé par l'atelier de C. D. Asam (de 1723 env. à 1728), il s'établit en 1731 à Augsbourg, où il devint directeur de l'Académie catholique des beaux-arts (1762-1784). Il peignit quelques tableaux d'autel et fit 13 gravures, mais l'essentiel de son œuvre consista en décorations d'églises et de palais, pour lesquels il travailla en étroite collaboration avec les stucateurs, qui donnèrent libre cours à leur verve décorative tout autour de ses peintures. Dans ses premiers plafonds, dans les églises de Welden (La Vierge intercède en faveur de la chrétienté ; l'Immaculée Conception, 1732) et de Sterzing (Sainte Élisabeth faisant l'aumône, 1733), les compositions sont chargées et des figures de grande taille évoluent devant des architectures lourdes et compactes, issues de l'enseignement d'Asam et de la connaissance des traités de Pozzo. Günther poursuit ensuite son évolution vers le Rococo : les plafonds de l'église de Neustift (Vénération de la Vierge par les continents ; Pentecôte ; Cène ; les Pères de l'Église ; Saints, 1743) sont conçus dans le même esprit que ceux d'Asam, avec la monumentalité et l'intensité en moins, mais le traitement de la lumière amène Günther à réaliser des contrastes plus vivants. À l'église d'Amorbach (Saint Benoît, 1745-1747), le coloris devient plus clair et plus froid et les figures sont disposées sur le pourtour du cadre avec une convergence contraignante de toutes les lignes vers le centre. Vers le milieu du siècle (à Wilten : Judith, Esther et Symboles de l'Ancien Testament ; la Vierge intercédant, 1754 ; à Rott am Inn, église des Bénédictins : Apothéose de l'ordre bénédictin, Mort et glorification de saint Arianus et de saint Marin, 1763), les figures, souples, légères et élégantes, sont dues à un dessin sûr et rapide, tandis que l'illusionnisme et les architectures feintes sont utilisés avec retenue. Dans l'Histoire d'Énée, conservée à la Staatsgalerie d'Augsbourg, réplique du plafond de la galerie sud du château de Stuttgart (exécuté en 1654, détruit en 1944), Günther démontre sa rapidité d'exécution et sa virtuosité dans la répartition des couleurs, dans un style rococo très mesuré. Le goût classique ne l'atteint pratiquement pas, si ce n'est dans une légère simplification des compositions (Gallwiese, chapelle du château de Mentelberg : Crucifixion, 1770). Son principal rival à Augsbourg fut Johann Evangelist Holzer.