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Aert de Gelder ou Arent de Gelder

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Dordrecht 1645  – id.  1727).

Il passa d'abord v. 1660 dans l'atelier de Hoogstraten, qui semble ne l'avoir aucunement marqué, et compta parmi les derniers élèves de Rembrandt à Amsterdam vers 1661-1663. Il fut l'un de ceux qui surent le mieux saisir l'esprit et la technique des dernières années du maître, qu'il maintint en plein xviiie s. contre la réaction de la peinture fine, léchée et aristocratique, de la seconde moitié du Siècle d'or. Revenu par la suite à Dordrecht, Gelder fit la connaissance d'Houbraken, qui lui doit sans doute maintes précisions sur Rembrandt. Son œuvre se répartit essentiellement en tableaux religieux et en portraits, mais partout s'y affirme la même technique large et riche imitée de Rembrandt — coloris chaud à base de rouges et d'ors cuivrés, facture libre, empâtement des lumières —, technique pourtant propre à Gelder par ses irisations colorées de roses et de mauves pâles, son clair-obscur tout en délicatesse et une sorte de légèreté frémissante et de tendresse sentimentale qui annonce bien le xviiie s. et que l'on retrouvera chez un Fragonard : le peintre apparaît ici très en avance sur son temps.

Dès 1671, Gelder est en pleine possession de sa manière, comme le montre son grand Ecce Homo de Dresde (Gg), inspiré d'une fameuse gravure de Rembrandt (1655). De l'année 1685 datent nombre de tableaux de Gelder, dont quelques chefs-d'œuvre, comme l'Autoportrait de Francfort (Städel. Inst.), Esther et Mardochée du musée de Budapest, Esther (Munich, Alte Pin.), l'évocation presque romantique, dans son mystère inquiet, d'Ernst Van Beveren (Rijksmuseum), en somptueux habit brodé d'or comme Rembrandt aimait en déguiser ses modèles ou lui-même.

L'une des plus belles parties de son œuvre est formée par l'émouvante série de la Passion en 22 tableaux, dont 20 étaient achevés en 1715 selon Arnold Houbraken, et que le peintre garda chez lui jusqu'à sa mort (10 auj. à Munich, Alte Pin., et 2 au Rijksmuseum). À partir de cette date, Aert Gelder s'arrêta pratiquement de peindre, hormis l'imposant Portrait de famille du Dr Boerhave (1722, Rijksmuseum). Aux xviiie et xixe s., les tableaux de Gelder ont souvent été pris pour des Rembrandt, tel le fameux " Rembrandt du Pecq ", l'Abraham et les trois anges de Rotterdam (B. V. B. ; provenant d'une coll. part. de la banlieue parisienne), qui fit l'objet de toute une polémique v. 1890. Mais rien ne saurait mieux témoigner en faveur d'un artiste dont les tableaux paraissaient trop beaux pour être d'un autre que Rembrandt.