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François Dufrêne

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Paris 1930– Paris 1982).

Tout l'œuvre de Dufrêne a été réalisé sous le signe de l'obsession du langage, de la lettre, du mot et de sa transcription plastique : de 1946 à 1953, Dufrêne est membre du mouvement lettriste, d'abord proche d'Isidore Isou, puis de Wolman et de Debord dans l'Internationale lettriste. En 1953, il donne des " crirythmes ultralettristes ", sortes d'improvisations enregistrées, sons automatiques nés de la gorge et du souffle. Mais ce sont les premiers dessous d'affiches (la Golonne fantôme), réalisés en 1957, après la rencontre avec Hains et Villeglé en 1954, qui constituent le principal apport plastique de Dufrêne : ils sont présentés au public pour la première fois lors de la première Biennale de Paris, en 1959. Abandonnant à Hains et Villeglé l'endroit des affiches, Dufrêne exploite les possibilités formelles des envers, où, par la technique du grattage, l'artiste laisse apparaître certaines lettres (Encore, 1965), des images fantomatiques presque effacées parmi les lambeaux de papiers collés (le Pop ? Tintin ?, 1961, la Demi-Sœur de l'inconnue, 1961) ou ne laisse subsister la moindre parcelle d'écrits ou d'images déchiffrables (le Décor de l'envers, 1960). En 1960, il signe la déclaration constitutive du groupe des Nouveaux Réalistes et participe aux activités collectives de celui-ci. Ses dessins d'affiches sont présentés dans des expositions personnelles : les Archi-Made, 1963, ou le Monumental, 1964, gal. J., série de panneaux formant l'image de ce mot découpé dans des dessous d'affiches. Parallèlement, il participe à des happenings (Meredith's blues dans la Catastrophe, happening de Jean-Jacques Lebel, Paris, 1962) ainsi qu'à la manifestation Fluxus festum fluxorum, Paris, 1962. Après avoir organisé en 1960 le premier panorama de poésie phonétique à la gal. des Quatre Saisons, il continue à produire de nombreuses poésies sonores, dont il avait donné, dès 1958, un exemple avec Tombeau de Pierre Larousse : en 1964, les Comptines ; en 1972, le Poème des mots carrés, réalisé au Centre Georges-Pompidou en 1977, expérimentation d'un système de progression arbitraire de syllabes dont une transcription visuelle est présentée gal. Raph en 1977. En 1973, il expose des stencils et des dessous de stencils (gal. Weiller, Paris) et il crée ses premières bibliothèques en ouate de cellulose. De 1979 à 1982, il participe à Polyphonie à l'American Center de Paris et en 1980, aux rencontres internationales de poésie sonore au Centre Georges-Pompidou. Une première anthologie de textes sonores est enregistrée en 1981 (Crirythme exprès). Les musées des Sables-d'Olonne, de Nemours et de Villeneuve-d'Ascq lui ont consacré une rétrospective en 1988. Son œuvre est représenté aux musées de Nice et de Toulon.