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Giovan Francesco Caroto

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Vérone v.  1480  – ? 1555).

Frère de Giovanni et élève de Liberale da Verona, il se montra fort tôt ouvert à de multiples influences. C'est surtout l'art de Costa qui se reflète dans ses œuvres de jeunesse, en particulier celles qu'il exécuta à Mantoue (l'Archange saint Michel et saints, église S. Maria della Carità ; Saint Paul entre saint Sébastien et saint Jacques, au Palais ducal de Mantoue ; le Christ avec la croix entre deux saints, église de Redondesco). Veuf en 1507, il quitta Vérone pour Milan, travaillant pour A.-M. Visconti, puis pour le marquis Guglielmo di Monferrato à Casale, où il séjourna de façon intermittente jusqu'en 1518 ; mais il conserva des liens avec la Lombardie bien après cette date. L'Annonciation (1508, Vérone, oratoire de S. Gerolamo), premier témoignage de ces rapports nouveaux, montre des affinités avec Foppa et ses architectures dérivées de Bramante, un goût pour les ombres et des verts clairs très proches de ceux de Luini. Vers 1515 – 1520, il adhéra toujours davantage à ce milieu (Déposition du Christ, 1515, Turin, ancienne coll. Fontana ; Triptyque de S. Giorgio in Braida, v. 1515, Vérone ; fresques de l'église véronaise de S. Eufemia : Histoires de Tobie et de l'archange Raphaël). Vers 1527 – 1530, sous l'influence de Raphaël, l'art de Caroto subit une profonde transformation, perdant de son intensité lyrique, tombant dans l'éclectisme (sauf dans les fresques véronaises de S. Maria in Organo) à partir des fresques Spolverini à S. Eufemia (ainsi dans les petits tableaux de l'Accad. Carrara de Bergame : Nativité de la Vierge et Massacre des Innocents, 1527, où Caroto se révèle assez proche de Mazzolino) mais capable d'une vraie originalité expressive (Portrait d'un enfant montrant un dessin, Vérone, Castelvecchio). Cependant, à partir de 1530, on le voit se rapprocher toujours plus de Giulio Romano, dont il devait connaître les fresques de Mantoue (Sainte Famille, 1531, Vérone, Castelvecchio ; Archange et Lucifer, id.). Parfois, dans ses Madones à l'Enfant (musée de Pavie : Augusta, Géorgie, Gertrude Herbert Inst.), Giovan Francesco Caroto n'est pas très loin de Dosso. Ouvert aux influences, heureux surtout dans sa rencontre avec l'esthétique lombarde, il est un exemple caractéristique de ces peintres provinciaux du début du xvie s. qui essayèrent d'adapter le nouveau langage classique à leur tradition locale.

Son frère Giovanni (Vérone v. 1488 – † entre 1563 et 1566) , peintre dilettante, s'adonna également à des études archéologiques, dessinant les antiquités de Vérone pour un traité de Torello Saraina (Des antiquités de Vérone, rééd. de 1560 avec les adjonctions de G. Caroto). Son art dépend moins de celui de son frère que de celui de Francesco Morone et de Girolamo dei Libri, comme le montre la Vierge à l'Enfant entre saint Pierre et saint Paul (1516, Vérone, S. Paolo di Campo Marzo). Son chef-d'œuvre est le tableau d'autel de S. Giovanni in Fonte à Vérone : la Vierge à l'Enfant entre saint Martin et saint Étienne avec un donateur, caractérisé par l'implantation de la scène dans un paysage traditionnel au citronnier et surtout par les jeux de la lumière argentée sur les étoffes brillantes et comme froissées, que l'on retrouve dans l'Annonciation (Vérone, S. Giorgio in Braida). De sa production, assez peu abondante, on peut citer les 2 Adorants de Vérone (Castelvecchio), la Vierge apparaissant à saint Laurent et à saint Jérôme (id.), la Vierge apparaissant à saint Pierre et à saint Paul (Vérone, S. Stefano).