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Carlo Innocenzo Carlone ou Carlo Innocenzo Carloni

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Scaria, Val d'Intelvi, près de Côme, 1686  – id. 1775).

Issu de la branche des Carloni de Scaria, architectes et stucateurs travaillant depuis des générations dans les pays germaniques, il se forma à Venise auprès de son concitoyen Giulio Quaglio, s'initia à ses côtés, sur le chantier de Ljubljana (1703-1706, cathédrale), à la décoration illusionniste dans la lignée d'A. Pozzo, puis il se rendit à Rome, auprès de Trevisani (1706-1710). Longtemps classé dans l'école de Tiepolo, il se rattache davantage au courant décoratif romain, évoluant du Baroque au Rococo par un allègement des compositions et une grande dextérité dans l'alliance du stuc et de la fresque. Attiré par l'existence de chantiers d'une ampleur inconnues en Italie, répondant à l'appel de princes désireux d'affirmer leur autorité par leur magnificence, il passa les meilleures années de sa carrière en Autriche (de 1710 à 1725), en Allemagne (de 1727 à 1737), mais retourna finalement en Lombardie (de 1737 à 1775) en raison de la naissance d'un école picturale germanique et d'un changement de goût dans la seconde moitié du siècle.

Célèbre à Vienne par sa décoration du Belvédère (Belvédère inférieur, 1716 ; Belvédère supérieur, 1721-1723) et du palais Daun (1715-16), il s'affirme comme le peintre préféré de la monarchie, maître en allégories apologétiques, appelé successivement à travailler à Linz (Landhauss, 1717), à Paura près de Lambeach (chapelle de la Trinité, 1721), à Ludwigsburg dans le Wurtemberg (chapelle, 1720), à Breslavia (cathédrale, 1721), puis en une seconde période à Gross-Siegharts près de Vienne (cathédrale, 1727), à Schlosshof (Marchfeld) et au palais Gallas à Prague (1727-1729), travail avec lequel s'achève l'activité de Carloni au service de la monarchie autrichienne. Il se mit alors au service des princes de l'Allemagne du Sud, à Ludwisburg (1733, fresques du plafond de la galerie des Ancêtres), à Ansbach et à Stuttgart.

Excepté la décoration du château d'Augustusburg à Brühl (1750-1752), il ne travailla plus, à partir de 1737, qu'en Italie à Scaria, sa ville natale (église S. Maria), à Lodi (Extase de saint Philippe, v. 1750-1752, S. Filippo), mais surtout dans la région de Brescia (villa Lecchi à Montirone, 1745-46 ; villa Moroni de Stezzano ; villa " Il Gromo " à Mapello ; palais Gaifani et S. Maria degli Angeli à Brescia ; églises nouvellement construites d'Orzivecchi et de Castrezzato) et enfin au dôme d'Asti (1773). C'est durant cette dernière période qu'il se rapproche le plus de la peinture vénitienne, surtout de celle de Pittoni, à qui il emprunte la composition de ses " pale ". Vite oublié en Allemagne comme en Italie, il ne laissa que quelques disciples à Brescia (Scalvini, Savanni, Cattaneo) et en Allemagne du Sud (Troger). Avec lui s'éteint l'âge d'or des artistes de la Val d'Intelvi.