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Pedro Campaña ou Peter de Kempener

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre flamand (Bruxelles 1503  – id. 1580).

Attiré par la prospérité de Séville, il vint s'y établir, avant 1537, après avoir étudié en Italie les sciences et les arts et participé en 1530 à la décoration de l'arc de triomphe élevé à Bologne lors du couronnement de Charles Quint. Son principal mérite, selon ses contemporains, est d'avoir introduit en Espagne le style de Raphaël, mais l'observation directe de la nature tempère l'imitation des modèles classiques, dont il ne s'inspire jamais servilement. Son tempérament dramatique s'exprime dans ses premières œuvres importantes peintes sur bois comme l'est toute sa production : Crucifixion (Louvre), Flagellation (musée de Varsovie), Saint Antoine et saint Paul ermite (Séville, S. Isidoro), Christ à la colonne (Séville, S. Catalina). La Crucifixion du Louvre, en particulier, par le groupement dense des figures aux visages tourmentés, offre des affinités avec certaines œuvres siciliennes de Polidoro da Caravaggio, qui permettent de conclure à une probable collaboration entre les 2 artistes à Messine, avant que Campaña ne parte pour l'Espagne. Dans la Descente de Croix (av. 1547, musée de Montpellier), Campaña développe la scène sur un paysage violemment éclairé d'où se détachent, au premier plan, les silhouettes sombres des personnages. Une lumière oblique vient frapper les visages dans un effet saisissant de clair-obscur. L'artiste s'engagea, en 1547, à reprendre le même thème pour l'église Santa Cruz (auj. à la cath. de Séville) en promettant d'exécuter une œuvre supérieure à la précédente, alors conservée dans le couvent sévillan de S. Maria de Gracia. Campaña tint parole et intensifia l'aspect dramatique de la scène, grâce à la suppression de certains personnages et à une composition plus rigoureuse s'ordonnant autour du corps du Christ ; les réminiscences italiennes se sont estompées, et le tempérament flamand a inspiré l'expression pathétique des visages. Le retable de la Purification (cathédrale de Séville) est surtout redevable aux grandes compositions peintes par Raphaël pour le Vatican ; certains détails réalistes animent les tableaux d'un accent particulier et les portraits des donateurs échappent à toute convention.

Les dernières peintures de Campaña à Séville furent exécutées pour un retable de l'église S. Ana de Triana. Un élan lyrique anime chaque scène, grâce aux effets de lumière, qui concentrent l'attention sur l'expression des visages. Certains épisodes ont été traités par des disciples ; mais le style propre de Campaña atteint à sa plénitude dans le Départ de Joachim, la Rencontre à la porte Dorée et la Nativité du Christ.

D'étonnants effets de perspective et de clair-obscur, l'apparition de la réalité quotidienne dans l'histoire sacrée ouvrent la voie aux peintres sévillans du Siècle d'or. Campaña exécuta aussi un retable pour la chapelle Saint-Nicolas de la cathédrale de Cordoue. En 1563, il avait regagné Bruxelles, où il succéda à M. Coxcie comme peintre de cartons pour la manufacture de tapisseries (tapisserie de l'Histoire de saint Paul, coll. part ; ensemble de la Chiesa Madre, Marsala). Dans une série d'œuvres de petits formats, aux compositions plus dépouillées et traitées presque en grisaille, il reprend le thème de la Descente de Croix (musée de Prague, New York, coll. part., coll. Despujol) auquel s'apparente un triptyque (Barcelone, coll. part.).