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Bonifacio de' Pitati

dit Bonifacio Veronese

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Vérone 1487  – Venise 1553).

Des documents prouvent sa présence à Venise en 1528. Déjà, dans ses premières œuvres, où se révèlent les influences de Savoldo et de Lotto, Saintes Conversations du Louvre, de l'Ermitage et de l'Ambrosienne de Milan, il apparaît parfaitement intégré dans la culture vénitienne, dont il adopte le chromatisme tonal et la souple organisation des masses colorées. Bien que probablement élève de Palma Vecchio, il semble avoir été plutôt influencé par les couleurs sensuelles et fluides de Titien. La narration, nullement dramatique mais soucieuse d'élégance et d'effets éclatants de couleurs (carmins, outremer, blancs brillants), devient romanesque dans les peintures exécutées à partir de 1530 pour le palais des Camerlenghi au Rialto, auxquelles participeront, outre Bonifacio, nombre de ses élèves, parmi lesquels on comptera Jacopo Bassano et Tintoret. Le style de sa maturité emprunte à la fois à Raphaël et à Pordenone. Son sens robuste de la couleur se manifeste dans le Jugement de Salomon, le Massacre des Innocents, la Madone des Tailleurs (1533, seul tableau signé et daté), tous trois à l'Accademia, Venise, le dernier, tableau d'autel typiquement vénitien à la symétrie bellinienne. Bonifacio est aussi l'auteur d'innombrables scènes mythologiques, allégoriques, historiques peintes sur les cassoni avec une précision de miniaturiste. Le maniérisme apparaît dans ses dernières œuvres avec l'élongation des silhouettes. Par la suite, le langage de Bonifacio, bien que plus complexe, ne changera pas, mais il donnera naissance à des images toujours plus fastueuses et idylliques dans lesquelles les événements dramatiques, comme la Découverte de Moïse (Milan, Brera), le Retour du fils prodigue (Rome, Gal. Borghèse) ou la Parabole du mauvais riche (Venise, Accademia), Loth et ses filles (Norfolk, Virgina, USA) sont mis en scène avec une affectueuse intimité.