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Turkménistan

Carton de situation - Turkménistan
Drapeau du Turkménistan
Drapeau du Turkménistan

État d'Asie centrale, le Turkménistan est bordé par la mer Caspienne à l'ouest et limité par le Kazakhstan et l'Ouzbékistan au nord et au nord-est, par l'Afghanistan au sud-est et par l'Iran au sud.

  • Superficie : 488 000 km2
  • Nombre d'habitants : 5 240 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Turkmènes
  • Capitale : Achgabat
  • Langue : turkmène
  • Monnaie : manat
  • Chef de l'État : Gourbangouly Berdymoukhammedov
  • Chef du gouvernement : Gourbangouly Berdymoukhammedov
  • Nature de l'État : république
  • Constitution :
    • Adoption : 28 septembre 2008
Pour en savoir plus : institutions du Turkménistan

GÉOGRAPHIE

Le Turkménistan s'étend entre la Caspienne et l'Amou-Daria, au pied de la chaîne du Kopet-Dag. Près de 90 % du territoire appartiennent aux déserts et semi-déserts de la dépression aralo-caspienne (Karakoum ou « sables noirs »).

Peuplé à près de 75 % de Turkmènes de souche (minorités de Russes et d'Ouzbeks), il juxtapose élevage ovin et cultures irriguées (coton principalement). Le pétrole et le gaz naturel (réserves importantes) sont en majeure partie exportés.

En dépit de ses nombreuses richesses énergétiques, le Turkménistan, qui était l'une des républiques les plus pauvres de l'ex-U.R.S.S., connaît une transition difficile. Sa population, relativement homogène (les trois quarts des habitants étaient d'ethnie turkmène en 1995), a une espérance de vie relativement basse (67 ans) et une mortalité infantile élevée. Elle se concentre le long du grand axe de circulation S.-E./N.-O. (chemin de fer transcaspien) et sur les rives du fleuve Amou-Daria. L'agriculture, qui employait plus de 40 % de la population active en 1995, a connu un grand essor, grâce à la construction du canal du désert de Karakoum en 1954, l'un des plus longs du monde (815 km), depuis l'Amou-Daria, au sud-est, jusqu'à Kizyl-Arvat (le projet de jonction jusqu'à la mer Caspienne ayant été abandonné). Celui-ci permet au pays de figurer parmi les dix premiers producteurs mondiaux de coton, irriguant de nombreuses oasis (Mary, Tedjen), qui produisent également des fruits, des légumes et des céréales. La voie d'eau longe l'échine du Kopet-Dag, qui fait culminer le Turkménistan à 2 942 m d'altitude, à proximité de la capitale, Achgabat. Celle-ci fut créée par les Russes. Outre la production agricole, elle possède quelques industries, principalement dans les secteurs de l'équipement, de l'agroalimentaire, du textile et du cuir. L'autre grande région agricole suit le cours de l'Amou-Daria, le long de la frontière avec l'Ouzbékistan. Tchardjoou, deuxième ville du pays, est un nœud de communication et d'échanges, mais aussi un centre agricole et d'industries légères. Au nord, la région irriguée de Tachaouz, qui permet la production de coton, de riz, de fruits et de légumes, ainsi que l'élevage de moutons, est davantage tournée vers le voisin ouzbek que vers les lointaines oasis méridionales.

Les réserves énergétiques du Turkménistan en ont longtemps fait un grand producteur de pétrole et, surtout, de gaz naturel. Cependant, le manque de débouchés, les clients insolvables et le passage de l'oléoduc par la Russie gênent considérablement ses potentialités de développement. Le pétrole, extrait dans l'ouest du pays (Nebit-Dag, Tcheleken), est valorisé dans le port de Turkmenbachy (ancienne Krasnovodsk), sur la mer Caspienne. Le pays possède les quatrièmes réserves de gaz du monde. Les gisements se regroupent dans le « delta » du Mourgab (Baïram-Ali, Chatlyk).

La population turkmène, autrefois nomade, mais toujours fortement tribalisée, est musulmane. Toutefois, les pratiques chamanistes, associées au soufisme, la rendent peu perméable aux fondamentalismes voisins (iranien et afghan). Comme toutes les populations des « Républiques musulmanes » de l'ex-U.R.S.S., celle-ci connaît une forte croissance démographique, de l'ordre de 1,9 % par an, ce qui explique sa jeunesse (29 % des habitants sont âgés de moins de 15 ans). La langue turkmène est très vivace. Les minorités russe (7 %) et ouzbek (9 %) n'entravent donc pas l'unité du pays ; cependant, la population urbaine (45 %) est beaucoup plus « slavisée ».

HISTOIRE

1. La période précoloniale

Dès le iiie siècle avant notre ère, le territoire de l'actuel Turkménistan abrite Nisa, la capitale du royaume des Parthes arsacides. À partir du ve s.siècle, des tribus nomades turcophones originaires de haute Asie s'installent dans la région. Mais il faudra attendre le xie siècle pour que les Seldjoukides, dynastie turkmène issue des tribus oghouz, prennent le contrôle de cette région méridionale de l'Asie centrale. Les steppes turkmènes sont ensuite intégrées au khanat mongol de Gengis Khan puis de son fils Djaghataï (xiiie-xive siècles), au grand émirat de Tamerlan (xive-xve siècles), puis au khanat de Khiva (xvie-xixe siècles).

2. La période coloniale et soviétique

La colonisation russe progresse rapidement dans les steppes turkmènes avec l'imposition d'un protectorat au khanat de Khiva (1873). Mais l'armée tsariste se heurte à une résistance acharnée des tribus turkmènes, qui seront les derniers sujets intégrés à l'empire. L'instauration du régime soviétique à la suite de la révolution russe de 1917 rencontre à nouveau l'opposition des Turkmènes, dont une partie préfère rejoindre l'Afghanistan ou l'Iran plutôt que de se soumettre à la politique de sédentarisation et de collectivisation des terres et du cheptel. Dans la nouvelle classification des peuples, les Turkmènes sont promus au rang de nationalité constitutive de l'URSS et reçoivent en 1924 un territoire national, la République socialiste soviétique (RSS) du Turkménistan, avec Achkhabad pour capitale. Islamisés tardivement, les Turkmènes garderont leur structure tribale malgré les bouleversements sociaux imposés par le régime communiste. Dans les steppes désertiques du Turkménistan, la période soviétique est surtout caractérisée par l'intensification de l'agriculture irriguée. La construction du canal du désert de Karakoum, lancée en 1954, permet de dévier près de 20 % du débit de l'Amou-Daria et d'irriguer des cultures de coton. L'exploitation des hydrocarbures reste à cette époque limitée. La période de la perestroïka permet la fondation, en 1989, d'un mouvement politique démocratique mené par des intellectuels locaux, Agzybirlik (« Unité »). Mais Saparmourad Ataïevitch Niazov, nommé en 1985 premier secrétaire du parti communiste turkmène, l'interdit dès février 1990, et se fait élire président en août de la même année.

3. Le Turkménistan indépendant

Le Turkménistan accède à l'indépendance en octobre 1991 et adopte une nouvelle Constitution en mai 1992. Les élections présidentielles de juin reconduisent S. Niazov, candidat unique, avec 99,5 % des voix.

3.1. Un régime autocratique très opaque

Le dirigeant instaure dès lors un régime despotique marqué par le culte de sa personnalité. Niazov s'autoproclame Turkmenbachi (« Père des Turkmènes ») et président à vie en 1999. Il publie le Ruhnama (« Livre de l'âme ») dont la connaissance est exigée pour l'entrée à l'université, l'accès au fonctionnariat et dont le contenu est diffusé dans les mosquées en parallèle au Coran. En novembre 2002, une mystérieuse tentative d'attentat permet au président de mener une vague de répression et d'asseoir plus encore son régime totalitaire, où prospèrent clientélisme et corruption.

Le décès inattendu du président à vie en décembre 2006 ouvre l'espoir d'un changement politique. Son remplacement par le vice-Premier ministre Gourbangouly Berdymoukhammedov, élu président le 11 février 2007 avec 89 % des voix, semble promettre quelques avancées (réforme de la Constitution pour introduire le multipartisme, suppression du Ruhnama) qui restent loin toutefois des standards démocratiques, l’absence de séparation des pouvoirs n’étant pas remise en cause. Les promesses du président, réélu en février 2012 avec plus de 97 % des suffrages, sont largement oubliées. Aucun des candidats aux premières élections législatives « pluralistes » de décembre 2013, avalisées par la CEI et observées pour la première fois par l’OSCE, ne se démarque des positions officielles, tandis que le parti présidentiel remporte 47 des 125 sièges de l’Assemblée. L'élection de 14 députés du parti des Industriels et Entrepreneurs – dont la création a été encouragée par le chef de l’État et qui est réputé proche du pouvoir – et de représentants de la « société civile » – dont 33 sièges pour les syndicats et 16 pour l’Union des femmes, donnent à cette ouverture un caractère très formel voire de pure mascarade.

3.2. Une politique extérieure fondée sur la neutralité…

En termes de politique étrangère, le Turkménistan a très tôt fait le choix de la neutralité permanente (adoptée par les Nations unies en décembre 1995). Après avoir signé le traité instituant la Communauté des États indépendants (CEI) en 1991, il décide ne n’être plus que membre associé en 2005. Il ne rompt toutefois pas avec cette organisation mais privilégie les relations bilatérales et ne participe à aucune initiative régionale d’intégration renforcée telles que l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS, 2001), la Communauté eurasiatique (Eurasec ou CEEA, 2001), l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC, 2003), ou encore la zone de libre-échange de la CEI (2011).

3.3. … et dictée par les intérêts gaziers

Cette politique est largement dictée par les intérêts économiques du pays, nouvel acteur dans la « guerre des pipelines ». Recelant les quatrièmes réserves mondiales de gaz naturel, le Turkménistan accélère les prospections et rejoint le peloton des dix principaux exportateurs mondiaux de gaz. Son développement reste cependant compromis par l'insuffisance des investissements et l'enclavement du pays entre un Iran alors banni de la communauté internationale et une Russie ayant le monopole des routes d'évacuation des hydrocarbures.

Le Turkménistan cherche ainsi, non sans certaines tensions, à se dégager de l’emprise de la Russie qui reste cependant un partenaire incontournable, en diversifiant ses relations commerciales et les voies d’acheminement de son gaz.

Il resserre ses liens avec la Turquie, l’Iran et surtout la Chine, avec laquelle les échanges deviennent prépondérants. Plusieurs accords sont ainsi signés à partir de 2006 : de la construction d’un premier pipeline de 7 000 km (inauguré en 2010) au financement chinois du gisement de gaz naturel Galkynych, le deuxième au monde, décidé en septembre 2013. En direction de l’Asie du Sud, le projet de gazoduc TAPI (reliant sur 1 7000 kilomètres les champs gaziers du Turkménistan à l’Inde, via l’Afghanistan et le Pakistan) voit aussi le jour en décembre.

Courtisé par les pays occidentaux, il négocie enfin pour assurer l’acheminement de son gaz vers l’Union européenne via la Turquie. Mais le différend sur le statut juridique de la mer Caspienne et l’absence d’accord entre tous les États riverains, une condition exigée notamment par la Russie et l’Iran, sont à l'origine du blocage du projet de gazoduc transcaspien entre le Turkménistan et l’Azerbaïdjan dont les intérêts concurrentiels et les litiges sur la délimitation de leurs zones d’extraction respectives restent en outre pendants. Souhaité par l’Europe qui voudrait toujours assurer la sécurité de son approvisionnement par le corridor gazier sud-européen, le projet est relancé fin 2013 mais reste en suspens.