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Trinité-et-Tobago

en anglais Trinidad and Tobago

Nom officiel : République de Trinité-et-Tobago

Carton de situation - Trinité-et-Tobago
Drapeau de Trinité-et-Tobago
Drapeau de Trinité-et-Tobago

État insulaire le plus méridional des Petites Antilles, Trinité-et-Tobago est située à proximité du Venezuela (Trinité est séparée de la côte vénézuélienne par la bouche du Dragon et le golfe de Paria).
Trinité-et-Tobago est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 5 128 km2
  • Nombre d'habitants : 1 341 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Trinidadiens
  • Capitale : Port of Spain
  • Langue : anglais
  • Monnaie : dollar de Trinité-et-Tobago
  • Chef de l'État : Anthony Thomas Aquinas Carmona
  • Chef du gouvernement : Keith Rowley
  • Nature de l'État : république à régime parlementaire
  • Constitution :
    • Adoption : 1er août 1976
Pour en savoir plus : institutions de la Trinité-et-Tobago

GÉOGRAPHIE

1. Le milieu naturel

L'État est composé de deux îles : la Trinité (4 827 km2, 96 % de la population totale et une proportion encore plus élevée de la richesse nationale) et Tobago, située à 35 km au nord-est de sa grande voisine avec des ressources très limitées, mais un potentiel touristique bien exploité.

Au plan géologique, la Trinité n'est que le prolongement du Venezuela proche ; elle émerge de son vaste plateau continental et n'en est séparée que par des bras de mer peu profonds (golfe de Paria et bouches du Serpent). Sauf au nord, où elle est constituée par une chaîne montagneuse (Northern Range) schisteuse et accidentée, quoique peu élevée (900 m d'altitude moyenne), elle a un relief de plaines alluviales, de bassins sédimentaires et de collines gréseuses et calcaires disposés en bandes orientées de l'ouest à l'est et alternées du nord au sud. Elle dispose de bons sols agricoles et surtout de gisements d'hydrocarbures dans les terrains tertiaires du sud et sur le plateau continental. Tobago, formé d'un complexe de roches intrusives et métamorphiques tertiaires, a un relief de hautes collines culminant à 572 m, à l'exception du sud-ouest, où s'étend une petite plaine sur des calcaires coralliens soulevés. Les deux îles ont un climat tropical pluvieux (souvent plus de 1,50 m d'eau par an) ; la saison sèche, de janvier à mai, n'y est marquée qu'à l'ouest ; les cyclones y sont rares. Il reste de vastes étendues de la forêt dense qui les recouvrait autrefois.

2. La complexité ethnique

Il ne reste, aujourd'hui, aucun élément de l'ancienne population amérindienne. Les Arawaks de l'île de la Trinité et les Caribs de l'île de Tobago ont été décimés par la colonisation européenne. De la période coloniale, le pays a hérité une population pluriethnique. Ainsi, 40 % des habitants sont des descendants d'esclaves africains. Après l'abolition de l'esclavage en 1834, le pouvoir colonial britannique a eu massivement recours à une main-d'œuvre sous contrat d'origine asiatique. Les Indiens arrivèrent alors par milliers jusqu'en 1917 et représentent, aujourd'hui, 41 % de la population totale. Les autres Trinidadiens sont d'origine chinoise, européenne et sud-américaine. Les villes de Port of Spain et de San Fernando constituent les principaux centres de peuplement des îles. Le christianisme est la principale religion, mais l'hindouisme ainsi que l'islam sont largement répandus. La croissance démographique est tempérée par une forte émigration en direction du Royaume-Uni, des États-Unis et du Canada.

3. Les caractéristiques économiques

La domination de l'industrie sucrière pendant la période coloniale n'est plus qu'un lointain souvenir. Le pétrole, exploité depuis la fin du xixe s. et devenu, de nos jours, le principal moteur de l'économie, a permis l'extraordinaire expansion du pays. Mais la chute des cours mondiaux dans les années 1980 a révélé la fragilité d'une économie trop dépendante de la production des hydrocarbures. L'archipel s'est donc engagé dans la voie de la diversification, notamment par le tourisme, afin d'échapper à sa trop grande sensibilité aux fluctuations internationales. Trinité-et-Tobago possède l'une des économies les plus dynamiques de la région des Antilles. Le pays a bénéficié d'une croissance soutenue depuis les début des années 2000, temporairement affaibli par la crise en 2009.

Trinité-et-Tobago possède une solide base industrielle. Bénéficiant des incitations gouvernementales et de l'investissement étranger, celle-ci repose sur la production de fer et d'acier, la pétrochimie et la cimenterie. L'archipel exporte, en outre, 20 % du méthanol mondial et se place au 1er rang mondial dans le secteur des engrais azotés.

La puissante industrie pétrolière contribue pour la moitié du produit intérieur brut (P.I.B.) et pour plus des trois quarts à la valeur des exportations. Les champs pétrolifères, principalement offshore, sont exploités par plusieurs sociétés, surtout américaines, dont l'Amoco Trinidad Oil Company, qui fournit un peu plus de la moitié de la production. Deux raffineries sont installées dans les villes de Pointe-à-Pierre et Point Fortin, dans le sud-ouest du pays. Le pétrole est exporté vers la Grande-Bretagne et l'Amérique du Nord. Les réserves sont en voie d'épuisement et de nouvelles prospections sont en cours. La Trinité possède, par ailleurs, les plus grandes réserves mondiales d'asphalte (Pitch Lake, dans le sud-ouest de la Trinité, est exploité depuis le xvie s.). L'exploitation du gaz naturel est en voie d'expansion, contribuant à soutenir l'effort industriel du pays. Un important gisement de gaz naturel a été découvert en 2000 au sud-est des côtes de Trinité par la compagnie British Petroleum.

Le secteur agricole a beaucoup souffert de l'industrialisation du pays. Il n'a cessé de régresser et ne contribue plus qu'à 1 % du P.I.B. Toutefois, il demeure une importante source d'emplois. Les principales productions destinées à l'exportation sont le café, le cacao, le coprah, les noix de coco et les agrumes. L'exploitation forestière (teck et pin) progresse. La pêche est encore loin de couvrir les besoins du marché local. Malgré l'extension de l'agriculture vivrière (riz, maïs, racines, tubercules), l'essentiel des ressources alimentaires du pays doivent être importées. L'élevage est exceptionnellement développé pour un pays tropical.

Le tourisme s'est considérablement développé, en particulier sur l'île de Tobago. L'expansion de ce secteur s'appuie sur un milieu naturel très attractif, la construction d'infrastructures hôtelières et l'amélioration des liaisons aériennes. Les visiteurs viennent surtout d'Europe et des États-Unis.

HISTOIRE

1. La colonie britannique

Découverte par Christophe Colomb (juillet 1498), la Trinité est occupée par les Espagnols (1532). Attaquée par sir Walter Raleigh (1595), par les Hollandais (1640), puis par les Français (1677, 1690), elle est conquise par les Anglais (1797) et cédée à eux par la paix d'Amiens (1802). Elle devient alors une colonie britannique, à laquelle est jointe en 1889 l'île voisine de Tobago. L'expansion de la population commence véritablement en 1783, et, à la fin du siècle, de nombreux Français venus d'Haïti s'y installent. La croissance de la population s'accélère avec la distribution des terres de la Couronne en 1871 et après la Seconde Guerre mondiale. L'île fait partie de l'éphémère Fédération des Indes-Occidentales de 1958 à 1962.

2. L’indépendance

En 1962, après la dissolution de cette Fédération (mai), les îles de la Trinité et de Tobago deviennent indépendantes au sein du Commonwealth (août).

Le People's National Movement (PNM), parti de la communauté noire, détient la majorité à la Chambre des représentants à partir de 1961. Dr Eric Williams, fondateur du PNM et considéré comme le « père de la nation », devient Premier ministre. L'opposition est constituée alors surtout par les Indiens, descendants d'une main-d'œuvre importée de l'Inde après l'abolition de l'esclavage, en 1838. La bipolarisation de la vie politique sur des clivages ethniques et la montée du chômage provoquent en 1970 des émeutes de Noirs (se réclamant du mouvement « black power » et de l’Américain d’origine trinidadienne Stokely Carmichael) et la proclamation temporaire de l'état d'urgence. Malgré la levée de ces dispositions, l'opposition boycotte les élections de 1971, et de nouveaux troubles raciaux éclatent la même année. Eric Williams les surmonte grâce à l'aide des États-Unis, qui conservent encore une base navale dans l'île, à Chaguaramas.

3. Une république fragilisée par les tensions raciales

En 1976, une Constitution républicaine est votée, la Trinité restant au sein du Commonwealth, et l'ancien gouverneur général, sir Ellis Clarke, devient président de la République. Noor Hassanali lui succède en 1987.

À la mort d'E. Williams en 1981, George Chambers prend la tête du PNM et du gouvernement. L'histoire politique de Trinité-et-Tobago est ensuite fortement liée à la conjoncture économique. Ainsi, le PNM perd le pouvoir aux élections de 1986 alors que la crise du début des années 1980 touche durement le pays. Il est battu par une coalition (pluriethnique) de partis d'opposition et de dissidents du PNM regroupés au sein de la National Alliance for Reconstruction (NAR) de Raymond Robinson. La violence politique éclate en 1990, quand un groupe d'extrémistes musulmans tente un coup d’État sur fond de crise économique aggravée. Le NAR laisse à nouveau le pouvoir au PNM conduit, cette fois-ci, par Patrick Manning qui devient Premier ministre après une victoire électorale aisée en décembre 1991. La persistance de la crise économique provoque une nouvelle alternance politique aux élections de 1995. Basdeo Panday, chef du United National Congress (UNC) issu en 1988 du NAR et représentant surtout la communauté indo-trinidadienne, devient le chef du gouvernement après avoir fait jeu égal avec le PNM et bénéficié du soutien du NAR. L'amélioration des conditions économiques, à partir de 1995, devient le principal allié du parti au pouvoir. En février 1997, R. Robinson, du NAR, devient président du pays à la suite du départ à la retraite de N. Hassanali. Basdeo Panday est reconduit à la tête du gouvernement après la victoire de son parti, l'UNC, aux législatives de décembre 2000.

De nombreuses accusations de fraude entachent cependant la légitimité du scrutin. Trinité-et-Tobago renoue avec l'instabilité politique et les tensions raciales. L'UNC se déchire et de nouvelles élections sont organisées en décembre 2001. L'UNC de B. Panday et le PNM de P. Manning font jeu égal. Loin de se résoudre, la crise politique se prolonge et s'exacerbe quand le président R. Robinson choisit de façon arbitraire P. Manning pour former le gouvernement. Une issue est trouvée après la tenue d'une nouvelle consultation électorale en octobre 2002. Le PNM s'impose définitivement, en partie grâce aux soupçons de corruption pesant sur Panday – une victoire renouvelée en 2007 avec 46 % des voix et 26 sièges. En février 2003, George Maxwell Richards remplace R. Robinson à la présidence de la République. Le gouvernement de P. Manning doit faire face à une très forte augmentation de la criminalité liée au trafic de stupéfiants : en 2004 un plan national de lutte contre la drogue est adopté pour cinq ans et le pays collabore activement avec ses voisins dans ce domaine, organisant en 2007 une nouvelle réunion sur la coopération UE-Amérique latine-Caraïbes sur les drogues.

En perte de vitesse en raison notamment de nombreux scandales politico-financiers, P. Manning et son parti sont battus aux élections du mois de mai 2010 par le Partenariat du Peuple, alliance de cinq partis d’opposition dont l’UNC, conduite par Kamla Persad-Bissessar– la première femme (d’ascendance indienne tout comme son prédécesseur à la présidence du parti B. Panday) à prendre la tête du gouvernement – qui s’engage à lutter en priorité contre la corruption et la violence mais aussi à surmonter les clivages ethniques. Entre août et décembre 2011, l’état d’urgence doit être instauré dans plusieurs zones touchées par une recrudescence de la criminalité liée au trafic de stupéfiants. Élu par le parlement après accord entre les partis, le nouveau président Anthony Carmona entre en fonctions en mars 2013. Le PNM remporte les élections législatives de 2015 avec 23 sièges contre 18 pour la coalition de Kamla Persad Bissesar : Keith Rowley est nommé Premier ministre.

Membre de la Communauté (et du marché commun) des Caraïbes (CARICOM) depuis 1973 et de son Marché unique (Caricom Single Market and Economy, CSME) depuis 2006, Trinité-et-Tobago est aussi l'un des États fondateurs, en 1995, de l'Association des États de la Caraïbe (AEC, dont le secrétariat général est à Port of Spain) et abrite depuis 2005 la Cour caribéenne de Justice (CCJ). En avril 2009, Port of Spain accueille Ve sommet des Amériques réunissant les chefs d'État et de gouvernement de 34 pays membres de l'Organisation des États américains (OEA).