
Chef de l'État : Élisabeth II représentée par Anand Satyanand
Chef du gouvernement : John Key
Nature de l'État : monarchie constitutionnelle à régime parlementaire
Constitution :
Entrée en vigueur : 1er janvier 1987
Exécutif
Chef de l'État : roi
Chef du gouvernement : Premier ministre
Législatif
Chambre des représentants
La Nouvelle-Zélande est un archipel constitué de deux îles principales, l'île du Nord (115 000 km2) et l'île du Sud (151 000 km2), séparées par le détroit de Cook et étirées sur 1 500 km du nord au sud. L'archipel est situé dans la zone tempérée de l'hémisphère Sud (34° à 47° de latitude sud), et entre 166° et 178° de longitude est. Il se trouve donc aux antipodes de l'Espagne (décalage de 12 heures avec l'heure de Greenwich), complètement isolé dans le Pacifique Sud : l'État le plus proche, l'Australie, est à 2 000 km.
Le climat est océanique, soumis aux dépressions et aux grands vents d'ouest. Les températures sont douces dans les plaines. Les Alpes néo-zélandaises de l'île du Sud atteignent 3 764 m d'altitude au mont Cook ; les glaciations du quaternaire ont sculpté de profondes vallées occupées par des lacs ou par la mer (fjords) ; les glaciers actuels sont encore étendus. L'île du Nord est parsemée de volcans éteints (mont Egmont) ou parfois actifs (Ruapehu). Sauf dans la région de Canterbury, les plaines ont une extension limitée, elles sont beaucoup moins arrosées sur les montagnes du Sud-Ouest (plusieurs mètres par an). De belles forêts de conifères austraux et de nothofagus, refuges d'oiseaux rares, subsistent dans certaines montagnes, mais ont été souvent remplacées par des pâturages et parfois même par des reboisements de pins exotiques.
La communauté maorie autochtone, décimée au XIXe s. par les guerres contre les Européens et par les épidémies, augmente de nouveau depuis le début du XXe s. Elle compte aujourd'hui plus de 550 000 membres (13 % de la population). Le pays comprend également 40 000 Polynésiens (1 % de la population), venus des dépendances (îles Cook, Niue et Tokelau) et des micro-États insulaires du Pacifique (Samoa, Tonga). La population blanche, majoritaire, est surtout constituée par des descendants de colons britanniques, qui ont afflué après l'annexion de l'archipel par le Royaume-Uni (1840), et par des immigrants d'Europe centrale et méditerranéenne venus après 1945. Depuis les années 1990, la politique d'immigration encourage l'arrivée de travailleurs qualifiés. Environ 60 % des nouveaux immigrants viennent de pays asiatiques, signe de la volonté d'une meilleure intégration de la Nouvelle-Zélande dans son environnement régional ; en 1995, Taïwan est ainsi devenue la première source d'immigration, devant la Grande-Bretagne.
Le taux de natalité, de l'ordre de 14 ‰, a fortement baissé (excepté toutefois chez les Maoris) et la croissance démographique s'est ralentie. Avec un indice de fécondité de 2 enfants par femme et une espérance de vie très élevée (80 ans), la Nouvelle-Zélande commence à connaître, comme les autres pays développés, un vieillissement sensible de sa population : 17 % des Néo-Zélandais ont aujourd'hui plus de 60 ans, 20 % sont âgés de moins de 15 ans. L'accroissement naturel, relativement faible (de l'ordre de 0,7 % par an), est toutefois renforcé par les apports migratoires. La densité moyenne de 15 hab./km2 ne rend pas compte de la concentration de la population dans l'île du Nord, qui regroupe les trois-quarts des habitants sur 42 % de la superficie. Le pays, fortement urbanisé, compte 86 % de citadins. Aux centres d'importance régionale tels que Whangarei, Tauranga, Wanganui, Gisborne, Napier ou Invercargill s'ajoutent les cinq grandes villes du pays : Auckland (la capitale économique), Wellington (la capitale politique) et Hamilton, dans l'île du Nord, Christchurch et Dunedin dans l'île du Sud, dont les agglomérations regroupent plus de la moitié de la population.
Au cours des années 1980, la Nouvelle-Zélande s'est efforcée de remédier aux conséquences commerciales de l'entrée de la Grande-Bretagne dans la C.E.E. (aujourd'hui, l'Union européenne), qui avait porté un coup très rude à l'économie nationale. Le pays a renoué avec la croissance, l'inflation a été réduite, la balance commerciale est à nouveau équilibrée et le chômage s'est stabilisé autour de 6 % de la population active. Mais la Nouvelle-Zélande reste toujours handicapée par l'exiguïté de son marché intérieur, l'insuffisante diversification de son économie et par son isolement géographique, en dépit d'une meilleure intégration régionale au sein de l'aire Asie-Pacifique.
L'agriculture, qui représente environ 6 % du produit intérieur brut (P.I.B.) et 28 % des revenus d'exportations, occupe toujours une place de choix dans l'économie néo-zélandaise, mais demeure très dépendante des fluctuations des cours mondiaux de la laine et de la viande. La Nouvelle-Zélande est avant tout un pays d'élevage. Les cheptels bovin (9,6 millions de têtes en 2006) et ovin (40 millions de têtes) fournissent laine (3e rang mondial), viande et produits laitiers, dont l'exportation est vitale compte tenu de l'étroitesse du marché intérieur. Les cultures (blé, orge, arbres fruitiers) n'occupent qu'une faible superficie, bien qu'un effort de diversification ait conduit à leur expansion au cours des années 1990. La viticulture prend une importance croissante et permet quelques exportations de vin. L'exploitation de la forêt connaît un regain d'intérêt depuis quelques années, dans le but de diversifier les sources de revenus agricoles. La pêche est un secteur en cours de développement, surtout orienté vers l'exportation, l'anguille constituant le premier produit d'élevage marin.
Les principales ressources minières sont le charbon (destiné à la production d'électricité) et le gaz naturel, exploité dans des gisements offshore (notamment celui de Maui) et destiné à la fabrication de pétrole synthétique et d'électricité. Quelques puits de pétrole, sur les deux grandes îles, et une notable production hydroélectrique apportent une contribution substantielle aux besoins énergétiques nationaux.
L'industrie (agroalimentaire, textile) valorise d'abord la production agricole (lait, viande, peaux, laine, fruits) et forestière. La production d'aluminium, non négligeable (350 000 tonnes en 2005), est exportée à 90 %. L'aciérie de Glenbrook produit 750 000 tonnes d'acier, dont 60 % sont exportés. La Nouvelle-Zélande est également présente dans des secteurs spécialisés comme les équipements de loisirs (yachts, matériel de plein air). La politique de libéralisation et d'ouverture de l'économie nationale, dans le cadre de la mondialisation des échanges, a conduit l'industrie néo-zélandaise à augmenter sa productivité en diminuant la main-d'œuvre.
La Nouvelle-Zélande possède 92 000 km de routes et 2 millions de véhicules. La quasi-totalité du commerce extérieur se fait par voie maritime, sur des compagnies privées. Sept des treize principaux ports commerciaux sont la propriété des gouvernements locaux, les quatre autres étant privatisés. Le fret représente 70 % du trafic ferroviaire.
Pour compenser la perte d'une partie de ses débouchés européens, la Nouvelle-Zélande développe ses relations avec les pays riverains du Pacifique (États-Unis, Japon, Australie, Chine, Corée du Sud…), qui absorbent désormais plus de 50 % de ses exportations. Sa balance commerciale et sa balance des paiements restent déficitaires. En 1983, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ont signé un traité dans le but d'établir des relations économiques plus étroites, puis ont instauré une zone de libre-échange pour le commerce des marchandises en juin 1990. La Nouvelle-Zélande est également membre de l'APEC (Asia Pacific Economic Cooperation), créée en 1989 dans le but de renforcer les échanges et de promouvoir les investissements dans l'aire Asie-Pacifique.
Les premiers habitants sont les Maoris, d'origine polynésienne, venus dans l'île du Nord vers le XIVe s., puis dans l'île du Sud où les possibilités de chasse et de culture sont plus importantes. Le Hollandais Abel Janszoon Tasman dénomme « Nouvelle-Zélande » ce qu'il pense être un continent (1642). En 1769-1770 James Cook fait le tour des deux principales îles.
Les premiers établissements européens sont ceux des bûcherons et des baleiniers, venus souvent d'Australie. Ils fournissent en armes à feu les Maoris, qui se livrent des guerres inexpiables, tandis que débute l'évangélisation par des catholiques et par des protestants anglais de la Church Missionary Society (1814-1839). D'abord consul, William Hobson devient gouverneur en 1841, à la suite du traité de Waitangi (février 1840), par lequel les Maoris lui ont cédé leur souveraineté sur les îles, les colons britanniques assurant leur protection. De son côté, la puissante compagnie fondée par Edward Gibbon Wakefield (1837) entreprend de coloniser les deux îles en amenant plus de 20 000 colons au détriment des Maoris, dont le domaine est réduit aux terres médiocres du centre de l'île du Nord.
Les guerres maories (1840-1847) marquent la résistance à la brutale colonisation européenne. À partir de 1845, le gouverneur, sir George Grey, parvient à rétablir la paix. Après 1854, le pays est dirigé par un gouvernement représentatif établi sur un régime largement fédéral ; les 9 provinces se financent par la vente des terres, ce qui provoque de nouvelles guerres raciales, entre 1860 et 1870, dans lesquelles les Maoris affirment leur identité nationale et religieuse. Sir George Grey, rappelé, ne rétablit pas le calme et, à partir de 1870, les colons britanniques accaparent les meilleures terres maories.
Le développement ne semble possible que par l'entremise d'un gouvernement central puissant. Sous l'impulsion du trésorier Julius Vogel, qui emprunte massivement, l'archipel se couvre de routes, de ponts, de chemins de fer ; mais l'endettement provoque une crise qui durera jusque vers 1895. Le prix de la laine baisse, les immigrants ne peuvent se placer, les grands intérêts pastoraux sont obligés d'accepter la distribution de leurs terres ; l'activité agricole ne se développera qu'après 1890, quand la réfrigération permettra l'exportation des produits laitiers vers la Grande-Bretagne.
Instauré en 1889, le suffrage universel favorise les petits colons. Les gouvernements libéraux de John Ballance (1891-1893) et Richard Seddon (1893-1906) nationalisent chemins de fer et mines, accordent le vote des femmes et la représentation des Maoris, prennent les premières mesures de sécurité sociale, favorisent les syndicats (loi Reeves de 1894) et protègent les travailleurs. Cette politique sociale très avancée s'accompagne de restrictions à l'immigration, surtout vis-à-vis des Asiatiques.
En 1907, la Nouvelle-Zélande devient dominion britannique. De 1912 à 1925, le parti de la Réforme, s'appuyant sur les propriétaires terriens, freine, sans revenir sur ces acquis, ce « socialisme sans doctrine » alors que s'affirme le mouvement travailliste.
La Première Guerre mondiale, au cours de laquelle les Néo-Zélandais se battent en Europe, leur fait réaliser pleinement leur appartenance à l'Empire britannique (ils avaient déjà participé à la guerre des Boers) et ils obtiennent mandat de la Société des Nations (SDN) sur les Samoa et sur Nauru, conjointement avec l'Australie et le Royaume-Uni.
Le Premier ministre, William Massey, est présent à Versailles lors de la signature du traité de paix (→ traité de Versailles) mais, pas plus que ses successeurs, il ne cherche à obtenir l'indépendance du pays, qui jouit, dans les faits, d'une large autonomie. Néanmoins, le pays est soucieux de ses intérêts stratégiques et il pousse la métropole à limiter l'influence japonaise (rupture de l'alliance nippo-britannique en 1922) dans le Pacifique.
La crise économique de 1929 frappe durement la Nouvelle-Zélande en diminuant massivement ses exportations que la guerre de 1914-1918 avait beaucoup favorisées. Le gouvernement du réformiste John Gordon Coates (1925-1928), du libéral Joseph George Ward (1928-1930), puis du parti national (coalition du parti de la réforme et du parti libéral, devenu l'United Party), ne peut éviter la montée du chômage et le mécontentement social ; en 1935, le parti travailliste arrive seul au pouvoir. Le Premier ministre, Michael Joseph Savage, parvient à rétablir la prospérité des campagnes, multiplie les travaux publics, restaure les droits syndicaux, accorde la semaine de 40 heures, étend la sécurité sociale aux soins médicaux et développe l'industrie.
La Seconde Guerre mondiale voit une participation active de la Nouvelle-Zélande, aussi bien sur le front européen que sur celui du Pacifique. Sur ce dernier théâtre d'opérations, les Néo-Zélandais passent sous commandement américain, qui assure sa sécurité. Cela distend le lien colonial et le Premier ministre travailliste Peter Fraser se fait l'avocat des petites nations lors de la création de l'Organisation des Nations unies (ONU). La tension provoquée par la guerre aboutit, en 1949, à la défaite des travaillistes au profit du parti national.
Le parti national est au pouvoir de 1949 à 1957, puis de 1960 à novembre 1972 avec Keith J. Holyoake ; le parti travailliste reste bien implanté et représente plus de 40 % des électeurs. Pour l'essentiel, les deux partis sont d'accord pour maintenir un certain contrôle de l'économie, pour encourager le développement industriel et pour conserver les acquis du Welfare State ; la contestation vient du parti du Crédit social, qui représente jusqu'à 9 % des voix en 1966.
La guerre froide amène la Nouvelle-Zélande à suivre la politique américaine : participation au Conseil du Pacifique (ANZUS), à partir de 1951, avec l'Australie et les États-Unis, à l'Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est (OTASE) (1954), envoi de troupes en Corée, puis au Viêt Nam de 1965 à 1971 (→ guerre du Viêt Nam).
Ce soutien excessif aux États-Unis suscite des réactions violentes. Le retrait tardif des troupes néo-zélandaises du Viêt Nam n'empêche pas la défaite du parti national au profit des travaillistes de Norman Eric Kirk.
Le gouvernement Kirk reconnaît la Chine populaire, noue des liens avec le Saint-Siège et affirme très nettement son opposition aux expériences nucléaires françaises de Mururoa ; de 1972 à 1974, les relations sont tendues entre les deux pays. La fin des essais aériens français, l'arrivée de W. Rowling au poste de Premier ministre (après la mort de N. Kirk en septembre 1974) contribuent à régler ce différend.
Après l'entrée du Royaume-Uni dans la Communauté économique et européenne (CEE), la Nouvelle-Zélande doit diversifier ses activités et chercher des débouchés vers l'Asie, et particulièrement vers le Japon. Ce réajustement, joint à la crise pétrolière, amène un ralentissement de l'activité et une victoire des nationaux de Robert Muldoon en 1975.
Au pouvoir de 1975 à 1984, le parti conservateur doit faire face à une sérieuse crise économique, contre laquelle le gouvernement tente de lutter par une politique interventionniste. Les élections législatives de 1984 donnent la majorité au parti travailliste, dont le leader, David Lange, devient Premier ministre. Il laisse son ministre de l'Économie, Roger Douglas, mener une politique économique de libéralisation intensive. Mais les désaccords entre les deux hommes conduisent R. Douglas à démissionner, en décembre 1988. Contesté au sein de sa formation et désapprouvé dans les réformes économiques mises en œuvre, D. Lange démissionne à son tour, en août 1989.
Les élections d'octobre 1990 et de 1993 voient la victoire du parti national, dirigé par Jim Bolger. Celui-ci poursuit la politique de reconnaissance des droits des populations maories sur la propriété de la terre, ainsi que l'ouverture de l'économie à la concurrence. Lors de la consultation de 1993, l'adoption par référendum d'une forte dose de proportionnelle et la création de 5 sièges maoris (sur 120) dans le mode d'élection à la chambre mettent fin au bipartisme traditionnel.
Au terme des élections d'octobre 1996, J. Bolger est contraint d'accepter une coalition avec New Zealand First – le parti nationaliste maori né en 1993 – afin de constituer un nouveau gouvernement. Le 8 novembre 1997, un coup de force au sein du parti le contraint à la démission. Il est remplacé par Jenny Shipley, première femme à la tête du pays, qui renforce la discipline gouvernementale.
Toutefois, en novembre 1999, après quinze ans de politique néolibérale, les Néo-Zélandais choisissent l'alternance en portant au pouvoir une coalition de gauche.
En effet, le parti travailliste, mené par Helen Clark, obtient au Parlement onze sièges de plus que le parti national. Celle-ci devient ainsi la première femme élue Premier ministre. En juillet 2002, à la suite de la défection du parti de l'Alliance, H. Clark convoque de nouvelles élections, que les travaillistes remportent à nouveau, mais sans obtenir la majorité : ils s'appuient sur le parti progressiste, composé de transfuges de l'Alliance, et sur la neutralité bienveillante des Verts. La dernière consultation, en septembre 2005, reconduit de justesse la précédente coalition, qui doit en outre compter sur l'appoint d'autres petites formations (United Future et New Zealand First).
Ces différents gouvernements mettent en œuvre des mesures sociales et progressistes, notamment en matière de mœurs, de santé et d'éducation mais aussi d'économie : crédits d'impôt pour charge de famille, instauration du congé parental, investissements dans le domaine de la santé, institution de l'union civile, dépénalisation de la prostitution, et relèvement à six reprises en six ans du salaire minimal.
Helen Clark, qui ne fait pas mystère de ses convictions républicaines, cherche aussi, à petits pas, à détacher son pays des quelques liens de dépendance envers l'ancienne métropole qui subsistent encore (création d'une Cour suprême néo-zélandaise chargée de pourvoir aux appels en lieu et place du Conseil privé de la reine ; abolition des titres de chevalier et d'avocat de la reine…).
La croissance continue et soutenue permet en outre de créer plus d'un demi-million d'emplois, de faire descendre le chômage à un taux historiquement bas (3,5 % en 2008, soit le pourcentage le plus faible de l'OCDE), d'augmenter sensiblement le revenu médian et de réduire drastiquement le nombre de bénéficiaires d'allocations sociales, sans pour autant que le taux de pauvreté, notamment maorie, parvienne à reculer significativement.
Les élections législatives du 8 novembre 2008, alors que la conjoncture économique se retourne depuis plusieurs mois, se soldent par la défaite d'Helen Clark sur la base d'un programme, guère éloigné de celui des travaillistes, appelant à poursuivre la baisse des impôts et à développer l'aide aux chômeurs ainsi que l'investissement public dans les infrastructures.
Le parti national de l'ancien banquier d'affaires John Key (45,5 % des voix, soit 6,3 points de mieux qu'en 2005 et 59 sièges sur 122, c'est-à-dire un gain de 11 élus, contre 33,8 % des suffrages et 43 députés pour les travaillistes, ou une perte de 7,3 points et de 7 circonscriptions) obtient une victoire sans appel. En s'adjoignant les petites formations que sont ACT New Zealand (Association des consommateurs et des contribuables, 5 députés), la centriste United Future (1 siège) et le parti maori (1 siège), le parti national acquiert une nette majorité au Parlement qui lui permet de reprendre les rênes du gouvernement. Fort de cette stabilité politique et des excédents budgétaires accumulés au cours des précédentes années, le nouveau Premier ministre dispose des moyens nécessaires à la politique de relance qu'il entend opposer à la sévère récession qui frappe le pays.
La tâche qui s'offre au nouveau gouvernement, en l'occurrence à dominante économique, s'avère immense.
En effet, avec cinq trimestres consécutifs de contraction de l'activité, le pays enregistre, à partir de la mi-2008, sa plus sévère récession en 30 ans. Le chômage fait même plus que doubler en moins de deux années, atteignant 7,3 % de la population active à la fin 2009, même si alors la croissance semble devoir repartir – mais lentement et timidement. Il est vrai que le pays souffre de handicaps structurels : sa dépendance envers le commerce mondial et notamment l'importance des exportations agricoles le placent dans une situation de faiblesse dans un contexte international de réduction drastique des échanges et de chute des prix alimentaires, tandis que le poids de la dette et l'apparition d'un déficit budgétaire en 2008 limitent fortement toute possibilité de politique soutenue de relance par des baisses massives d'impôts ou le financement d'infrastructures.
Toutefois, la diminution des taux d'intérêt, des incitations fiscales, une politique de dérégulation ainsi que des coupes budgétaires associées à la mise en œuvre conjointe de grands chantiers (communications, santé, éducation, innovation) semblent devoir contribuer à cantonner la contraction de l'activité à environ 3,3 % du PIB en 2009 et à faire renouer l'économie avec la croissance en 2010 (+1,5 %). Surtout, les liens que l'archipel entretient avec l'Australie, épargnée par la crise et la détention d'avoirs toxiques, comme le contrôle qu'exerce cette dernière sur les banques locales, lui permettent de se relever plus rapidement que prévu.
La reprise – fragile – n'en est pas moins soumise aux aléas conjoncturels, en l'occurrence naturels. Ainsi, des séismes à répétition frappent-ils durement, à partir de septembre 2010, Christchurch, deuxième ville du pays : une première secousse de 7,1 de magnitude, entraînant de nombreux dégâts, mais pas de pertes humaines, est suivie, en février, par une violente réplique (d'intensité de plus de 6), qui fait 181 victimes – un record depuis près d'un siècle – avant qu'un nouveau tremblement de terre de même violence n'ébranle encore en juin la grande cité du Sud.
Ces catastrophes successives, qui grèvent lourdement sur le budget et la reprise, sont de nature à coûter au pays un point et demi de croissance (qui plafonnerait seulement à 1 % en 2011) et à entraîner une facture totale évaluée à 15 milliards de dollars néo-zélandais.
L'empathie manifestée par le Premier ministre pendant ces désastres (ainsi que lors d'un coup de grisou qui tue 29 mineurs en novembre 2010), le succès de l'organisation de la coupe du monde de rugby au début de l'automne 2011 et le reflux progressif du chômage à 6,6 % de la population active – partiellement dû, certes, aux vagues de départs par milliers de ressortissants pour le grand pays continent anglophone voisin – valent à John Key un regain de popularité, de sorte que ce dernier engage la campagne des élections générales de fin novembre 2011 avec une avance confortable sur son rival travailliste Phil Goff.
Sur le plan international, la virulente politique antinucléaire de David Lange conduit en 1985 à la suspension de la Nouvelle-Zélande de l'ANZUS. Le Premier ministre se fait aussi le porte-parole des petits États insulaires, polynésiens en particulier. La marge de manœuvre de ses successeurs est réduite par l'impossibilité de revenir sur l'interdiction des ports néo-zélandais aux navires nucléaires décidée par D. Lange. Les relations avec les États-Unis restent donc restreintes.
En dépit des manifestations de solidarité lors des attentats du 11 septembre 2001 puis de Bali en 2002, elles se crispent à nouveau en 2003, quand Helen Clark s'oppose à l'invasion de l'Iraq sans mandat onusien.
Mais la participation de la Nouvelle-Zélande à la reconstruction de la province de Bamiyan, en Afghanistan – effective dès l'été 2003 –, et reconduite depuis, ainsi que la visite du Premier ministre à Washington en 2007 marquent une volonté de réchauffement – qu'il convient toutefois d'indexer sur la nature des liens que le grand voisin et frère australien entretient avec la superpuissance d'Amérique. Le pays envoie au demeurant pour un an un contingent d'ingénieurs militaires chargés d'aider à la réédification de l'Iraq et demeure jusqu'à ce jour l'une des composantes de la coalition internationale en Afghanistan ; même si en 2010, la reconduction jusqu'en 2012 de la présence des forces néo-zélandaises dans cette zone de conflit prévoit le transfert progressif aux autorités locales des tâches de maintien de l'ordre et la réduction de moitié des effectifs sur place.
Par ailleurs, prolongeant les politiques antérieures, la chef du gouvernement entend davantage libéraliser les échanges, et à ce titre consolider l'entente avec la Chine, dont elle a soutenu l'entrée à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il est vrai que l'île est et reste grande exportatrice de denrées agricoles (produits laitiers, viande, vin, mais aussi bois, poisson, etc.), même si elle importe largement de l'étranger, et notamment du Sud-Est pacifique, un grand nombre de biens industriels. Après la signature d'accords similaires avec Singapour, Taïwan, le Chili ou Brunei, la Nouvelle-Zélande conclut des traités de libre échange avec la grande puissance émergente d'Asie en 2008 puis avec la Malaisie en 2010.
Désormais sous la houlette du conservateur John Key, elle envisage de faire de même à terme avec la Corée du Sud et les États-Unis, cependant que Wellington et Canberra ambitionnent de concert de créer un marché commun.
Enfin, Helen Clark défend bien sûr les positions devenues « structurelles » de son pays en matière internationale, à savoir l'opposition au nucléaire, le maintien de la paix et le désarmement, le soutien de l'action humanitaire, la promotion des droits de l'homme, le respect de l'environnement, et l'encouragement pour les politiques d'intégration Asie-Pacifique ou, plus généralement, de développement. D'où la multiplication de partenariats avec les pays du sud-est asiatique et d'Océanie, et des interventions, au côté du grand voisin australien, dans les conflits qui secouent les pays de la région (îles Salomon en 2003, Tonga et Timor-Oriental en 2006, archipel des Fidji en 2009). Au reste, après s'être retirée de la vie politique de son pays, H. Clark est nommée administratrice du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Fort de ses atouts – notamment environnementaux et sociaux –, le pays escompte de plus en plus transformer le « brain drain » (qui a conduit beaucoup de ses jeunes diplômés à le quitter pour l'Australie, l'Europe et l'Amérique du Nord) en « brain gain ». Et de fait, depuis une quinzaine d'années, des jeunes gens éduqués en provenance de pays émergents ou même d'Europe sont de plus en plus nombreux à venir s'établir dans l'archipel – même si l'impact de la crise de 2008-2009 et les tremblements de terre de 2010-2011 inversent ces flux : des milliers de Néo-Zélandais partent alors s'établir dans la prospère Australie voisine. Provisoirement ?
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