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Lesotho

anciennement Basutoland

Nom officiel : royaume du Lesotho

Drapeau du Lesotho
Drapeau du Lesotho

État d'Afrique australe, le Lesotho est enclavé dans l'est duterritoire sud-africain.
Le Lesotho est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 30 355 km2
  • Nombre d'habitants : 2 074 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Lesothans
  • Capitale : Maseru
  • Langues : anglais et sotho
  • Monnaies : loti et rand
  • Chef de l'État : Letsie III
  • Chef du gouvernement : Bethuel Pakalitha Mosisili
  • Nature de l'État : monarchie
  • Constitution :
    • Adoption : mars 1993
Pour en savoir plus : institutions du Lesotho

GÉOGRAPHIE

Le Lesotho est un petit pays montagneux, enclavé dans l'est du territoire sud-africain, habité par les Sotho. L'agriculture vivrière et l'élevage occupent 70 % de la population active. L'industrie textile (embryonnaire mais en essor), les envois de fonds des émigrés travaillant dans les mines sud-africaines et un tourisme naissant en constituent les principales ressources. Barrages et parcs éoliens se multiplient pour fournir le pays (et l'Afrique du Sud) en eau et en électricité.

Le Lesotho (Basutoland, avant l'indépendance), surnommé le « château d'eau » de la région, dispose d'importantes réserves hydrauliques, grâce à la présence sur son territoire des falaises basaltiques du Drakensberg et de la chaîne des Maluti, dont plusieurs sommets dépassent 3 000 m d'altitude et où l'Orange prend sa source. Les reliefs ne s'abaissent guère que dans la partie occidentale du pays, la seule zone arable, qui représente moins de 15 % de la superficie totale du Lesotho.

1. Le peuplement

La population est homogène, composée presque entièrement de Sothos, dits du Sud – par opposition aux Sothos du Nord, ou Pédis. Plus de 75 % des habitants sont christianisés (l'université du pays, Roma, est catholique). Le taux d'urbanisation est faible, celui de scolarisation est l'un des plus élevés du continent. La population s'accroît au rythme de 0,3 % par an. L'espérance de vie à la naissance, 45 ans, est une des faibles du monde. Le sida touche près d'un habitant sur quatre.

2. L'économie

L'agriculture et l'élevage fournissent de maigres ressources. L'agriculture (le maïs prédomine) emploie plus de 70 % de la population active (40 % des 2 millions d'habitants). Le cheptel compte 700 000 bovins, un million d'ovins et 700 000 caprins – la laine des chèvres mohair constitue l'une des richesses du pays. La pauvreté des paysans – aggravée par une forte érosion des sols – amène les Sothos à émigrer en grand nombre vers l'Afrique du Sud, où ils sont surtout employés dans les mines. La seule ressource minière du pays est le diamant, mais le gisement de Letseng-La-Teraï, qu'exploitait la De Beers sud-africaine (52 000 carats en 1981), a été fermé en 1982 après la chute du cours de la pierre précieuse.

Les infrastructures restent insuffisantes : la seule route carrossable en toutes saisons longe la frontière occidentale de Butha-Buthe à Mohale's Hoek, en passant par la capitale, Maseru. Le secteur industriel, embryonnaire, s'est fortement développé. De son côté, le tourisme connaît un certain essor, notamment grâce aux visiteurs Sud-Africains. La balance commerciale a toujours été très déficitaire, les exportations couvrant généralement moins de 20 % des importations.

Le Lesotho est lié par une union douanière et monétaire avec l'Afrique du Sud – de loin son principal partenaire commercial –, la Southern Africa Customs Union (SACU), à laquelle appartient également le Swaziland. L'espoir d'une amélioration de la situation économique est suspendu à la réalisation d'un vaste projet : l'alimentation en eau de l'Afrique du Sud qui connaît des sécheresses préoccupantes. Le projet en question, dit Highlands Water Scheme, vise, aux termes d'un accord conclu en 1988, à assurer un débit de 77m3 par seconde grâce à cinq barrages (permettant la création de deux centrales électriques) et à 120 km de tunnels. La construction de l'ensemble a démarré en 1996.

HISTOIRE

1. Naissance de la nation sotho

Les Sothos (ou Bassoutos), dispersés par les guerres zoulous, se rassemblent vers 1822 sous la direction de Moshoeshoe dans la région montagneuse située en l'État d'Orange, le nord de la province du Cap et le Natal, à peu près déserte, où ils prospèrent rapidement. L'arrivée de missionnaires français protestants ne porte pas préjudice à leur indépendance. En 1852, ils battent les Anglais du Cap à Berea et se défendent avec succès contre l'État d'Orange.

2. Le protectorat britannique

En 1868, leur chef Moshoeshoe se place sous la juridiction britannique. Administré directement par la colonie du Cap, le pays, devenu Basutoland, refuse en 1875 de rendre ses armes et se soulève. Les hostilités, connues sous le nom de « Gun War », durent plusieurs années, et, à partir de 1884, le pays est administré directement de Londres ; protégé à la fois des autres Bantous et de la domination boer. Il devient un réservoir de main-d'œuvre, notamment pour l'État d'Orange et les mines d'or du Rand, mais les Européens n'y obtiennent pas de concessions. À partir de 1940 le pays a un Conseil national, qui reçoit des pouvoirs plus étendus en 1960. Enfin le Basutoland accède à l'indépendance le 4 octobre 1966 sous le nom de Lesotho, tout en restant dans le Commonwealth.

3. L'indépendance

Le chef supérieur, Moshoeshoe II, devient alors roi, assisté d'un Premier ministre, le chef Leabua Jonathan, leader du parti conservateur (Basutoland National Party), épaulé par la hiérarchie catholique et partisan de relations amicales avec l'Afrique du Sud. L'opposition socialisante et hostile à ce pays, regroupée dans le Basutoland Congress Party animé par Ntsu Mokhehle, soutient paradoxalement le roi. Un conflit violent éclate entre celui-ci et L. Jonathan dès 1966, et en janvier 1970, devant ses prérogatives de plus en plus rognées par le Premier ministre, le roi se révolte, avec l'appui du parti monarchiste, le Marematlou Freedom Party, et du Basutoland Congress Party. Celui-ci remporte les élections, mais Jonathan les annule, fait dissoudre le Basutoland Congress Party et le parti communiste, et arrêter les dirigeants du parti monarchiste. En juin, le Premier ministre dépose le roi, décrète l'état d'urgence, suspend la Constitution et se fait attribuer des pouvoirs spéciaux. Moshoeshoe se réfugie aux Pays-Bas. Devant la menace d'une guerre civile, L. Jonathan prend des mesures d'apaisement et rétablit la fonction royale dans un rôle purement honorifique (décembre). En 1973, l'état d'urgence est supprimé, mais une tentative de soulèvement populaire a lieu en janvier 1974, entraînant une dure répression qui touche notamment les membres du Basutoland Congress Party. En 1975, des membres de l'opposition entrent au gouvernement, tandis que, malgré la dépendance économique totale vis-à-vis de l'Afrique du Sud, un certain relâchement des liens se produit, dont la création en 1980 d'une monnaie nationale est le symbole. Mais, en 1986, l'Afrique du Sud, qui reproche au Lesotho de servir de refuge aux combattants de l'ANC (Congrès national africain), impose un blocus économique.

4. La dictature militaire du général Lekhanya

L. Jonathan est renversé par un coup d'État militaire qui porte au pouvoir le colonel Justin Lekhanya (janvier 1986). Ce dernier interdit les partis politiques et prend la tête d'un Conseil militaire favorable à une coopération accrue avec Pretoria.

En septembre 1986, le général Lekhanya autorise le retour au Lesotho du roi Moshoeshoe, placé sous la tutelle d'un Conseil militaire de six membres. En 1988, le leader du Basutoland Congress Party, Ntsu Mokhehle, est également autorisé à revenir, mais les guérilleros de la branche militaire de son mouvement ne peuvent intégrer l'armée régulière. En 1990, le roi, après avoir contesté le limogeage de deux membres du Conseil militaire qui lui sont apparentés, s'exile à Londres, d'où il affirme ne vouloir revenir qu'une fois la démocratie restaurée. L'un de ses fils est alors proclamé roi sous le nom de Letsie III. En 1991, le général Lekhanya est renversé par un coup d'État militaire, dirigé par le colonel Elias Phitsoane Ramaema. Celui-ci annonce la tenue prochaine d'élections générales et Moshoeshoe regagne son pays, sans toutefois revendiquer le trône.

5. Le retour à la démocratie

Aux élections de mars 1993, le Basutoland Congress Party remporte les 65 sièges à pourvoir, avec 54 % des voix contre 16 % au Basutoland National Party. Ntsu Mokhehle est alors nommé Premier ministre. Après une période de troubles, marquée notamment par la mutinerie d'une partie de l'armée, ainsi que par une crise qui oppose le roi au gouvernement, Letsie III et Ntsu Mokhehle signent, en 1994, un accord pour la restauration de Moshoeshoe. Letsie III abdique, son père remonte sur le trône, mais il meurt en 1996 dans un accident de la route, et son fils lui succède alors de manière régulière.

En 1997, Ntsu Mokhehle, écarté de la présidence du Basutoland Congress Party, y provoque une scission et crée un nouveau parti, le Lesotho Congress for Democracy (LCD), qui remporte les élections législatives de mai 1998 en obtenant 78 des 80 sièges à pourvoir. Mais Ntsu Mokhehle a désormais 79 ans. Gravement malade, il ne peut assumer la charge de Premier ministre, qui échoit à Pakalitha Mosisili, le leader du LCD.

Mais les résultats sont aussitôt contestés par l'opposition, qui organise d'importantes manifestations. Celles-ci dégénèrent rapidement et plongent le pays dans le chaos et la violence, faisant peser la menace d'un coup d'État militaire. En septembre, les armées d'Afrique du Sud et du Botswana interviennent pour rétablir l'ordre. L'Afrique du Sud crée une Autorité politique intérimaire (IPA) regroupant tous les partis politiques, pour une durée initiale de 18 mois, avant de nouvelles élections. Celles-ci n'ont lieu que quatre ans plus tard, le 25 mai 2002, selon un système électoral réformé, qui laisse plus de place à l'opposition au Parlement : outre les 80 sièges pourvus au scrutin majoritaire dans les circonscriptions, 40 députés sont désormais élus au scrutin proportionnel au niveau national. Le LCD au pouvoir obtient 54,9 % des voix dans les circonscriptions, ce qui lui assure 77 des 80 sièges à l'Assemblée ; le Lesotho People's Congress (LPC), né d'une scission du LCD en octobre 2001, ne gagne qu'un seul siège. Neuf partis se partagent les 40 sièges additionnels, notamment le Basotho National Party (BNP) qui en remporte 21 et le LPC 4.

Les premières élections locales, initialement prévues dans les 128 circonscriptions avant la fin de 2003, sont reportées jusqu'au 30 avril 2005, en raison de l'agitation sociale liée à une crise du secteur industriel. Le LCD les remporte aisément (923 sièges sur 1 202), malgré une faible participation (20 %).

Désapprouvant l'action du Premier ministre, 18 députés quittent le LCD en octobre 2006, ce qui réduit la majorité à 61 sièges, soit une seule voix d'avance. Le roi dissout le Parlement le 26 novembre ; les élections, organisées le 17 février 2007, sont à nouveau remportées par le LCD, devant le All Basotho Convention (ABC) de Tom Thabane, qui devient le premier parti d'opposition. P. Mosisili est reconduit au poste de Premier ministre. Mais, à la suite de contestations de l'opposition relatives à l'attribution des sièges à l'Assemblée, des troubles éclatent dès le début de juin 2007 à Maseru et l'état d'urgence est maintenu jusqu'au 22 juin.

Les élections de 2012 entraînent la première alternance démocratique et pacifique dans l’histoire du royaume : parvenant à s’imposer dans les villes, le All Basotho Convention (ABC) de T. Thabane devance le Democratic Congress (DC, nouveau parti de P. Mosisili issu d’une scission du LCD en 2012). T. Thabane, Premier ministre, dirige une coalition avec quatre autres formations qu'opposent de vives tensions. Afin d’éviter une motion de censure, T. Thabane suspend le Parlement le 10 juin 2014, et démet le chef d’état-major Tlali Kamoli avant de s’enfuir en Afrique du Sud où il dénonce un putsch militaire visant à le destituer. Son retour au Lesotho est rendu possible dès le 30 septembre grâce à une feuille de route négociée sous l’égide de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) entre les partis de la coalition. À l’issue des élections anticipées organisées en février 2015, la coalition formée par P. Mosisili avec cinq autres petits partis obtient une très courte majorité de 61 sièges (sur 120) au Parlement. P. Mosisili redevient Premier ministre.