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Guinée-Bissau

anciennement Guinée portugaise

Nom officiel : République de Guinée-Bissau

Carton de situation - Guinée-Bissau
Drapeau de la Guinée-Bissau
Drapeau de la Guinée-Bissau

État d'Afrique de l'Ouest baigné à l'ouest par l'océan Atlantique, la Guinée-Bissau est limitée au sud et à l'est par la Guinée, et au nord par le Sénégal.

  • Superficie : 36 125 km2
  • Nombre d'habitants : 1 704 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Bissau-Guinéens
  • Capitale : Bissau
  • Langue : portugais
  • Monnaie : franc C. F. A.
  • Chef de l'État : José Mario Vaz
  • Chef du gouvernement : Carlos Correia
  • Nature de l'État : république
  • Constitution :
    • Adoption : 16 mai 1984
    • Révision : mai 1991
Pour en savoir plus : institutions de la Guinée-Bissau

GÉOGRAPHIE

Le pays est situé par 12° de latitude nord. Les plaines littorales sont découpées par les vastes estuaires des fleuves côtiers : rios Cacheu, Geba.

Irrigué par de nombreux cours d'eau qui facilitent la pénétration vers l'intérieur des terres mais entravent les communications transversales, le territoire de la Guinée-Bissau se compose, pour la moitié de sa superficie, d'un ensemble d'îles et d'une plaine côtière, souvent marécageuse, propice à la culture du riz. L'autre moitié consiste en une zone intérieure de plateaux et de hautes collines, souvent affectée par la sécheresse. La population est essentiellement d'origine négro-africaine (les Blancs et les métis sont très peu nombreux). Rurale à près de 75 %, elle est employée principalement dans le secteur agricole (72 % de la population active) où dominent l'arachide et le riz et où la noix de cajou arrive en tête des exportations. L'industrie n'occupe qu'une place négligeable dans l'économie.

Malgré la découverte de quelques gisements miniers (bauxite, phosphate, zinc), la Guinée-Bissau reste un pays pauvre, fortement dépendant de l'aide extérieure et avec un endettement représentant quatre fois son produit intérieur brut. Les prospections pétrolières offshore n'ont pas donné les résultats escomptés. Grâce au rattachement, début 1997, de la Guinée-Bissau à la zone franc et à son admission dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (U.E.M.O.A.), un léger ralentissement de l'inflation (plus de 50 % en 1996) s'est opéré en 1997, confirmé en 1998. Pendant plusieurs années, la dépréciation de la monnaie nationale et les faiblesses des infrastructures faisaient fuir nombre d'investisseurs étrangers ; la guerre civile de l'été 1998 n'a pas contribué à les rassurer quant à la stabilité et aux perspectives d'avenir du pays.

HISTOIRE

1. La domination portugaise

La contrée est découverte en 1446 par Nuno Tristão, qui atteint l'estuaire du rio Geba. Malgré la perte des premières installations portugaises, des contacts plus étroits sont pris au cours du xviie siècle et quelques comptoirs créés : Cacheu, Farim, Bissau, Ziguinchor, en vue de la traite des Noirs à destination du Brésil ou des îles du Cap-Vert.

À l'intérieur du pays, l'État mandingue du Gabou connaît son apogée au xvie siècle. Il s'étendait à l'est du rio Geba (deux États moins importants, Oio et Braço, étaient situés à l'ouest du Geba). Il aurait été fondé au xiiie siècle, au milieu de populations mandingues, par un petit-fils de Soundiata, et la capitale en était Kansala.

Des Peuls nomadisant dans la zone périphérique s'infiltrent vers la fin du xviiie siècle, et d'autres arrivent du Macina. Les Peuls de Labé dirigent des opérations constantes et occupent le pays en 1867.

La Guinée portugaise est séparée administrativement du Cap-Vert en 1879. Sa capitale sera l'îlot de Bolama jusqu'en 1941, où Bissau devient le siège de l'Administration. Les limites sont fixées en 1886 et le Sénégal récupère Ziguinchor. S'il y a entente entre l'Administration et les chefferies peules, les tribus animistes de la côte sont difficilement soumises.

Province jusqu'en 1927, colonie de 1927 (l'acte colonial est promulgué en 1930 par Salazar) à 1951, puis de nouveau province, la Guinée portugaise est une colonie d'exploitation réservée aux seuls intérêts portugais.

2. Vers l'indépendance

En 1956, Amilcar Cabral fonde le parti africain de l'Indépendance de la Guinée portugaise et du Cap-Vert (PAIGC). À l'indépendance de la Guinée française, il crée à Conakry une école de cadres et, dès 1963, il se livre à des actions armées qui obligent le Portugal à envoyer des troupes, tandis que l'Administration est décentralisée et un Conseil exécutif installé. Tout en poursuivant la guérilla, le PAIGC met en place une organisation administrative : une Assemblée nationale populaire et des conseils régionaux sont élus en septembre 1973. L'Assemblée proclame l'indépendance, mais Cabral a été assassiné en janvier à Conakry.

3. La Guinée-Bissau contemporaine

3.1. Accès à l'indépendance

Le nouvel État, non accepté par le Portugal, mais reconnu par la plupart des pays africains et par l'ONU, prend le nom de Guinée-Bissau. Le conseil d'État, organe de l'exécutif, est présidé par Luis de Almeida Cabral, demi-frère d'Amilcar. À la suite du changement de régime en 1974 au Portugal, des négociations s'engagent dès le mois de mai avec Lisbonne. Le Portugal reconnaît l'indépendance de la Guinée-Bissau, le 26 août, par l'accord d'Alger, et la république est proclamée le 10 septembre.

L'orientation marxiste-léniniste du régime est confirmée en 1977. Le 14 novembre 1980, L. de Almeida Cabral est renversé par un coup d'État militaire.

3.2. João Bernardo (« Nino ») Vieira

Un Conseil de la révolution présidé par le commandant João Bernardo (« Nino ») Vieira est mis en place. Celui-ci devient également secrétaire général du PAIGC, dont sont écartés les éléments capverdiens. En 1984, Vieira renforce ses pouvoirs, cumulant les fonctions de chef de l'État et du gouvernement.

Réélu en 1989, après s'être résigné à une libéralisation de l'économie et avoir entamé un processus de rapprochement avec le Cap-Vert (accord de coopération de 1988, couronné en 1995 par une réconciliation), le président se résout à amorcer une démocratisation du régime en acceptant le multipartisme (1991). Les premières élections législatives pluralistes organisées à l'été 1994 se soldent par la nette victoire du PAIGC, qui permet à Vieira d'être reconduit à la tête de l'État.

L'application d'un second programme d'ajustement structurel (1994-1997), dans un contexte d'extrême pauvreté, les tensions frontalières avec les pays voisins (Guinée équatoriale, Sénégal) ainsi que la gestion hégémonique du pouvoir par le PAIGC contribuent à fragiliser fortement le régime du président Vieira. Celui-ci s'est rapproché de la francophonie et a obtenu, après dix années de négociations, l'entrée de la Guinée-Bissau dans la zone franc (mars 1997). Les liens institutionnels avec la lusophonie se sont également renforcés avec la création de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) en juillet 1996.

3.3. Guerre civile et démocratisation

Au début de l'été 1998, une mutinerie qui dégénère rapidement en guerre civile révèle la précarité du régime. Avec le soutien des troupes sénégalaises et guinéennes, le président tente de reprendre le contrôle de la situation. Plusieurs tentatives de conciliation avec les rebelles de l'ex-chef d'état-major, le général Ansumane Mané, ayant échoué, celui-ci obtient finalement le départ du président Vieira en mai 1999. Un nouveau chef de l'État – Malam Bacai Sanhá, président de l'Assemblée nationale populaire – est désigné par la junte militaire pour assurer l'intérim jusqu'aux élections générales (novembre-janvier).

En juillet, les députés adoptent une nouvelle Constitution, prévoyant entre autres la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, l'abolition de la peine de mort et l'octroi des principales fonctions de l'État aux seuls Bissau-Guinéens de père et de mère. Aux élections législatives de novembre 1999, le parti d'opposition (parti pour une Rénovation sociale, PRS) obtient le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée nationale. En janvier 2000, son leader, Kumba Ialá, remporte l'élection présidentielle, devançant largement M. B. Sanhá (72 % contre 28 % des voix). Après deux tentatives déjouées (novembre 2000 puis décembre 2001), K. Ialá est renversé en septembre 2003 par un coup d'État militaire à l'issue duquel l'armée nomme Henrique Rosa président.

3.4. Le retour du PAIGC et de João Bernardo Vieira

Les élections législatives de mars 2004 sont remportées par le PAIGC avec plus de 33,8 % des voix et 45 sièges devant le parti de la rénovation sociale (PRS, 26,5 % des voix, 35 sièges) et le Partido Unido Social Democrático (PUSD, 17,6 % des suffrages, 17 sièges). M. B. Sanhá (PAIGC) arrive en tête du premier tour de l'élection présidentielle, le 19 juin 2005, avec 35,4 % des voix devant l'ancien président de retour d'exil J. B. Vieira (28,8 %) et K. Ialá (25 %). Grâce au soutien d'une aile dissidente du PAIGC, alliée au PRS et au PUSD au sein du Forum de convergence pour le développement (FCD), J. B. Vieira s'impose au second tour, le 24 juillet, avec 52,3 % des suffrages face à son rival M. B. Sanhá.

Le président Vieira hérite d'un pays dans une situation économique désastreuse, et sociale, instable : frappés par un taux de chômage massif, 60 % de la population vivent en dessous du seuil de la pauvreté, les investisseurs boudent le pays, régulièrement confronté à des remous politiques. Après avoir démis de ses fonctions le Premier ministre de transition et chef du PAIGC, Carlos Gomes Junior, pour le remplacer par Aristide Gomes, chef de l'aile dissidente du PAIGC (novembre 2005), le chef de l'État est contraint de se séparer de ce dernier, à la suite d'une motion de censure votée par l'Assemblée nationale populaire et dans un contexte de crise économique et sociale en mars 2007 et de nommer Martinho N'Dafa Cabi, issu de l'opposition, en avril.

En août 2008, peu après le retrait fin juillet du PAIGC du Pacte de stabilité politique national signé en mars 2007 entre les principales formations pour soutenir le gouvernement, le chef de l'État dissout l'Assemblée et nomme Carlos Correia à la tête d'un nouveau gouvernement. Le 8, une nouvelle tentative de coup d'État est déjouée.

Les élections législatives du 16 novembre 2008 se déroulent dans le calme et dans des conditions de transparence saluées par la CDEAO, un satisfecit contesté toutefois par l'opposition et assombri par l'attaque, le 23, de la résidence présidentielle par un commando de militaires mutins. Le PAIGC remporte la majorité absolue des sièges (67 députés sur 100) devant le PRS de l'ex-président K. Ialá (28 députés), tandis que le parti républicain de l'Indépendance pour le développement (PRID), nouveau parti présidentiel créé par A. Gomes et d'autres personnalités proches du chef de l'État obtient moins de 8 % des voix et seulement 3 sièges.

Une nouvelle cohabitation entre le président Vieira et C. Gomes Junior, qui prend officiellement la tête du gouvernement le 2 janvier 2009, ne peut être évitée. Mais l'exacerbation des rivalités et des conflits d'intérêts au sommet de l'État conduit, les 1er et 2 mars, à l'assassinat du chef d'état-major des armées, le général Batista Tagmé Na Waié, et, en représailles, à celui du président Vieira. Le président de l'Assemblée nationale, Raimundo Pereira, assure l'intérim jusqu'à l'élection présidentielle anticipée.

3.5. La succession João Bernardo Vieira

Le 26 juillet, à l'issue d'un scrutin placé sous le contrôle de 150 observateurs internationaux qui ne constatent aucune irrégularité, M. B. Sanhá, candidat du PAIGC pour la troisième fois, l'emporte avec plus de 63 % des voix au second tour, face à K. Ialá qui reconnaît sa défaite.

Officiellement investi le 8 septembre, le nouveau président s’engage à lutter contre la corruption et le trafic de stupéfiants. Ce dernier est l’un des principaux enjeux des luttes entre factions au sein de l’appareil politico-militaire et en avril 2010, le chef d’état-major José Zamora Induta est destitué pour être remplacé par Antonio Indjai qui fomente un nouveau coup d’État militaire en avril 2012, entre les deux tours de l’élection présidentielle anticipée. Ce scrutin (organisé à la suite du décès en janvier 2012 du président Malam Bacai Sanhá) devait opposer le Premier ministre Carlos Gomes Junior arrivé en tête avec près de 49 % des suffrages au premier tour, à l’ex-président K. Ialá qui, accusant son adversaire de fraude, avait décidé de boycotter le second tour de l’élection. Avec la médiation de la CEDEAO, un président et un Premier ministre intérimaires, Manuel Serifo Nhamadjo, dissident du PAIGC, et Rui Duarte Barros, sont chargés de mener la transition politique.

Ce n’est qu’en avril et mai 2014 que se tiennent finalement les élections générales censées redonner au pays une stabilité politique par le retour à la légalité constitutionnelle. Le PAIGC remporte la majorité absolue des sièges (57 sur 102) devant le PRS (41 députés). Son candidat José Mario Vaz l’emporte au second tour du scrutin présidentiel avec 61,9 % des voix face à Nuno Gomes Nabiam, ancien membre du PRS, mais qui s’est présenté sans étiquette et a reçu l’appui de ce parti ainsi que de l’armée. C’est ainsi sous la surveillance de cette dernière que le nouveau président entre en fonctions le 23 juin. Domingos Simões Pereira, président du PAIGC, devient Premier ministre. En désaccord sur de nombreux sujets avec son Premier ministre, José Mario Vaz limoge ce dernier le 20 août 2015 et nomme à la tête du nouveau gouvernement Baciro Djá. Cette nomination étant jugée inconstitutionnelle par la Cour de Justice, celui-ci démissionne le 9 septembre et cède sa place à Carlos Correia (19 septembre).