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Cuba

Cuba

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Cuba
Nom officiel : République de Cuba

État insulaire situé à l'extrémité nord des Antilles, Cuba est séparée de la Floride par le détroit de Floride, du Mexique par le détroit du Yucatán, d'Haïti (République d'Haïti et République dominicaine) par le canal du Vent.

Superficie : 111 000 km2
Nombre d'habitants : 11 204 000 (estimation pour 2009)
Nom des habitants : Cubains
Capitale : La Havane
Langue : espagnol
Monnaie : peso cubain

Chef de l'État : Raúl Castro Ruz

Chef du gouvernement : Raúl Castro Ruz

Nature de l'État : république, régime socialiste

Constitution :

 Entrée en vigueur : 24 février 1976

 Révision : juillet 1992

Institutions

Exécutif

Chef de l'État et du gouvernement : président du Conseil d'État

Législatif

 Assemblée nationale du pouvoir populaire

GÉOGRAPHIE

Le milieu naturel

Allongée sur 1 250 km un peu au sud du tropique du Cancer, large de 30 à près de 200 km, Cuba est la plus grande île des Antilles (105 007km2). Elle se situe à l'entrée du golfe du Mexique, entre le détroit de Floride et le seuil du Yucatán. Près de 80 % du territoire sont constitués de plaines et de bas plateaux formés de roches calcaires, d'âge secondaire et tertiaire, faiblement soulevés dans la seconde moitié du tertiaire. Les plaines sont recouvertes d'argile de décalcification et d'alluvions fines. Les plateaux sont plus ou moins disséqués par l'érosion karstique ; ils s'étendent surtout au centre. À l'ouest, les calcaires ont été soulevés en blocs fortement attaqués par l'érosion karstique (sierra de los Organos, 600 m d'altitude). Au centre, la table calcaire a été traversée par des montées volcaniques anciennes et soumises au métamorphisme (sierra de Trinidad, Cordillère centrale). Au sud-est, elle s'appuie au complexe montagneux sierra Maestra-sierra de Cristal orienté de l'ouest à l'est, associé à la fosse de Bartlett (−7 239 m) et constitué principalement de roches métamorphiques soulevées à la fin du secondaire et au début du tertiaire. Escarpée, densément boisée, la sierra Maestra a servi de refuge et de point de départ de la révolution de 1958. Les dépendances de Cuba reposent sur son vaste plateau continental (−20 m) immergé lors de la transgression récente. L'île des Pins (rebaptisée île de la Jeunesse) est formée de collines de roches métamorphiques au nord, d'une plaine calcaire au sud et de marécages au centre. Les autres îles, regroupées en archipels (Jardins de la Reine, Jardins du Roy), ne sont que des îlots coralliens.

   De type tropical, le climat est modérément pluvieux : température moyenne annuelle de 25 à 26 °C, avec de faibles écarts saisonniers (cependant avec possibilité de coups de vent froids l'hiver, les nortes) ; pluviométrie moyenne annuelle de 1 200 mm, concentrés de juin-juillet à novembre-décembre (avec possibilité de cyclones). Des forêts plus ou moins claires et caducifoliées recouvraient à l'état naturel les plaines et les plateaux ; avec les défrichements, elles ont été éliminées ou transformées en savanes. La forêt dense s'étendait sur les montagnes de l'Oriente ; elle a été très entamée et dégradée en fourrés épais par l'agriculture itinérante. La nature calcaire des roches et l'écoulement karstique des eaux réduisent le réseau hydrographique de surface à des ruisseaux saisonniers et à de petites rivières côtières ; seul celui du Cauto dans l'Oriente est organisé. Mais les ressources en eau sont abondantes en profondeur et peuvent être utilisées. Les conditions du milieu donnent un excellent potentiel pour l'agriculture et l'élevage, 80 % des sols étant utilisables.

La population

Cuba était, avant l'arrivée des Espagnols, en 1492, l'un des principaux centres de population amérindienne des Antilles. Celle-ci (Tainos, Guanahatabeyes) a disparu en quelques années, après l'arrivée des colons, victime du pillage, des épidémies et de l'institution du travail forcé. La population cubaine actuelle est issue d'un métissage très important entre descendants d'esclaves africains et Européens. Les Africains arrivèrent dans l'île dès le début de sa colonisation, au XVIe s. Cependant, le développement de Cuba, fondé sur la production sucrière et le travail des esclaves, ne prit vraiment de l'expansion qu'à partir de la fin du XVIIIe s. Vers 1840, les Africains représentaient la majorité de la population de l'île. La peur d'une domination noire poussa alors les dirigeants à modifier la politique d'immigration, tournée désormais vers les populations européennes, d'où l'arrivée massive, entre 1860 et 1939, de travailleurs en provenance d'Espagne. Parallèlement, l'immigration, au XIXe s., de travailleurs Chinois sous contrat et d'Amérindiens en provenance du Yucatán mexicain, puis, au début du XXe s., de nombreux Antillais (Jamaïque, Haïti, Guadeloupe) est venue renforcer la diversité cubaine.

   La structure de la population, aujourd'hui, diffère de celle de la plupart des pays voisins des Antilles. Le pays enregistre en effet, à la fin des années 2000, un taux de croissance démographique quasiment nul, situation qui s'explique par un taux de natalité très modéré pour la région (13 ‰) et un indice de fécondité (1,5 enfant par femme) bien en dessous du seuil de renouvellement des générations. De même, le poids de la jeunesse (17 % des habitants sont âgés de moins de 15 ans) est peu élevé pour un pays des Antilles. La population cubaine bénéficie d'un encadrement médical très développé (un médecin pour 270 habitants), ce qui a grandement contribué au maintien à un niveau bas des taux de mortalité générale (7 ‰) et infantile (5 ‰). Enfin, le mouvement d'émigration politique des Cubains, considérable depuis l'instauration du régime castriste en 1959, a eu une forte incidence sur la démographie. Plus de un million de Cubains vivent aujourd'hui à l'étranger, principalement en Floride et sur la côte est des États-Unis.

   Les Cubains sont dans leur grande majorité des citadins (ceux-ci représentent 76 % de la population totale). Les migrations intérieures ont fait l'objet de strictes régulations de la part des autorités politiques, le régime castriste ayant entrepris, avec succès, de combattre les déséquilibres régionaux. Le cas le plus significatif est celui de La Havane, dont le gonflement a été stoppé par un sévère contrôle de l'exode rural. Les autres villes cubaines ont largement bénéficié de ces mesures : ainsi, en dehors de la capitale, le pays compte désormais dix villes de plus de 100 000 habitants, dont les principales sont Santiago de Cuba, Camagüey, Holguín, Guantánamo, Santa Clara et Bayamo.

Caractéristiques économiques

Cuba est aujourd'hui confrontée à une grave crise, née de l'effondrement de l'Union soviétique. L'économie de l'île, fondée sur des principes marxistes, est encore largement contrôlée par l'État, qui n'est pas parvenu à résorber son extrême dépendance vis-à-vis de l'industrie sucrière. Cependant, elle se transforme, sous les effets d'ajustements et de concessions faites à l'économie de marché. On assiste, notamment, à une progression remarquable des activités minières et, surtout, à un essor spectaculaire de l'industrie touristique.

   Avant 1958, l'économie, dominée par les intérêts américains, était déjà foncièrement dépendante de l'exploitation de la canne à sucre. Dès les lendemains de la victoire de la révolution castriste, le nouveau pouvoir a orienté le pays vers une économie socialiste, calquée sur le modèle soviétique : planification centralisée, réforme agraire, gestion directe par l'Administration des différents secteurs d'activités. Réalisée en deux temps, en 1959 et en 1963, la réforme agraire a abouti à la transformation en grandes fermes d'État de la majeure partie des anciennes plantations sucrières, tout en renforçant le rôle considérable joué par la production de sucre de canne. Avant 1990, Cuba exportait ainsi l'essentiel de son sucre vers les pays d'Europe orientale et importait, en échange, du pétrole et des machines.

   Les progrès de l'industrialisation n'ont pas modéré cette orientation majeure. Le développement du pays a été favorisé par les accords de commerce, largement préférentiels, dont elle a bénéficié au sein du marché commun des pays socialistes (C.A.E.M., ou Comecon). Cuba recevait alors une aide financière supplémentaire de l'Union soviétique, évaluée à plus de 4 milliards de dollars. Profondément intégrée au monde communiste et soutenue artificiellement, l'économie de l'île s'est effondrée avec la disparition de l'Europe socialiste, à la fin des années 1980. De graves pénuries ont alors affecté tous les secteurs d'activités. Dans l'urgence, le régime a dû imposer à la population cubaine de terribles mesures d'austérité et, face à la détresse de la population, a été contraint d'adopter quelques mesures libérales. En 1993, il a autorisé la petite entreprise privée individuelle, une vaste réforme agricole a été engagée – elle prévoit la réorganisation des fermes d'État –, tandis que la possession par un Cubain de devises étrangères n'est plus illégale. Les investissements étrangers sont autorisés : depuis 1995, ils peuvent s'effectuer dans tous les secteurs de l'économie, à l'exception de la défense, de la santé et de l'éducation. En 1996, l'implantation d'entreprises étrangères est grandement favorisée par l'ouverture de zones de libre-échange. En 2008, l'État contrôle toujours 90 % de l'économie.

Agriculture et pêche

Le secteur primaire continue d'occuper 20,5 % de la population active. La canne à sucre (8e rang mondial) reste toujours le produit phare de l'agriculture cubaine ; les centres de production sucrière se concentrent dans la province de La Havane et le centre de l'île. Autre activité importante, le tabac, historiquement produit dans la province de Pinar del Río, est aussi cultivé aujourd'hui dans l'est de l'île. Les agrumes ont fait l'objet d'une expansion considérable ; avec le sucre et le tabac, ils constituent les principaux produits destinés à l'exportation, bien qu'ils restent à la merci des accidents climatiques (sécheresse, ouragans), très fréquents dans la région. Pour satisfaire la consommation intérieure, Cuba a entrepris de développer la culture du riz, des tubercules et des haricots, dont les volumes de production restent cependant insuffisants compte tenu des besoins de la population ; le pays est donc contraint d'importer une bonne partie des denrées alimentaires de base. L'élevage bovin demeure très présent dans les provinces centrales et orientales. Quant à la pêche, elle a connu un essor important grâce aux investissements de l'État : une industrie de la pêche a été créée ainsi de toutes pièces, dans un pays qui n'avait aucune tradition en la matière. L'exportation de langoustes vers l'Union européenne rapporte, aujourd'hui, de précieuses devises à l'économie cubaine.

Les industries minières et manufacturières

Le sous-sol cubain recèle des ressources minières importantes et variées. La production de nickel – à forte valeur ajoutée – prédomine, mais le pays fournit également d'importantes quantités de fer, de cuivre, de chrome et de cobalt. En revanche, des gisements d'or et d'argent ne sont pas exploités. Cuba produit un peu de pétrole. L'industrie manufacturière repose avant tout sur la transformation des produits agricoles et miniers (agroalimentaire, cimenterie, métallurgie, textile, engrais).

Le tourisme

Le potentiel touristique de l'île est considérable et le tourisme tend d'ailleurs à devenir, de nos jours, le principal pourvoyeur de devises. Des efforts de rénovation ont été entrepris dans les centres historiques des villes anciennes (notamment à La Havane). Le développement des infrastructures porte sur l'ensemble du territoire, et la ville de Varadero, à l'est de La Havane, est devenue l'un des principaux centres de villégiature de l'île. En 2006, Cuba a accueilli plus de 2 millions de touristes.

Le commerce extérieur et le relations extérieures

L'embargo américain a été assoupli depuis 2001 et des produits agricoles cubains sont désormais achetés par les États-Unis. Le pays a de plus conclu un accord avec le Venezuela : celui-ci fournit du pétrole à Cuba à prix privilégié, contre l'envoi au Venezuela de médecins et experts cubains. Le Venezuela est le premier partenaire commerciale de Cuba, devant la Chine.

   En 2008, l'île sort peu à peu de son isolement. Elle renoue des relations suivies avec l'Union européenne et intègre le Groupe de Rio (qui réunit 23 pays d'Amérique latine).

HISTOIRE

La domination espagnole

Découverte en 1492 par Christophe Colomb, Cuba est conquise entre 1511 et 1513 par Diego Velázquez. Ici comme ailleurs, la conquête produit un effondrement rapide de la population indienne. Jusqu'en 1540 environ, l'île sert de base d'opérations pour la conquête du continent américain, fournissant aussi bien des hommes (Herńan Cortés part de Cuba, en 1519, pour son expédition au Mexique) que l'équipement et le ravitaillement (farine et bétail). À cette époque, l'importance de Cuba est surtout stratégique : La Havane, escale pour les flottes espagnoles et port fortifié, contrôle le détroit de la Floride et l'entrée de la mer des Antilles.

   L'économie de plantation se développe très tôt. Le tabac, dont l'Espagne se réserve le monopole, et les plantes tinctoriales sont les premières productions. La canne à sucre, apparue vers 1548 autour de Santiago, se répand au XVIIe s. et triomphe au XVIIIe s. ; mais, pendant les deux premiers siècles de la présence espagnole, l'élevage reste l'activité dominante de l'île. L'occupation momentanée de La Havane par les Anglais (1762-1763) accélère cependant le mouvement de modernisation administrative : les Cubains reçoivent alors la liberté de commerce avec l'Espagne. De 1791 à 1804, la guerre d'indépendance de la colonie française de Saint-Domingue provoque la ruine de ce qui était la plus riche colonie sucrière esclavagiste du monde américain. Cuba prend alors la place de Saint-Domingue comme premier producteur de sucre au monde. Au même moment, la culture du café est introduite par les immigrants français fuyant la révolution de Saint-Domingue.

   L'accroissement du nombre d'esclaves noirs et la crainte des révoltes expliquent la fidélité de l'élite créole à l'Espagne, lors des guerres d'indépendance de l'Amérique latine. Malgré des soulèvements noirs (province d'Oriente en 1812), des conspirations créoles et des tentatives américaines pour racheter l'île, la présence espagnole ne sera pas sérieusement mise en cause avant 1868. Le soulèvement, cette année-là, de Carlos Manuel de Céspedes, qui libère alors ses esclaves, marque le début de la « guerre de Dix Ans » (1868-1878). L'insurrection, puissante dans les provinces d'Oriente et Camagüey, n'arrive pas à s'étendre à l'ouest du pays et à la ville de La Havane. Par la paix de Zanjón, Cuba obtient finalement une certaine autonomie et, en 1880, l'esclavage y est aboli. Cependant, les troubles continuent et, en 1895, à la faveur d'une crise sucrière, le poète José Martí et les généraux rebelles Máximo Gómez et Antonio Maceo se soulèvent de nouveau et proclament la république. La répression brutale du général espagnol Weyler indigne les Américains, qui contrôlent déjà le marché du sucre cubain. L'explosion du cuirassé Maine (février 1898), en rade de La Havane, provoque une guerre entre l'Espagne et les États-Unis. Battue, l'Espagne renonce à sa colonie, lors de la signature du traité de Paris (10 décembre 1898). Mais les insurgés cubains sont tenus à l'écart des négociations, l'île étant soumise à un gouvernement militaire américain.

La tutelle américaine

En 1901, le général américain Wood organise l'élection par les Cubains d'une assemblée constituante, qui adopte, sitôt élue, une Constitution de type présidentiel. Mais le Congrès américain impose l'amendement Platt, aux termes duquel Cuba doit soumettre tout accord diplomatique et militaire à l'autorisation de Washington. Les États-Unis imposent, en outre, un droit d'intervention en cas de troubles et la cession de deux bases navales ; en échange, les produits cubains – le sucre, en particulier – bénéficient de privilèges douaniers aux États-Unis. Les Américains évacuent l'île en 1902, et le gouvernement se constitue sous la présidence de Tomás Estrada Palma. En 1906, les incidents provoqués par la réélection du président Palma et le soulèvement des libéraux de José Miguel Gómez amènent une nouvelle occupation américaine, qui dure jusqu'en 1912. Les États-Unis interviennent de nouveau en 1917, lors de l'insurrection de Gómez contre le président Mario García Menocal (1917-1919). Pendant cette période, les liens unissant l'économie cubaine à celle des États-Unis se resserrent, en particulier grâce à la loi du 17 novembre 1914, qui institue la parité entre le peso et le dollar. L'île est alors soumise à la quasi-monoculture de la canne à sucre.

   Après la Première Guerre mondiale, la dépression économique provoque des troubles sociaux accompagnés d'un vif ressentiment à l'égard des États-Unis, confirmé par l'élection contestée d'Alfredo Zayas, en 1921. Puis le pays est soumis à la dictature du général Gerardo Machado (1925-1933). La crise de 1929, qui touche durement l'économie sucrière et accroît le mécontentement, se termine par la chute du gouvernement, en partie renversé par l'armée cubaine et le sergent Fulgencio Batista. Mais, devant la persistance du sentiment anti-américain, les États-Unis renoncent à leur droit d'intervention à Cuba dès 1934.

L'ère Batista

Devenu général, Fulgencio Batista domine, à partir de 1933, la vie politique de Cuba. Soutenu par les États-Unis, il s'oppose au libéral Ramón Grau San Martín, assure l'élection des présidents Carlos Mendieta (1934) et Miguel Mariano Gómez (1936) puis, de 1940 à 1944, détient le pouvoir à titre personnel. En 1944, à la faveur d'élections libres, Grau San Martín devient président ; mais son successeur, en 1948, Carlos Prío Socarrás, se discrédite aux yeux de tous. Fulgencio Batista reprend alors le pouvoir (10 mars 1952), bien accueilli par les syndicats et les communistes, qui ont déjà collaboré avec lui en 1940. Cependant, l'arbitraire et la corruption poussent l'opposition intellectuelle et paysanne hors des partis traditionnels : une première rébellion armée, qui s'est attaquée à la caserne de la Moncada, à Santiago de Cuba (26 juillet 1953), est réprimée brutalement, et son promoteur, Fidel Castro Ruz, emprisonné ; amnistié, ce dernier se réfugie au Mexique.

   

Fulgencio Batista est ensuite réélu en 1954. Cependant, le 2 décembre 1956, Fidel Castro débarque avec 80 partisans dans la province de l'Oriente, mais seule une poignée d'hommes, dont Che Guevara, réussit avec lui à prendre le maquis dans la sierra Maestra où, pendant deux ans, ils tiennent tête au gouvernement. La résistance urbaine, organisée par d'autres mouvements, se développe également, la guérilla rurale de Castro s'étendant dans les provinces orientales. Les États-Unis hésitent sur la politique à suivre. En mars 1958, ils suspendent l'envoi d'armes à Batista. Malgré l'échec d'une grève générale en avril, les insurgés brisent en juin la dernière grande offensive du gouvernement et lancent, à Noël 1958, une contre-offensive générale qui aboutit, en janvier 1959, au départ de Batista et à la proclamation d'Urrutia comme président (5 janvier 1960) par Fidel Castro. Une semaine plus tard, les États-Unis reconnaissent le nouveau régime.

Le régime castriste

La défense de la révolution

Bénéficiant d'un soutien populaire très favorable, le nouveau régime entreprend immédiatement des changements radicaux. Sur le plan institutionnel, une « loi fondamentale » remplace la Constitution de 1940. Créé le 16 octobre 1959, le ministère des Forces armées révolutionnaires (M.I.N.F.A.R.) – l'organisation d'avant-garde la plus sûre du régime – est placé sous le commandement de Raúl Castro Ruz, frère cadet de Fidel. La volonté de rupture avec le passé se prolonge par le lancement, la même année, d'une vaste réforme agraire (suivie d'une seconde en 1963) et la nationalisation des entreprises industrielles et commerciales du pays. Cette nouvelle politique mettant en péril les intérêts américains dans l'île, les États-Unis décrètent, le 10 octobre 1960, l'embargo total sur les importations et exportations cubaines.

   

En avril 1961, 2 000 contre-révolutionnaires cubains, entraînés par la C.I.A., débarquent dans la baie des Cochons (Playa Girón), dans le sud de l'île, mais les assaillants sont rapidement écrasés par les forces castristes. L'orientation communiste du régime s'accélère alors, aboutissant, en décembre 1961, à la proclamation par Fidel Castro du caractère socialiste de la révolution. Les États-Unis obtiennent l'exclusion de Cuba de l'Organisation des États américains en janvier 1962, et complètent ensuite leur arsenal répressif en imposant à l'île révolutionnaire un blocus économique et commercial.

   L'Union soviétique profite alors de la confrontation entre Cuba et les États-Unis pour s'introduire dans la région des Caraïbes, longtemps domaine réservé de l'influence américaine : une aide massive en armes, matériel, conseillers et techniciens est fournie à Cuba, ce qui ne fait que conforter les Américains dans leur politique agressive.

   

En 1962, le monde apprend que des missiles soviétiques ont été disposés sur le territoire cubain et pointés vers les États-Unis ; cette découverte provoque une crise internationale majeure (crise de Cuba). Les États-Unis, menaçant de déclencher une guerre, procèdent au blocus naval de l'île. La conflagration mondiale est évitée par Nikita Khrouchtchev, qui, démonstration faite de la puissance soviétique, accepte de démanteler les rampes de missiles.

L'institutionnalisation du régime

Le régime castriste consolide son pouvoir exclusif avec la création, le 1er octobre 1965, du parti communiste cubain (P.C.C.), dont Fidel Castro est le secrétaire général. Issu des F.A.R., le P.C.C. est exempt de toute lutte d'influence avec elles et constitue le second pilier du pouvoir. Poursuivant son intégration dans le monde communiste, Cuba obtient du « grand frère » soviétique qu'il s'engage à acheter chaque année, bien au-dessus du cours mondial, la moitié de la production de sucre cubaine. L'intégration économique de Cuba, qui intègre le Comecon en 1972, aux pays d'Europe de l'Est s'opère de plus en plus par le biais de commissions bilatérales, Fidel Castro se réservant les domaines de la réforme agraire et de la santé. Cependant, le principe général du Comecon étant fondé sur la spécialisation régionale ou nationale de la production, la politique économique ne fait que renforcer la dépendance de Cuba vis-à-vis de la production sucrière. Les progrès réalisés par le régime en matière d'éducation et de santé sont une grande réussite et, forte de son expertise, Cuba dispensera, à partir de 1963, une aide médicale gratuite dans de très nombreux pays d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie. Le premier congrès du P.C.C., en décembre 1975, puis l'adoption d'une Constitution socialiste, en février 1976, complètent l'organisation institutionnelle du régime, dont la radicalisation se poursuit. Déjà, dans les années 1960, des mesures d'encadrement social et politique avaient accompagné le durcissement du régime (en 1968, nationalisation du commerce privé ; en 1969, livret de travail obligatoire ; en 1971, lois antiparesse, centres de rééducation pour les absentéistes et les « éléments antisociaux », entraînement militaire obligatoire dans les écoles, etc.). Après la première vague d'émigration, consécutive à l'arrivée au pouvoir des révolutionnaires, 125 000 Cubains sont autorisés à partir pour la Floride (1980).

   Malgré les pressions américaines, qui, à partir de 1987, pointent les manquements aux droits de l'homme, malgré l'activité des dissidents et les appels au pluralisme politique dans l'île, Cuba ne s'éloigne pas de la voie communiste tracée par Fidel Castro. Le vaste renouvellement qui a lieu à l'occasion du IIIe Congrès du P.C.C., en février 1986, où de nombreux vétérans sont écartés au profit de femmes, de jeunes et de Noirs, ne modifie pas la ligne du régime. Pourtant, en juin 1989, un procès retentissant ébranle les dirigeants du régime. Le général Arnaldo Ochoa, plusieurs officiers de haut rang ainsi que plusieurs ministres, dont le ministre de l'Intérieur, sont condamnés pour trafic de drogue, corruption et connivence avec une organisation criminelle colombienne, le cartel de Medellín. La secousse est forte, mais Fidel Castro la retourne à son profit et l'utilise pour fustiger la bureaucratie et appeler à son remplacement.

Les « missions » de Cuba en Afrique, dans la Caraïbe et en Amérique latine

À partir de 1961, plusieurs pays africains (Guinée, Congo-Brazzaville, Angola, Tanzanie, Somalie) ont recours à des instructeurs cubains pour assurer l'entraînement de leurs guérillos sur place ou à Cuba. L'île intervient militairement en 1976 en Angola et apporte, en 1977, une aide militaire massive au gouvernement éthiopien marxiste de Mengistu Hailé Mariam. L'ouverture à La Havane, le 3 septembre 1979, du sixième sommet des non-alignés est pour Castro un incontestable succès personnel. À partir de 1969, Cuba met en sourdine l'expansion de la révolution en Amérique latine. Cette décision, qui rompt avec le guevarisme originel de la révolution cubaine, permet le rétablissement des relations diplomatiques avec plusieurs pays hispano-américains. Cependant, Cuba continue d'apporter un soutien actif aux gouvernemenst caribéens et sud-américains qui s'engagent dans la voie socialiste (Guyana, Nicaragua, Grenade) ainsi qu'à la guérilla du Salvador, ce qui provoque une forte tension avec les États-Unis de Ronald Reagan. L'hostilité américaine permet à Fidel Castro de consolider son régime et de mobiliser le pays, en le préparant à une agression nord-américaine imminente, menace régulièrement brandie par la suite. En 1983, l'état d'alerte national est proclamé après l'invasion de l'île de la Grenade par l'armée américaine, où cette dernière met fin à l'expérience socialiste qui s'y était développée avec l'aide cubaine. La page du soutien actif aux révolutions d'Amérique latine et aux régimes communistes d'Afrique paraît alors définitivement tournée : après avoir mis un terme en 1989 à sa présence militaire en Éthiopie, Cuba procède en 1989-1990 au retrait de ses troupes d'Angola, consacrant ainsi son désengagement du continent africain. Par ailleurs, à la suite du départ des sandinistes, elle interrompt son aide au Nicaragua.

La fin de l'ère soviétique et l'isolement du régime

La visite de Mikhaïl Gorbatchev, en avril 1989, marque un tournant dans les relations soviéto-cubaines – Fidel Castro condamnant la politique d'ouverture et de transparence prônée par ce dernier. Le démantèlement de l'Union soviétique, le départ de ses troupes installées sur l'île et la fin des subsides provoquent une grave crise économique. Dès 1989, les services de police et de sécurité du ministère de l'Intérieur (M.I.N.I.N.T.) sont placés sous le contrôle des F.A.R., qui sont également chargées d'administrer les secteurs clés de l'économie. En novembre 1990, le régime déclare l'entrée du pays en « période spéciale » et décrète le rationnement de tous les produits. Malgré la gravité de la situation économique et sociale, le gouvernement castriste durcit sa ligne politique. La dégradation qui s'ensuit pousse la population à des actes de désespoir : en juillet 1990, une cinquantaine de Cubains ayant trouvé refuge dans des ambassades étrangères à La Havane, la police cubaine pénètre dans l'enceinte de l'ambassade d'Espagne, provoquant ainsi une crise diplomatique aiguë entre les deux pays. En 1991, plusieurs milliers de Cubains franchissent, au péril de leur vie, le bras de mer qui sépare La Havane des îles Keys. Cherchant à faire tomber le régime, les États-Unis durcissent leur embargo contre Cuba. La loi Torricelli d'octobre 1992 rend illégal, pour un représentant étranger d'une compagnie américaine, le fait de commercer avec Cuba. Lorsqu'en 1994 des émeutes éclatent à La Havane, des milliers de Cubains tentent alors de gagner les côtes de Floride sur des radeaux de fortune : les États-Unis suspendent le droit à l'entrée automatique des Cubains sur leur territoire. En 1996, l'approbation de la loi Helms-Burton autorise l'administration américaine à poursuivre et à sanctionner des entreprises étrangères commerçant avec Cuba.

   La visite du pape Jean-Paul II, en janvier 1998, est l'occasion d'une éphémère détente intérieure et internationale : plusieurs prisonniers politiques sont libérés (février) ; les États-Unis annoncent l'allégement de leurs sanctions ; les liaisons aériennes directes sont rétablies, les remesas, transferts de fonds en provenance des émigrés cubains, sont autorisés (droits bientôt étendus à tout résident américain, quelle que soit son origine), ce qui permet à de nombreuses familles de survivre.

   Quant aux relations entre Cuba et les États-Unis, leur complexité est une nouvelle fois illustrée par la bataille juridique et médiatique de grande ampleur engagée autour d'Elián González, ce jeune garçon cubain secouru au large des côtes de Floride après le naufrage d'une embarcation de réfugiés (novembre 1999). Recueilli par des membres de sa famille installés à Miami, celui-ci est réclamé par son père soutenu par le régime castriste, qui en fait un symbole national. La justice américaine tranche en faveur de ce dernier, qui ramène son fils à Cuba (juin 2000). Dans les jours qui suivent, la Chambre des représentants adopte un texte autorisant désormais la vente de produits alimentaires et de médicaments à Cuba sous certaines conditions.

   Au lendemain de l'élection de George Walker Bush à la présidence des États-Unis, l'administration américaine exerce une pression accrue sur l'île afin d'y hâter la fin du régime de F. Castro. Dans cette optique, Washington augmente son aide financière aux organisations anticastristes. En novembre 2001 cependant, après le passage dévastateur du cyclone Michelle, les États-Unis offrent une aide humanitaire à Cuba, essentiellement en produits humanitaires. Dans le contexte de la guerre contre le terrorisme décrétée par les États-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, Cuba figure désormais sur la liste des États fomentant le terrorisme. Cette décision fait l'objet de critiques de la part de l'ancien président Jimmy Carter, qui, effectuant en mai 2002 une visite historique dans l'île communiste, appelle en faveur de la levée de l'embargo et apporte son soutien au projet Varela, une pétition initiée par des membres de la dissidence réclamant un référendum sur les libertés civiles.

   

Cuba cherche à rompre son isolement en renforçant ses relations diplomatiques et économiques avec ses voisins des Caraïbes ou d'Amérique du Sud. En 2002, la visite du président mexicain Vicente Fox contribue à renouer des liens largement distendus depuis le vote par le Mexique d'une résolution contre Cuba. Le Venezuela d'Hugo Chávez constitue, à bien des égards, le plus fidèle allié de Cuba. Les deux pays ont développé des relations privilégiées, concrétisées par nombre d'accords économiques et de projets conjoints. Ainsi, Caracas fournit un tiers des besoins en hydrocarbures de l'île ; en échange, Cuba déploie des milliers de médecins, de professeurs et d'entraîneurs sportifs au Venezuela. Tous les deux hostiles au projet de Zone de libre-échange des Amériques (Z.L.E.A.), lancé par Bill Clinton en 1994 et qu'ils dénoncent comme un projet néolibéral et néocolonial, Hugo Chávez et Fidel Castro lui opposent l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (A.L.B.A.), un projet alternatif d'intégration de la Patagonie aux Caraïbes. Cuba reprend également le dialogue avec l'Union européenne qui ouvre un bureau à La Havane ; les deux parties discutent de l'adhésion de l'île aux conventions de Lomé. Par ailleurs, l'Assemblée générale de l'O.N.U. vote à nouveau, cette fois presque à l'unanimité (à l'exception des États-Unis, d'Israël et des îles Marshall), pour la levée de l'embargo américain.

   Sur le plan intérieur, le régime castriste n'annonce cependant aucune inflexion de sa ligne politique traditionnelle. Au printemps 2003, Cuba lance une nouvelle campagne de répression : 75 dissidents (dont le journaliste et poète Raúl Ribero, libéré, pour raisons de santé, en décembre 2004), accusés d'être des « mercenaires » au service des États-Unis, sont condamnés à de très lourdes peines de prison au cours de procès expéditifs ; 3 personnes ayant détourné un ferry pour se rendre aux États-Unis sont exécutées. Depuis, condamné par la C.D.H. (avril 2004) et sanctionné par l'Union européenne, le régime cubain n'a de cesse de souffler le chaud et le froid, procédant alternativement à quelques libérations et à de nouvelles arrestations et cherchant à atténuer la pression de l'Europe en la divisant. En juin 2003, les membres fraîchement élus de l'Assemblée nationale de Cuba approuvent l'inscription dans la Constitution du pays d'un amendement prévoyant l'impossibilité d'une remise en cause du système socialiste. En juin 2004, les États-Unis annoncent des restrictions limitant la fréquence des venues sur l'île des Cubains exilés aux États-Unis ; les autorités cubaines répliquent par le retrait de la devise américaine (introduite en 1993).

   En 2005, F. Castro – conforté par une coopération de plus en plus étroite avec le Venezuela de Hugo Chávez, par une série de succès de la gauche latino-américaine tout au long de 2004 et par l'imminence d'autres basculements à gauche en 2005 – se convainc de la nécessité de refermer l'étroite ouverture économique et civile consentie à contre-cœur lors des années 1990. Ainsi est lancée l'opération de « rationalisation de l'économie », se traduisant essentiellement par la reprise de contrôle par l'État d'activités (microcommerce, services) qui lui avaient échappé. En avril 2006, F. Castro signe avec les présidents vénézuélien, H. Chávez, et bolivien, Evo Morales, un Traité commercial des peuples (T.C.P.), conçu comme une alternative aux accords de libre-échange signés avec les États-Unis par la Colombie et le Pérou.

Cuba à l'heure de la transition

Le 31 juillet 2006, F. Castro, malade, annonce la délégation provisoire de ses fonctions à la tête de l'État à son frère Raúl, son successeur officiellement désigné depuis 2001. Afin de pérenniser la survie de la révolution, le secrétariat du Comité central du P.C.C., qui avait été supprimé en 1991, mais qui restait le seul « digne héritier » de F. Castro selon les propres mots de son frère, est restauré, laissant présager une nouvelle direction collégiale à la tête du pays. Durant les mois qui suivent, dans ses quelques rares apparitions et déclarations publiques, le nouveau chef transitoire de l'État réaffirme chaque fois la continuité du régime tout en donnant quelques timides signes d'ouverture, appelant ainsi les dirigeants à « écouter » la population et à faire preuve davantage « d'autocritique ». Le 26 juillet 2007, dans un discours intitulé « Travailler avec un sens critique et créateur sans sclérose ni schématisme », R. Castro reconnaît la nécessité de « changements structurels et conceptuels » afin d'augmenter la productivité industrielle et agricole ainsi que les très bas salaires, tendant par ailleurs « un rameau d'olivier » aux successeurs de G. W. Bush. Le 28 décembre, devant l'Assemblée nationale du pouvoir populaire (A.N.P.P.), il admet le poids des « prohibitions excessives » et annonce que le gouvernement continuera à faire en sorte « que la terre et les ressources soient détenues par ceux capables de produire avec efficacité ». Après avoir ainsi préparé la succession officielle, R. Castro est élu à l'unanimité par les députés de l'A.N.P.P. à la présidence du Conseil de l'État le 24 février 2008. Depuis, le changement dans la continuité semble s'imposer. Malgré les appels à la démocratisation, la nomination d'une personnalité très orthodoxe comme numéro 2 du régime, José Ramón Machado Ventura, est interprétée plutôt comme un signe de durcissement, adressé notamment aux États-Unis. Dans cette phase de transition, les réformes économiques semblent toutefois inévitables.

Vers la fin de l'isolement

Bien accueillie par la communauté internationale, l'accession au pouvoir de R. Castro est suivie tout d'abord d'une nette amélioration des relations entre Cuba et l'Union européenne. En juin 2008, les sanctions imposées en 2003 par les Vingt-Sept sont officiellement levées et la coopération avec l'U.E. reprend à partir du mois d'octobre. Ouvertement soutenu par la plupart des pays latino-américains, notamment lors du premier sommet des pays d'Amérique latine et des Caraïbes sur l'intégration et le développement (C.A.L.C., Cumbre de América Latina y el Caribe) réuni au Brésil en décembre 2008, Cuba peut aussi compter sur les nouvelles orientations de la politique étrangère des États-Unis depuis l'élection de Barack Obama à la Maison-Blanche. En février 2009, un rapport présenté par le républicain Richard G. Lugar de la Commission des Affaires étrangères du Sénat, constate d'emblée « l'inefficacité » de la politique américaine en vigueur depuis 47 ans alors que « Cuba a cessé d'être une menace pour les États-Unis ». Si la suppression de l'embargo est pour le moment écartée, l'assouplissement de certaines restrictions – dans les secteurs de l'agriculture, de la santé et des énergies renouvelables notamment – ainsi qu'une meilleure coordination dans la lutte contre le trafic de drogue et l'émigration clandestine y sont ainsi préconisés, en vue de l'instauration progressive d'un climat de confiance entre les deux pays. Dans un premier temps, les restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Cubano-Américains vers leur pays d'origine sont ainsi levées avant la réouverture des discussions sur l'immigration et l'envoi direct de courrier. En juin 2009, l'exclusion de Cuba de l'Organisation des États américains (O.E.A.), décidée en 1962 à la demande des États-Unis, est annulée et si Cuba écarte son éventuelle réintégration, cette mesure, adoptée par consensus, est hautement symbolique et constitue une nouvelle étape vers la fin de son isolement.

Repères d'actualité

22-26 février 2010 : la mort, le 22 février, du dissident Orlando Zapata des suites d'une grève de la faim observée pour protester contre ses conditions de détention, suscite de nouveau l'attention de la communauté internationale sur le sort des prisonniers politiques à Cuba. Cinq opposants, dont quatre détenus, faisant partie des 75 personnes arrêtées en mars 2003 et dont la plupart sont toujours en prison, cessent à leur tour de s'alimenter en signe de protestation. Outre ces 75 dissidents du « printemps de Cuba », plus de 200 prisonniers politiques seraient toujours détenus dans les geôles cubaines. Au pouvoir depuis maintenant deux ans, R. Castro dit « regretter » ce décès qui intervient alors que les relations avec Washington se sont tendues depuis l'arrestation en décembre 2009 d'un citoyen américain, accusé d'espionnage. Si des protestations s'élèvent en Europe et aux États-Unis, et si l'Église catholique cubaine appelle le gouvernement à créer des « conditions de dialogue », les réactions sont plus rares en Amérique latine – à l'instar de celle, embarrassée, du président brésilien Lula en visite officielle dans l'île au même moment –, et plutôt timides et tardives en Espagne.
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