
Chef de l'État : Joseph Kabila
Chef du gouvernement : Adolphe Muzito
Nature de l'État : république
Constitution :
Adoption : 18 décembre 2005
Entrée en vigueur : 18 février 2006
Exécutif
Chef de l'État et du gouvernement : président de la RépubliqueLégislatif
Le Parlement se compose de l'Assemblée nationale et du Sénat.Les grandes étapes de l'histoire géologique de l'Afrique centrale expliquent assez bien les paysages morphologiques actuels de la République démocratique du Congo. Pendant toute la période précambrienne, une succession de cycles orogéniques façonnèrent un socle continental, ou bouclier, finalement aplani et fortement minéralisé. Du paléozoïque au cénozoïque, une érosion surtout continentale accumule d'épaisses séries sédimentaires, en majorité gréseuses, dans les dépressions de la surface. Au miocène, la tectonique a eu deux conséquences essentielles : d'une part, la formation d'une vaste cuvette limitée par des bombements périphériques plus ou moins élevés, et, d'autre part, des fractures majeures donnant naissance à des fossés d'effondrement et à des manifestations éruptives. On peut reconnaître ainsi plusieurs grandes unités physiques.
Au nord-ouest, limitée artificiellement par les cours du Congo et de l'Oubangui, s'étend, entre 300 et 500 m d'altitude, une cuvette alluviale sillonnée par un dense réseau hydrographique ; de larges plaines inondables, où s'étalent les crues, s'enfoncent vers l'amont entre des terrasses sablonneuses et sèches. Un talus bien marqué ou une pente régulière font la transition avec des plateaux dont l'altitude croît jusqu'à plus de 1 000 m, et dans lesquels les rivières ont creusé des vallées profondes et verdoyantes. Une troisième auréole est formée par les terrains anciens, qui offrent des paysages variés : hauts plateaux semés d'inselbergs (Katanga occidental, Uélé), alignements de collines et de chaînons appalachiens (Mayombe), lourds massifs aux sommets aplanis (Mitumba, monts Kibara) voisinant avec des fossés d'effondrement (Upemba). Les contrastes sont majeurs à l'est, avec les grands rifts occupés par des lacs (Tanganyika, Kivu), que dominent horsts granitiques (Ruwenzori) ou appareils volcaniques (chaîne des Virunga). À l'ouest, une étroite façade maritime comprend de bas plateaux et une côte à cordons sableux souvent marécageuse.
La République démocratique du Congo connaît trois régimes climatiques. Le Centre (la Cuvette) a un régime équatorial : plus de 1 500 mm de pluies par an, étalées sur toute l'année, une température moyenne de 26 °C à très faible amplitude, une forte humidité atmosphérique. Le Nord et le Sud connaissent un régime tropical : 3 à 7 mois de saison sèche, averses souvent violentes, amplitude thermique annuelle de 6 à 10 °C. L'altitude (à l'est) altère la zonalité des climats : forts contrastes pluviométriques entre les versants, températures moyennes modérées (16 à 18 °C) ; neiges éternelles et glaciers coiffent le Ruwenzori. La façade maritime, baignée par les eaux fraîches du courant de Benguela, est anormalement sèche pour sa latitude (800 mm par an). Ces caractéristiques climatiques expliquent les régimes fluviaux : à cheval sur les deux hémisphères, le bassin du fleuve Congo est alimenté toute l'année. Les nombreux lacs de la cuvette centrale et de l'Est jouent un rôle économique précieux (navigation et surtout pêche).
Trois grands types de formations végétales se partagent le territoire. La forêt dense ombrophile (1 million de km2) occupe la basse cuvette, une partie des reliefs de l'Est et se prolonge en galeries dans la zone des plateaux. La présence du palmier à huile y témoigne du passage des hommes. La savane lui succède : son aspect varie avec les conditions locales physiques et humaines : savane herbeuse, arbustive, arborée, boisée. Au Katanga et au sud-ouest règne la forêt claire décidue, dont la strate arborée domine un tapis herbacé continu. Sur les pentes des hautes montagnes de l'Est, l'étagement de la végétation est classique : nebelwald, puis forêt de bambous, bruyères arborescentes, séneçons, mousses, etc.
Un vaste territoire (plus de quatre fois la superficie de la France), des distances considérables (l'équivalent de Paris-Moscou entre la façade atlantique et le Nord-Est), des obstacles gigantesques (immenses fleuves coupés de rapides et de chutes, forêts impénétrables) : ces contraintes naturelles ont marqué profondément, et depuis longtemps, le peuplement du pays. Aux grandes régions physiques correspondent des groupements diversifiés, relativement isolés les uns des autres, souvent liés à des populations transfrontalières et considérés, selon les époques, comme des races, des peuples ou des ethnies. On distingue, pour l'essentiel, les groupes de l'Ouest et du Sud-Ouest, notamment les Kongos et les Loubas, dont les liens avec le Congo et le nord de l'Angola sont anciens ; ceux du Sud (Lundas), tournés également vers l'Angola mais surtout vers la Zambie ; ceux de l'Est, parties prenantes de la région des Grands Lacs qui bénéficie d'un climat d'altitude et accueille une population très dense et très variée. Le centre du pays (la cuvette congolaise) ainsi que le Nord sont en revanche beaucoup moins peuplés.
Un second trait caractérise la République démocratique du Congo : l'urbanisation. C'est, en effet, l'un des rares pays d'Afrique à posséder plusieurs agglomérations approchant ou dépassant le million d'habitants. L'exode rural et la forte poussée démographique (près de 3 % par an) ont gonflé les villes, à l'image de la capitale, Kinshasa, dont l'agglomération est estimée à près de huit millions de « Kinois ». Parmi les autres grandes villes figurent Lubumbashi, Kisangani, Bukavu, Kikwit et Mbuji-Mayi. Le verbe estimer revient constamment quand il s'agit d'observer la réalité humaine et économique de ce pays. L'appareil statistique s'est effondré en même temps que l'État, et la volonté de reprise en main affichée par le nouveau régime ne s'est pas traduite par une amélioration de l'information.
Tout semble excessif lorsqu'il est question de la République démocratique du Congo, ses dimensions, ses drames, mais aussi les jugements portés sur ses richesses. Elles seraient tout simplement « fabuleuses ». Il est certain que la géologie, la variété des sols et des climats, le réseau hydrographique, les forêts favorisent la diversité des productions, des minerais (cuivre, cobalt) à la pêche, en passant par les cultures vivrières (maïs, manioc, banane plantain) et commerciales (café, cacao, palmistes). Mais l'on oublie trop facilement certains handicaps, comme la présence sur une partie du territoire de la mouche tsé-tsé, qui limite le développement de l'élevage et des établissements humains, ou les difficultés d'exploitation de certains gisements. Domine également le problème des transports. Les échanges internes sont longs, lents et coûteux, et freinent l'émergence d'une économie nationale intégrée. Exportations et importations doivent souvent être acheminées sur de longues distances à travers des pays étrangers (Angola, Zambie, Tanzanie pour ce qui concerne le Sud et l'Est). L'amélioration de la « voie nationale » reliant le Katanga à l'océan fut longtemps une obsession de l'ex-président Mobutu, qui, parallèlement à l'aide extérieure, y consacra d'importants financements, sans résultat. L'entreprise exige de combiner fleuve et rail, avec plusieurs ruptures de charge, et sa réussite dépendait d'une gestion rigoureuse des infrastructures et des matériels, que l'ancien régime n'a jamais été en mesure d'assumer.
Dans un tel contexte, l'économie du pays est devenue presque entièrement « informelle ». La grande majorité de la population lutte pour sa simple survie, et y parvient de plus en plus mal. Quelques-uns, liés au pouvoir, ou hiérarques des diverses armées étrangères se partageant le pays, réussissent à accumuler des fortunes grâce à des trafics en tout genre (dont celui du diamant). Les carences de l'État sont palliées vaille que vaille : c'est ainsi, par exemple, que les communautés religieuses, implantées sur l'ensemble du pays, sont amenées à jouer un rôle essentiel en matière de communications grâce à leur réseau radio et leurs petits avions…
Pays potentiellement riche en raison de ses nombreuses ressources naturelles, la République démocratique du Congo a été ruinée par plusieurs années de désordres et de guerre civile. Mais la situation paraît se stabiliser et l'espoir renaît depuis 2003. L'inflation a été considérablement diminuée et les finances publiques ont été assainies. La dette publique demeure cependant très élevée et grève lourdement le redressement économique. Ce dernier dépendra aussi de la réunification du territoire et de la réhabilitation des infrastructures de transports. La majorité des actifs se consacrent encore à l'agriculture, largement vivrière (manioc, maïs, banane plantain). Des plantations fournissent de l'huile de palme et des palmistes, du café et du caoutchouc, qui sont exportés. Mais toutes les ressources agricoles et animales ont connu une baisse de production très sensible depuis une dizaine d'années, à l'exception notable du maïs. Aussi le pays doit-il importer une part croissante de son alimentation. Les ressources minières sont très abondantes et variées : cuivre, cobalt (pour lesquels le pays détient respectivement 10 % et 40 % des réserves mondiales), zinc, argent, manganèse, étain, or, diamants à usage industriel, uranium et pétrole. Cependant, à la suite de l'effondrement de la société publique Gécamines et de la baisse des cours mondiaux, la production a considérablement baissé, celle du cuivre, par exemple, a été divisée par dix entre 1990 et 2002. Le potentiel hydroélectrique, un des plus puissants du monde, est encore largement sous-utilisé. Peu compétitif, le secteur industriel se concentre dans les trois pôles de Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani. Il vise essentiellement la satisfaction du marché national (métallurgie, mécanique, agroalimentaire, textile, travail du bois, chimie, etc.).
En 2007, la République démocratique du Congo a signé avec la Chine un très gros contrat. De grandes sociétés chinoises vont avoir un accès privilégié, pendant trente ans, aux mines de cuivre, de cobalt et d'or ; elles s'engagent, en échange, à effectuer d'immenses travaux d'infrastructures (routes, autoroutes, chemins de fer, universités, logements, hôpitaux).
La vaste cuvette congolaise est le théâtre de migrations importantes, qui expliquent la diversité de peuplement du pays. De nombreux royaumes se mettent en place, pratiquant un commerce actif. Le moins mal connu d'entre eux est le Kongo, qui le premier s'ouvre à l'influence européenne, dès la fin du XVe s. La traite négrière ravage très tôt la région et se poursuit presque jusqu'à la fin du XIXe s., au moins en ce qui concerne la traite orientale. On estime qu'elle touche 5 millions de personnes. C'est d'ailleurs sous le prétexte de l'éradiquer totalement que le roi des Belges Léopold II s'intéresse au Congo, y envoie l'explorateur Stanley et obtient en 1885 à la conférence de Berlin le contrôle à titre personnel du nouvel « État indépendant du Congo ». Faute de moyens suffisants pour faire face aux révoltes, en butte à une campagne d'opinion internationale qui critique ses méthodes brutales, incapable de rembourser les emprunts qu'il a souscrits, il doit le rétrocéder à la Belgique en 1908.
Ne disposant pas d'une véritable administration, Léopold II ne peut que « sous-traiter » la mise en valeur de son domaine. C'est le règne des sociétés concessionnaires, des compagnies à charte, avec tous les excès que ce système implique, à commencer par l'appropriation des « terres vacantes et sans maître », sur lesquelles le colonisateur refuse de voir que s'exerçaient généralement des droits ancestraux. Sans parler du travail forcé pour le « portage » (transport à dos d'homme) et la construction des infrastructures telles que pistes et chemins de fer. Malgré l'adoucissement des méthodes imposées par le législateur belge à partir de 1908, les grandes entreprises coloniales continuent de jouer un rôle essentiel dans la production destinée à satisfaire les besoins de la métropole. L'Union minière du Haut-Katanga (UMHK), filiale de la très puissante Société générale de Belgique, incarne l'État dans sa région, aucun gouverneur ne pouvant être nommé sans son accord. L'UMHK s'occupe de tout, des « cantines » (magasins d'entreprise) à la santé, en passant par le logement et l'éducation, qu'elle finance. Ce modèle très paternaliste est aussi celui des grandes plantations. Il n'aurait sans doute pas pu s'étendre et durer s'il n'avait pas été soutenu avec conviction par l'Église catholique, qui peut propager d'autant plus facilement ses messages spirituels et temporels qu'elle dispose d'un quasi-monopole en matière d'enseignement. Ce dernier n'est pas sans mérites : utilisant largement les langues nationales, il forme d'excellents cadres subalternes, y compris dans les secteurs techniques. Mais il faut attendre 1954 pour que l'Église ouvre la première université (Lovanium, à Léopoldville), ce qui décide l'État belge à créer la sienne à Élisabethville (Lubumbashi), au Katanga.
L'omniprésence des Églises « blanches » ne va pas sans réactions. La plus importante d'entre elles est l'œuvre de Simon Kimbangu (1890-1951), qui se présente comme prophète et thaumaturge, et que certains de ses disciples considèrent encore comme le « Messie noir » (→ kimbanguisme). Inquiétant vivement les autorités par son nationalisme, Kimbangu est jeté en prison en 1921, où il reste jusqu'à sa mort en 1951. Le prophète est désormais un martyr. Ses fils fondent à la veille de l'indépendance l'« Église de Jésus-Christ sur la Terre selon Simon Kimbangu », qui conquiert une grande audience populaire, notamment dans la capitale et sa région. Le maintien de l'ordre, lorsque l'encadrement économique et spirituel ne parvient pas à prévenir des révoltes, est confié à la « Force publique », sorte de gendarmerie noire entièrement dirigée par des officiers belges, créée dès 1886.
La Seconde Guerre mondiale constitue une rupture. L'écrasement sur son propre sol du colonisateur tout-puissant a un profond retentissement chez les « évolués », selon l'expression de l'époque. Coupé totalement de sa métropole, le Congo belge devient pratiquement autonome, et contribue à l'effort de guerre des Alliés par ses minerais (c'est avec de l'uranium congolais que sera construite la première bombe atomique) et par ses hommes. Le boom des matières premières, qui va se prolonger (besoins de la reconstruction européenne, guerre de Corée), favorise le Congo et en fait une des colonies les plus riches d'Afrique. Le pays entre alors dans une période d'expansion continue.
Sur le plan social, le « retour à la normale », en 1944-1945, se traduit par des soubresauts révélateurs. De manière significative, la Force publique, à l'honneur pendant la guerre, se mutine à plusieurs reprises ; les « corvées » (travail forcé), sont de moins en moins bien supportées ; le développement du salariat conduit à la constitution des premiers syndicats noirs. Mais les lobbies coloniaux, grandement influents dans les milieux politiques conservateurs et démocrates-chrétiens de Bruxelles, refusent toute évolution. Les tentatives d'ouverture du cabinet socialiste-libéral Van Acker (1954-1958), qui a tenté de mettre fin à l'influence de l'Église dans l'enseignement congolais, soulèvent des passions. L'apaisement ne sera obtenu qu'au prix du rétablissement des subventions aux écoles confessionnelles. Fin 1955, une étude du professeur Van Bilsen intitulée Plan de trente ans pour l'émancipation de l'Afrique belge fait scandale, alors que la France prépare la loi-cadre qui va accorder l'autonomie à ses territoires d'outre-mer et que la Grande-Bretagne envisage l'indépendance de la Gold Coast (Ghana actuel), qui va intervenir en 1957.
Le mémoire Van Bilsen est un élément déclencheur pour un certain nombre d'intellectuels congolais. Joseph Iléo et quelques autres publient en juin 1956 le Manifeste Conscience africaine. Un peu plus tard, Joseph Kasavubu crée l'Alliance des Bakongos (Abako), Moïse Tschombé, la Confédération des associations tribales du Katanga (Conakat). Tous les partis créés alors sont régionalistes, ou même « ethniques », à une exception près, le Mouvement national congolais (MNC), bientôt dirigé par Patrice Lumumba. Déjà apparaît le grand clivage entre fédéralistes (voire séparatistes) et unitaristes qui demeure, quarante ans plus tard, la pierre de touche de la vie politique congolaise.
Le 4 janvier 1959, l'Abako de J. Kasavubu organise une manifestation à Léopoldville, réprimée si énergiquement qu'il y a 50 morts parmi les Africains. Les dirigeants de l'Abako sont arrêtés. Le roi Baudouin admet alors officiellement le principe de l'indépendance du Congo. Un an plus tard, une table ronde belgo-congolaise se réunit à Bruxelles pour discuter des modalités de l'indépendance. La pression des nationalistes est d'autant plus vive qu'ils ont sous les yeux l'exemple du Congo français, où les décisions libérales prises par le très respecté général de Gaulle se sont concrétisées : Brazzaville est depuis novembre 1959 la capitale d'une République associée à la France. La partie belge de la table ronde cède sur tous les points. Elle estime sans doute que la tutelle de la métropole se maintiendra grâce aux cadres belges que ne peuvent remplacer des cadres nationaux, en nombre très insuffisant. L'indépendance est fixée au 30 juin.
Dès la cérémonie d'indépendance, les malentendus s'installent. Devant le roi Baudouin, Patrice Lumumba prononce un discours anticolonialiste et présente l'indépendance comme la conquête du seul peuple congolais. Progressiste et centralisateur, il s'oppose bientôt au fédéraliste J. Kasavubu, désigné comme chef du nouvel État. Le 5 juillet, la Force publique se mutine, ne voulant plus être dirigée par des officiers belges. L'armée belge intervient de sa propre autorité pour protéger les Européens, négligeant le fait qu'elle se trouve désormais dans un pays indépendant. De graves troubles commencent, qui vont donner lieu à des excès de toute nature, portés à la connaissance de l'opinion publique mondiale par des journalistes qui insistent volontiers sur le caractère « barbare » des exactions commises par les Congolais. La période d'extrême confusion qui s'ouvre alors se caractérise essentiellement par des sécessions et des rébellions qui menacent le pouvoir central d'anéantissement, et le laissent à la merci d'un coup d'État.
La première des sécessions, la plus durable et la plus connue, est celle du Katanga. Moïse Tschombé, soutenu par l'UMHK et bénéficiant de la protection des troupes belges, proclame l'indépendance de la riche province dès le 11 juillet 1960. Il met en place les structures d'un véritable État, et notamment une force armée, les « gendarmes katangais », encadrés par des mercenaires. Il ne s'inclinera qu'en janvier 1963, lorsque les forces de l'ONU, présentes depuis le début des troubles, se décideront à intervenir d'une façon décisive. L'exemple de Tschombé est suivi peu de temps après par Albert Kalonji au Sud-Kasaï. L'affaire tourne à la farce tragique lorsque Kalonji s'autoproclame empereur.
Les rébellions commencent d'abord avec celle d'Antoine Gizenga, qui fonde en décembre 1960 à Stanleyville (actuelle Kisangani) un gouvernement qu'il considère comme le seul légal. Gizenga se laissera facilement convaincre d'abandonner l'aventure contre un poste de vice-Premier ministre à Léopoldville (août 1961). Plus sérieuses sont les rébellions déclenchées en 1964 au Kwilu (Pierre Mulele) ainsi qu'au Kivu et au Nord-Katanga. Cette dernière installe à Stanleyville un gouvernement populaire dirigé par Christophe Gbenyé, qui sera réduit en novembre par l'armée nationale, épaulée par les parachutistes belges. Pour leur part, les maquis mulélistes combattront jusqu'à la mort de leur chef, qui sera assassiné en 1968.
Depuis le 14 septembre 1960, peu après la sécession du Katanga, l'ancien sergent Joseph Désiré Mobutu, qui vient d'être nommé colonel et chef d'état-major de l'armée par Patrice Lumumba, s'est emparé du pouvoir à Léopoldville. Pour mettre fin à l'antagonisme qui oppose le Premier ministre au président Kasavubu, il a suspendu les institutions et confié le pouvoir à un collège de jeunes universitaires. Placé en résidence surveillée, Lumumba est arrêté un peu plus tard lors d'une évasion, et livré aux sécessionnistes katangais, qui l'assassinent (17 janvier 1961). Lumumba prend alors la dimension d'un mythe. C'est en son nom, symbole de la volonté d'unité nationale, que sont engagées les rébellions de Gizenga, Mulele et Gbenyé. Mobutu lui-même récupérera ce mythe à son profit à partir de 1966. Les années qui suivent la mort du héros consacrent sur le plan politique la prééminence des tendances fédéralistes avec les gouvernements de Cyrille Adoula et de Tschombé (juillet 1964), qui a été rappelé d'exil. En 1962 est adoptée une réforme qui crée 21 provinces (contre 6 auparavant). Le pays est totalement balkanisé, soumis aux caprices et aux pillages des baronnies provinciales.
Sûr de l'appui d'une armée dans laquelle il a instauré un minimum de discipline, inquiet sans doute du poids croissant de Tschombé, dont le parti, la Convention nationale congolaise (Conaco), vient de remporter les élections législatives (printemps 1965), mais qui a été renvoyé par le président Kasavubu en octobre, Mobutu destitue ce dernier le 24 novembre et déclare assumer « pour cinq ans » les fonctions de chef de l'État. En réalité, son « règne » durera trente ans.
Le coup d'État recueille une large approbation, tant dans le pays qu'à l'étranger. Mobutu est alors perçu comme un homme énergique, mais pondéré et honnête. Il va mener une stratégie simple, mais efficace : éliminer ses adversaires, neutraliser ses concurrents, imposer l'ordre intérieur, renforcer l'unité du pays. Sur le plan extérieur, sa ligne politique, sommaire, se résume à un anticommunisme qui lui vaudra l'appui sans faille, voire la complaisance, des puissances occidentales, ce qui ne l'empêche pas de tenir, à usage interne, des discours nationalistes et anticolonialistes.
Les années 1966 et 1967 sont révélatrices. Une des premières décisions de Mobutu est de réduire le nombre des provinces à 14 et d'africaniser le nom des grandes villes. Léopoldville devient Kinshasa. Le 2 juin 1966 sont exécutés publiquement, après un procès expéditif, « les conjurés de la Pentecôte » arrêtés le 30 mai. Durant l'été, l'armée, aidée de mercenaires dirigés par Jean Schramme et Bob Denard, met fin à une mutinerie « tschombiste » à Kisangani. En décembre, l'UMHK est nationalisée. En avril-mai 1967 est créé le Mouvement populaire de la révolution (MPR), dont Mobutu est le président-fondateur et qui est doté d'une charte, le Manifeste de la N'Sélé, du nom du domaine du chef de l'État. En juin est adoptée par référendum une Constitution instaurant un régime présidentiel et le bipartisme, et réduisant le nombre des provinces à 8, tandis qu'est créée une nouvelle monnaie, le zaïre. Condamné à mort par contumace en mars, Tschombé est victime à Majorque d'un mystérieux enlèvement, avant d'être emprisonné à Alger, où il mourra en 1969. En novembre sont réduites les mutineries de mercenaires et d'ex- « gendarmes katangais » au Kivu et au Katanga. Cette période s'achève le 31 octobre 1970, avec l'élection à la présidence de la République de Mobutu, candidat unique.
La longévité de Mobutu s'explique d'abord par le charisme de l'homme. Il est populaire, parce qu'il a mis fin à la guerre civile et parce qu'il ravive, par la dénonciation incessante de l'impérialisme, les sentiments anticoloniaux de la population. La politique d'« authenticité », qu'il lance à partir de 1971, répond à cette seconde stratégie. Elle prend en premier lieu une forme symbolique, avec l'africanisation des noms de lieux et de personnes. Le Congo devient le Zaïre, et les prénoms chrétiens sont proscrits, malgré la protestation de l'Église catholique, mais à la grande joie des kimbanguistes. Sont interdits aussi le costume occidental et le port de la cravate (remplacés non pas par une tenue traditionnelle, mais par une sorte de veste à col officier). Sur le plan économique, les entreprises sont « zaïrianisées », avec des résultats plus que discutables. Le culte de Mobutu est systématiquement entretenu par les diverses organisations du MPR, qu'une révision constitutionnelle de 1974 définit comme la « nation zaïroise organisée politiquement ».
Un autre aspect caractéristique du régime est le recours à la violence, brutale quand il s'agit de mater les étudiants ou les manifestations de rue, plus insidieuse lorsqu'il faut dissuader d'éventuels contestataires. Mobutu saura mettre en place divers services « d'études » (en fait police politique) et de répression, dont la trop fameuse DSP (Division spéciale présidentielle).
Mais rapidement se développe un système de corruption généralisée qui s'étend aux fonctions officielles. Du simple policier au président, les détenteurs de l'autorité adoptent un comportement de prédateurs. Comme par ailleurs le maréchal-président souhaite éviter par-dessus tout la création de baronnies trop puissantes, la rotation des dirigeants devient un principe de gouvernement. Premiers ministres, ministres, gouverneurs de province, dirigeants d'entreprises nationales se succèdent donc à un rythme accéléré, chacun d'entre eux cherchant à se constituer une réserve personnelle en prévision d'une disgrâce inévitable et prochaine.
Les excès du régime ne lui aliènent cependant pas la bonne volonté des puissances occidentales (États-Unis, Belgique, France), même si les relations avec l'ancienne puissance coloniale demeurent quelque peu chaotiques. Malgré des remontrances discrètes, les signes de soutien sont, eux, très clairs. À deux reprises, en 1977 et 1978 (notamment à Kolwezi), les militaires français et belges permettront de repousser une invasion armée au Shaba (Katanga). L'anticommunisme de Mobutu, en ces temps de guerre froide, fait de lui un allié trop précieux pour que l'on se permette de rompre avec lui. L'Afrique australe est en effet menacée de déstabilisation, et les Cubains sont présents en Angola. Les États-Unis apprécient de pouvoir utiliser le Zaïre comme base arrière dans leur soutien officieux à l'UNITA de Jonas Savimbi.
La chute du communisme, et notamment la fin tragique du dictateur roumain Ceauşescu, prennent de court Mobutu. Le maréchal-président n'est plus aussi indispensable aux Occidentaux, qui prennent progressivement leurs distances. Sur le plan intérieur, la contestation se développe alors que les ressources de l'État s'effondrent. Mobutu, sans doute déjà affaibli par la maladie, paraît désemparé, tentant parfois de récupérer le mouvement à son profit, ou plus souvent réagissant avec raideur et autoritarisme. Mais les moyens de sa politique lui manquent de plus en plus, et l'armée, dont les maigres soldes ne sont payées qu'avec de longs retards, se livre régulièrement à des pillages en règle. L'histoire de cette période est particulièrement complexe. On retiendra l'émergence de contre-pouvoirs avec la conférence nationale réunie à partir d'août 1991, ce qui aboutira pendant un temps à la coexistence de deux Parlements et de deux gouvernements. Au sein de l'opposition, divisée et en proie aux rivalités entre dirigeants, une personnalité, Étienne Tshisekedi, se distingue et recueille la faveur des pays occidentaux. Début 1996, il semble bien placé pour succéder à Mobutu, dont la fin paraît inéluctable.
En réalité, le coup fatal au régime sera porté à partir de l'Est, au Kivu. Cette province, déjà surpeuplée, a vu déferler à partir de juillet 1994 une vague de 1,2 million de Rwandais hutu encadrés et infiltrés par des miliciens Interahamwe (les « génocidaires »), fuyant, par peur des représailles, le nouveau pouvoir tutsi vainqueur à Kigali, le Front patriotique rwandais (FPR). Le génocide rwandais et cette nouvelle pression démographique rendent la cohabitation entre Zaïrois autochtones, Banyarwanda (Zaïrois hutus et tutsis originaires du Rwanda) et Banyamulenge (Zaïrois tutsis d'origine rwandaise installés au Kivu depuis les années 1930) très difficile et accroissent les tensions. Une hostilité anti-tutsi s'installe au Zaïre où le Parlement adopte, en avril 1995, plusieurs résolutions visant à assimiler tous les Zaïrois d'origine rwandaise à des réfugiés et appelant notamment à expulser les Banyamulenge, qui auraient acquis la nationalité zaïroise de façon frauduleuse. Se sentant menacés, les Banyamulenge prennent les armes en octobre 1996 et s'emparent d'Uvira. Leur rébellion, soutenue par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, et rejointe par des opposants de tous bords à Mobutu, s'organise en Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), que dirige un inconnu, Laurent-Désiré Kabila. En quelques jours, l'AFDL s'empare des principales villes du Kivu, l'armée zaïroise se contentant de piller avant de disparaître. La plupart des réfugiés hutus parviennnent de gré ou de force, mais toujours dans des conditions dramatiques, à rejoindre le Rwanda ; 300 000 d'entre eux, pris en tenailles, sont massacrés dans les forêts de l'Est zaïrois par l'AFDL et ses alliés étrangers. Ces faciles succès convainquent L.-D. Kabila, aidé et conseillé par le Rwanda, de poursuivre l'aventure et de marcher sur Kinshasa. Sa conquête de l'immense Zaïre ne va prendre que quelques mois, l'appareil d'État s'effondrant à la simple annonce de l'arrivée de l'AFDL : Kisangani tombe le 15 mars 1997, Mbuji-Mayi le 4 avril, Lubumbashi le 10. Des négociations entre L.-D. Kabila et Mobutu, menées sous les auspices du président sud-africain Nelson Mandela, ne donnent aucun résultat. Mobutu quitte Kinshasa le 16 mai 1997 (il mourra en exil au Maroc en septembre). Le lendemain, alors que les rebelles prennent le contrôle de la capitale, L.-D. Kabila se fait proclamer à la tête de l'État qu'il rebaptise République démocratique du Congo (RDC).
L.-D. Kabila bénéficie initialement d'un réel soutien populaire. Chacun s'attend à ce qu'il s'appuie sur les forces démocratiques issues de la conférence nationale et qu'il fasse de Tshisekedi son Premier ministre. Il n'en est rien : L.-D. Kabila s'octroie par décret constitutionnel la totalité des pouvoirs et interdit toute activité politique (les partis seront à nouveau autorisés en janvier 1999). En avril 1999, l'AFDL est dissoute, alors que les Comités de pouvoir populaire, inspirés du modèle libyen, qui fleurissent dans les ministères, les communes, les universités, les entreprises, etc., ne remplissent pas les fonctions d'un véritable parti politique. La plus grande opacité entoure les actions du nouveau régime, ainsi qu'en témoignent son obstruction à une enquête de l'ONU sur le massacre des réfugiés hutus et les expulsions des organisations non gouvernementales.
Fin 1997, L.-D. Kabila commence à prendre ses distances avec ses alliés rwandais, ougandais et burundais dont les troupes stationnent toujours au Kivu, et les accuse, début 1998, de piller les ressources minières du pays et de porter atteinte à son intégrité territoriale. Le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi justifient leur présence par la nécessité de sécuriser les frontières et d'empêcher les incursions de mouvements rebelles vers leur pays respectif. Ils manifestent surtout la volonté de consolider leur main-mise sur l'exploitation des richesses naturelles de la région et décident, en août 1998, de soutenir les rébellions des Congolais tutsis d'origine rwandaise – le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba. L.-D. Kabila, rapidement menacé, parvient à se maintenir grâce à l'appui de l'Angola, de la Namibie, du Zimbabwe et du Tchad. Le conflit prend alors une dimension régionale avec l'implication de sept pays, d'une trentaine de groupes armés.
Le 10 juillet 1999, un accord de paix instaurant un cessez-le-feu est signé à Lusaka (Zambie) par le gouvernement de Kinshasa et ses alliés angolais, namibiens et zimbabwéens, d'une part, et, par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, d'autre part. Les mouvements rebelles – le MLC de J.-P. Bemba puis le RCD – se rallient peu après à cette initiative. L'accord de Lusaka prévoit le retrait des groupes armés étrangers, l'instauration d'une force des Nations unies chargée de désarmer les rebelles et l'ouverture d'un dialogue national. En dépit du déploiement de la MONUC en février 2000, le cessez-le-feu est systématiquement violé par les différents protagonistes du conflit ; du 5 au 10 juin 2000 notamment, plus de 600 civils sont tués et 3 000 autres blessés lors de combats opposant les forces armées rwandaises et ougandaises à Kisangani.
Le 16 janvier 2001, L.-D. Kabila est assassiné par son propre garde du corps. Les mobiles de cette élimination demeurent obscurs ; l'hypothèse, cependant, d'une orchestration par l'Angola ou par le Zimbabwe, lassés des frasques et du caractère imprévisible de L.-D. Kabila, ne peut être écartée. Son fils, Joseph, vingt-neuf ans, chef d'état-major de l'armée congolaise, resté jusqu'à présent dans l'ombre de son père, est désigné par ses proches pour lui succéder.
Proclamé président de la République par le Parlement provisoire le 24 janvier 2001, Joseph Kabila devient le plus jeune chef d'État au monde. Il promet une pacification rapide du pays et entreprend une tournée diplomatique en Europe et aux États-Unis afin d'obtenir le soutien de la communauté internationale à une relance de l'accord de Lusaka, resté lettre morte. Il s'engage à organiser des élections libres après le retrait des troupes rwandaises et ougandaises. Alors que seule la Namibie a accepté de rapatrier son contingent, le Burundi consent, en janvier 2002, au retrait de ses troupes en échange de la sécurisation du Sud-Kivu par l'armée congolaise. En vertu de l'accord de paix signé le 30 juillet 2002 à Pretoria, Kinshasa s'engage à désarmer avec l'aide de la MONUC les milices Interahamwe repliées sur son territoire ; en contrepartie, le Rwanda accepte le retrait de ses troupes (les derniers soldats rwandais quitteront Goma le 5 octobre). Le 6 septembre 2002, l'Ouganda conclut avec la RDC un accord similaire prévoyant le retrait total de ses troupes du nord-est de la RDC et la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays.
Le dialogue intercongolais – volet politique du processus de paix initié par l'accord de Lusaka de 1999 – débute en octobre 2001 en Afrique du Sud. Il rassemble des représentants du pouvoir, de l'opposition, des rebelles et de la société civile Après de difficiles pourparlers menés sous la médiation de l'ONU et du président sud-africain Thabo Mbeki, un accord intervient le 17 décembre 2002. Il prévoit, avant l'organisation d'élections générales, un partage du pouvoir pendant une période transitoire de deux ans entre l'actuel chef de l'État et quatre vice-présidents émanant de l'opposition non armée, de la société civile et des deux principaux mouvements rebelles (RCD et MLC). Après la signature le 2 avril 2003 à Sun City d'un accord global par l'ensemble des factions belligérantes, J. Kabila promulgue une nouvelle Constitution et nomme, conformément à l'accord du 17 décembre 2002, un gouvernement d'union nationale de transition le 30 juin 2003.
Le référendum constitutionnel du 18 décembre 2005 (approuvé par 83 % des votants) amorce le retour à la normale en ouvrant un cycle d'élections législatives, sénatoriales, locales et présidentielle devant s'achever en 2006. À l'issue du deuxième tour de l'élection présidentielle, le 29 octobre 2006, J. Kabila est élu avec 58 % des suffrages exprimés, contre 41,9 % pour J.-P. Bemba, qui devient l'un des quatre vice-présidents. La coalition présidentielle, Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) et ses alliés, dont le parti lumumbiste unifié (Palu) d'Antoine Gizenga, bénéficient de la majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat. Gizenga est nommé Premier ministre. À la suite de violents affrontements opposant au printemps 2007 l'armée à ses partisans, J.-P. Bemba se réfugie au Portugal (il sera arrêté en mai 2008 en Belgique, à la suite d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale [CPI], pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par ses troupes du MLC lors d'incursions en République centrafricaine de 2002 à 2003). En octobre 2008, Adolphe Muzito, numéro 2 du Palu, est nommé Premier ministre, en remplacement de A. Gizenga démissionnaire. Depuis juin 2009, la coalition présidentielle gouverne dans les 11 provinces.
En dépit de la présence de la MONUC, le processus de paix demeure toujours menacé. De graves tensions persistent en Ituri au Kivu, entretenues par les incessants trafics d'armes, les luttes d'influence entre le Rwanda et l'Ouganda, qui entendent poursuivre l'exploitation des richesses naturelles de la RDC.
En Ituri, où les conflits entre Hemas et Lendus ont fait plus de 50 000 morts depuis 1999, les affrontements se sont intensifiés en dépit du départ des troupes rwandaises et ougandaises et des timides interventions de la MONUC. Après le massacre d'un millier de civils au nord de Bunia au début de l'année 2003, l'Union européenne lance l'opération Artémis en juin. Dès octobre 2004, 4 800 Casques bleus sont déployés en Ituri. L'intensification des violences en Ituri (mort de 9 Casques bleus bangladais dans une embuscade en février 2005) pousse, en avril 2005, le Conseil de sécurité à prolonger de six mois la mission de la MONUC – dès lors la plus importante mission de maintien de la paix des Nations unies dans le monde.
Au Nord-Kivu, l'armée congolaise appuyée par la MONUC parvient à prendre en décembre 2005 le contrôle de la quasi-totalité des camps de rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) et de l'Armée nationale de libération de Ouganda (NALU). Elle est également confrontée au Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, fondé en 2006 par Laurent Nkunda, un général rebelle tutsi soutenu par le Rwanda qui affirme vouloir protéger les Banyamulenge contre les anciens génocidaires hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda [FDLR]). En 2007, ces combats provoquent une crise sécuritaire majeure (attaque systématique des civils, campagnes de viols et de recrutements d'enfants-soldats). En août 2008, Nkunda lance une offensive qui contraint l'armée congolaise à abandonner la capitale régionale, Goma. Le Rwanda et la RDC optent finalement pour un renversement d'alliances et décident dans un accord secret (décembre 2008) d'engager ensemble une opération contre les FDLR. Victime de ce retournement d'alliance, Nkunda se réfugie au Rwanda, où il est finalement arrêté (janvier 2009). Le président de l'Assemblée nationale doit démissionner pour avoir critiqué l'entrée des troupes rwandaises dans le pays.
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