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le Voyage de M. Perrichon

Pièce comique d'Eugène Labiche (1860).

Le Voyage de M. Perrichon, pièce créée en 1860 à Paris, est l'une des plus brillantes des quelque 173 comédies et vaudevilles d'Eugène Labiche, dont le succès ne s'est pas démenti jusqu'à nos jours. Le dramaturge, qui régna sans partage sur le théâtre comique du milieu du xixe s., s'était choisi pour sujet d'étude et de prédilection le personnage du bourgeois « Second Empire », suffisant, fat et faussement cultivé. Le thème du voyage est également fréquent dans son œuvre ; Labiche jouait ainsi du décalage comique obtenu en extirpant le bourgeois de sa condition, de son milieu ou de son environnement quotidien, situation où l'assurance du nanti se mue en impuissance ridicule.

M. Perrichon, dont le langage stéréotypé et la suffisance rappellent le Monsieur Jourdain du Bourgeois gentilhomme, décide d'un voyage « d'agrément » dans les montagnes suisses, en compagnie de sa femme et de sa fille Henriette. Les deux galants d'Henriette s'embarquent aussi pour l'aventure, comptant séduire fille et père. Au terme de multiples rebondissements et quiproquos, le père préférera l'obséquieux – mais honnête – Armand à Daniel l'hypocrite. Si Labiche dénonce certains travers de la bourgeoisie – la bêtise et la prétention des parvenus, l'hypocrisie de la bienséance et des manières –, il se plie tout de même au conformisme d'une société qui constitue d'ailleurs la majorité de son public. La mécanique implacable des dialogues, le rythme endiablé des renversements d'humeur et de situation font cependant du Voyage de M. Perrichon l'un des chefs-d'œuvre du théâtre comique bourgeois du xixe s.