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Un coin de table

Henri Fantin-Latour, Un coin de table
Henri Fantin-Latour, Un coin de table

Tableau d'Henri Fantin-Latour (1872). Huile sur toile, 161 x 223 cm. Musée d'Orsay, Paris.

Contrairement à d'autres portraits de groupe réalisés précédemment par Fantin-Latour, ce tableau connut d'emblée le succès grâce à la notoriété des personnages qu'il présentait. Assis, de gauche à droite, se trouvent Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Léon Valade, Ernest d'Hervilly et Camille Pelletan ; dans le même ordre, debout, figurent Pierre Elzéar, Émile Blémont et Jean Aicard. Cette réunion de gens de lettres (seul Camille Pelletan, homme politique, n'en est pas un ; cela explique peut-être qu'il soit le seul à ne pas être vêtu de noir) alors célèbres devait faire pendant, dans l'esprit de l'artiste, à certaines œuvres antérieures où il avait réuni ses amis peintres (Hommage à Delacroix, 1864 ; Un atelier aux Batignolles, 1870). Après avoir songé à en faire un hommage à Charles Baudelaire, décédé en 1867, qui aurait été présent grâce à un portrait accroché au mur derrière les convives, comme Eugène Delacroix dans l'œuvre qui lui rend hommage, Fantin-Latour décide de se limiter à la représentation de poètes vivants. Il s'agit principalement de ceux appartenant au mouvement du Parnasse et de certains de ceux qui participaient aux dîners des Vilains Bonshommes, (Jules Barbey d'Aurevilly nommait ainsi certaines soirées où se retrouvaient régulièrement des écrivains indépendants et d'anciens opposants au Second Empire).

La présence de Rimbaud, qui n'a alors que dix-huit ans et qui commence à bousculer les milieux littéraires, permet de préciser que l'idée ou les premières esquisses de ce tableau durent être réalisées entre septembre et décembre 1871. Achevée, cette œuvre apparaît comme l'une des plus complexes peintes par Fantin-Latour ; elle est la seule à donner tant d'importance à la fois aux portraits et à la nature morte, dans une composition asymétrique qui dérouta les commentateurs du Salon de 1872. Par sa technique cependant, elle reste exemplaire des productions de l'artiste : une lumière blafarde sert à unifier la gamme dominante de gris et de bruns posés sous forme de petites touches jointives.