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la Société du spectacle

Essai de Guy Debord (1967).

La Société du spectacle est au cœur de la pensée politique de Guy Debord et de l'Internationale situationniste. Composé de 221 aphorismes, l'ouvrage se donne pour but de démonter les mécanismes qui, dans la société capitaliste, renversent les perspectives, ce qui a pour conséquence de séparer le vécu de la vie : « Le spectacle en général, comme inversion concrète de la vie, est le mouvement autonome du non-vivant. » Or, pour Debord, « toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles », d'où la nécessité d'en mener une critique radicale.

Par « spectacle », il ne faut pas entendre « un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images ». Ainsi, l'ensemble de l'ouvrage est une critique de l'économie, de la politique, du vécu. Car non seulement « le spectacle est la principale production de la société actuelle », mais il « ne veut en venir à rien d'autre qu'à lui-même ». La dialectique de Debord, cependant, n'exclut pas un langage parfois allégorique : « Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil. »

Bien que se voulant une continuation et un dépassement du Capital de Marx –  « Le spectacle est le capital à un tel degré d'accumulation qu'il devient image » –, la Société du spectacle connut cependant sa plus grande postérité au sein même des milieux que Debord critiquait, alors que le mouvement révolutionnaire se montrait incapable d'en tirer profit. Ainsi, les publicitaires s'appuyèrent sur certaines des analyses du livre pour affiner davantage les principes sur lesquels se fonde leur efficacité, alors que Debord dénonçait la publicité comme une puissante source d'aliénation. Debord mit en évidence ces deux types de dérives – récupération et incompréhension – dans divers ouvrages qu'il publia par la suite, notamment dans ses Commentaires sur la Société du spectacle.

La Société du spectacle fut publiée en de nombreuses langues et connut un succès certain, notamment en Italie.